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Marc
est le rédacteur du fanzine Loose Nut, qui vient de sortir
son nouveau numéro (#5), dont voici un extrait en exclusivité.
Il
y a encore quelques mois, je priais tous les saints pour que quelque
chose de neuf arrive dans la musique, l'arrivée d'une espèce de
vague "techno-punk" semblait être en mesure de répondre à cette
attente. Il faut avouer que cette attente est loin d'avoir été comblée.
En dehors d'ATARI TEENAGE RIOT
sur lesquels je n'arrive pas trop à me prononcer, c'est
un peu la déception, la palme revenant à EC8OR
et à leur désastreux concert du jour de l'an au PEZNER. C'était
pathétique, pire encore avec le recul. Vide, sans substance, une
espèce de pantomime sans relief. En fin de compte, je m'en fous,
Tim Warren a sorti une série absolument fabuleuse de compilations
60's punk et je m'en gave complètement. Tous les volumes que je
me suis procurés ne sont pas tout à fait aussi parfaits les uns
que les autres mais il y a vraiment des perles. Incroyable de sortir
des compilations de ce niveau après toutes ces années de rééditions
forcenées. Et le son... LE SON. Il vaudrait un paragraphe entier.
Il y a des types qui semblent avoir fait la synthèse de toutes ces
choses qui me hantent, me retournent le cerveau sans répit. Je vous
ai déjà parlé d'eux dans le dernier numéro, il s'agit des LORD
HIGH FIXERS .
Ils promettent la révolution, les âmes mises à nu, les cœurs ouverts...
A coup de Fuzz, sortis de Quadrophenia, des BIG BOYS
et de POISON 13. Une espèce de rencontre entre un Biafra
sous acide, John Sinclair des MC5 et Sean Bonniwell. Ca cisaille
Chuck Berry pire que les GERMS et ça vous calme ensuite à
coup de poésie et d'orgue Hammond. C'est énorme, sale, putain de
classe. Des Mods pour ainsi dire. Des MODS ! "When the revolution
comes"... C'est le titre d'un des albums que je me suis procurés
d'eux cette année. Toujours leur mélange Mod-Blues-Garage-Punk mitraillé
à la fuzz. Le disque en question est sorti chez Au-go-go mais il
ne m'a pas été possible de savoir quand. Il est excellent, comme
tout ce qu'ils ont sorti jusqu'à présent. Très touffu au premier
abord, ce qui peut éventuellement effrayer le nouveau venu (Tous
les morceaux commencent et terminent par un larsen de fuzz !) il
se révèle ensuite riche et varié. On y retrouve même deux morceaux
d'anthologie remaniés à leur sauce, à savoir "Born loser" de MURPHY
and The MOB et ce que je crois être "Fuck you" de D.O.A.
qui m'a d'ailleurs donné envie de me replonger dans leurs gigantesques
deux premiers albums ("Hardcore 81" et "Something better
change"). Un autre tout nouveau Lp de L.H.F est sorti
chez Estrus : "Is your club a secret weapon ?" Je ne vais
pas vous sortir à nouveau la tirade... Lire au-dessus. Ce disque
est vraiment fort. Mon préféré à ce jour avec références à Quadrophenia/Kerouac/Black
Panthers/Dylan-avant-qu'il-se-transforme-en-citoyen-du-vatican...
Il y a même le bruit d'un moteur de Vespa en intro d'un titre et
une reprise des BIRDS anglais (un de mes groupes fétiches)
et des SEEDS... THEY RULE.
Si
vous êtes un lecteur assidu (existe t-il un tel spécimen ?) vous
n'avez pas pu ne pas remarquer que LOOSE NUT a pris
ces derniers temps un petit virage 60's punk... Virage pour le fanzine,
pas vraiment pour moi. J'ai découvert ces trucs en 84, en achetant
par erreur une compilation "Back from the Grave" en pensant
qu'il s'agissait "d'un truc dans le genre des CRAMPS" à cause des
morts-vivants façon Comic-books sur la pochette. Je ne m'en suis
jamais débarrassé ensuite, pas moyen. Ce truc 60's punk-garage est
à mes yeux une des formes de musique les plus pures qui soient.
Des types dont certains n'avaient pas plus de 15 ou 16 ans, qui
n'avaient pour exemple qu'une petite dizaine d'années de Rockabilly
et de musique Surf et qui ont produit un des trucs parmi les plus
dégénérés qui soient. Il faut se rendre compte de ce que signifiait
avoir les cheveux longs en 1965 (Pire encore dans les états du sud,
au Texas, au Nouveau-Mexique avec les pires beaufs qui puissent
exister dans des endroits où il est encore conseillé de coller un
autocollant "Harley-Davidson" sur son van quand on est un groupe
punk en tournée).
En
farfouillant, j'ai retrouvé quelques trucs qui donnent une idée
de l'ambiance de l'époque. Punk in 1966... Une anecdote racontée
par Sean Bonniwell de MUSIC MACHINE ...
" On avait super faim après un concert en Alabama alors on est
entrés dans un restaurant 24/24. On portait encore nos tenues de
scène (tous en noir) et on s'est assis entre cinq gros Rednecks
et quatre shérifs. Les cinq costaux se sont mis à faire des commentaires
sur nos coupes de cheveux et notre sexe et ça n'a fait qu'empirer.
Mark (le guitariste) qui refusait de se laisser intimider commençait
à "fumer". Les Rednecks essayaient de nous pousser à nous battre
pour que les flics puissent nous embarquer. Finalement, après que
nous ayons terminé nos sandwiches, les flics nous ont escortés dehors,
revolver au poing et nous ont dit qu'on ferait mieux de foutre le
camp de la ville. Mark est allé droit sur l'un d'entre eux, a mis
la main sur le canon de son revolver, l'a regardé droit dans les
yeux, et lui a dit "Ou vous vous en servez, ou vous le rangez ..."
On s'identifiait totalement à ce look en noir. Après cet incident,
nous étions "coagulés" les uns aux autres. On a vraiment commencé
à jouer comme un seul après ça. "
Punk
in 1966 ... Une anecdote racontée par Randy Weber des SHERWOODS
...
"On était allés a Los Angeles en 68 pour jouer au Lenny Bruce
memorial Rockfest et on était sur le retour quand on s'est arrêté
tard la nuit à Junction pour faire le plein dans une station service.
De l'autre côté de la rue, il y avait un "Dairy queen" devant lequel
traînaient une cinquantaine de cowboys, assis à l'arrière de leurs
pick-ups. Nous avions deux véhicules, un van et un break. Nous en
avions quasiment terminé avec l'essence quand on a vu que les cowboys
venaient vers nous d'un pas plutôt pressé. On a démarré les voitures
et le dernier d'entre nous n'a eu que le temps de sauter dans le
break par la fenêtre. On est parti comme des fous avec les voitures
des cowboys à nos trousses. Dans la montée à la sortie de Junction,
les cowboys nous ont rattrapés et Dave Francklin qui conduisait
la voiture a cru que l'un d'entre eux avait un flingue alors il
leur a fait faire une sortie de route et ils sont allés percuter
un muret en béton. On a compris que les types allaient vraiment
devenir fous alors on a accéléré à fond et à une intersection le
van est parti dans une direction et la voiture dans l'autre. Les
types ont divisé leurs forces, environ une douzaine de voitures,
et ont continué à nous pourchasser. Il faisait noir alors David
a éteint les phares du van. Les types se sont dit que si on était
assez tarés pour rouler sans phares en pleine nuit, il valait mieux
laisser tomber. Après qu'on se soit rendu compte qu'ils avaient
arrêté de nous pourchasser, on a rallumé les phares et on a réalisé
qu'on avait roulé à plus de 170 km/h dans le noir complet ! L'autre
équipe dans le break s'est débarrassé de ses poursuivants en leur
jetant dessus le contenu d'une boite à outils ! Dix ans plus tard,
on a su pourquoi ces gars s'étaient lancés à notre poursuite : Mike
Claxton a avoué qu'il leur avait fait "un doigt"... Si on l'avait
su à l'époque, on l'aurait laissé avec eux !"
Une
époque où les hard-hats, les ouvriers, servaient de casseurs de
manifestations pour les conservateurs... Lisez les paroles de "Primitive"
des GROUPIES ... "What you want, I'll never be, What I want,
You'll never see" ... de "Good times" des NOBODY'S CHILDREN,
de "Pushing too hard" des SEEDS ,
de "Point of no return" de MUSIC MACHINE, de "Riot
on sunset strip" des STANDELLS... Il n'y avait pas de
précédent à l'époque, rien à copier ... Si vous croyez que ce sont
les BEATLES ou même les ROLLING STONES qui ont pu inspirer tous
ces groupes, essayez de trouver un seul de leurs morceaux qui sonne
comme "Fall of the queen" des DESTINY'S CHILDREN,
comme ceux des SONICS en 1966... Rien ne laissait présager
un tel truc. Il y a un coté naïf chez certains de ces groupes qui
est absolument fantastique. Pas de production énorme, pas de promo
incroyable, d'attitudes calculées de pseudo-révolutionnaires à la
ramasse. Juste de l'enthousiasme à revendre et une sérieuse envie
de taper dans le tas. Franchement, qu'est-ce qui a pu par exemple
donner l'idée à des types de San Antonio au Texas d'appeler leur
groupe les STOICS pour sortir un 45t qui s'appelle "Hate"
? Depuis, la source ne s'est jamais tarie ... De DMZ ou des
CRAMPS en 1977 aux MORLOCHS en 1985 en passant par
les MUMMIES au début des années 90 et aux HENTCHMEN
aujourd'hui, un flot continuel de groupes a continué d'apporter
sa pierre à l'édifice.
Je
ne sais pas exactement ce qu'écoutent les gens qui achètent ce fanzine
mais je me doute un peu qu'un certain nombre d'entre vous n'ont
jamais écouté de groupes de ce genre. L'accès n'est peut-être pas
facile pour quelqu'un qui est habitué à écouter des trucs à la HELMET
avec quinze couches de guitares enregistrées les unes par-dessus
les autres. Les groupes de cette époque n'avaient que très rarement
accès à de vrais studios. La majeure partie a enregistré avec des
moyens inférieurs à ceux qu'utilise aujourd'hui n'importe quel groupe
de série Z pour sortir sa première démo. Les batteries n'étaient
pas reprises... Ca donne une idée. Pas forcément évident non plus
de saisir l'esprit dans lequel jouaient les SQUIRES quand
on est habitué aux hurlements de BORN AGAINST ou de MAN
IS THE BASTARD. Il y a une démarche à faire.... Et vous risquez
de vous y perdre à jamais si vous l'entreprenez... J'ai bien envie
un de ces jours de faire une espèce de "Best of" des compilations
60's punk pour vous aider à faire le saut.
Pourquoi
ne pas tenter l'expérience avec les SONICS sur lesquels je
coince furieusement depuis quelques semaines ? A fond. Tous les
jours. C'est énorme de classe, de furie... Et les albums viennent
tous d'être réédités par Beatrocket/Sundazed et Norton. Tous disponibles
avec des pochettes incroyables, des photos, bios détaillées... Imparables.
Rien que pour lire leur histoire sur les deux disques sortis chez
Norton, cela vaut le coup. Bourré d'anecdotes, de témoignages des
membres, parfait. Et les morceaux ! "He's waiting", "The Hustler",
"Maintaining my cool", "Shot down" aux côtés des célèbres
"Cinderella", "Strychnine", "The witch" ...Vous
DEVEZ vous procurer ces disques.
Un
autre truc à ne pas rater, THE HENTCHMEN, un trio américain
qui a déjà sorti plusieurs disques mais dont je ne connais que le
dernier en date "Motorvatin'". Ils ont la particularité de
ne pas avoir de bassiste... Juste un batteur, un organiste et un
guitariste pour des morceaux simples, puissants, entraînants avec
quelques progressions d'accords et changements de rythmes à en pleurer.
Ils sont passés à Lyon et j'ai fait la connerie de les rater. Je
m'en mords les doigts depuis. Ca devait être excellent.
Puisqu'on
est chez Norton avec les SONICS et les HENTCHMEN,
on va y rester pour parler des rééditions des PRETTY THINGS en
45t qui sont sorties cette année. Je ne sais pas s'il s'agit vraiment
de titres qui étaient sortis en 45t à l'époque ou si ce sont des
titres qui ont été sélectionnés pour être ressortis sous cette forme,
il n'en reste pas moins que les disques sont Terribles... Les pochettes
tuent vraiment. Je n'ai pas retenu tous les morceaux qui ont été
choisis, ayant tous les disques des PRETTIES, je n'ai acheté qu'un
seul de ces 45t, celui avec "Midnight to six man" et "LSD"
et deux autres titres. Ces 45t sont un très bon moyen pour ceux
qui ne connaissent pas le groupe de le découvrir à moindres frais.
Les PRETTY THINGS étaient l'un des groupes les plus sauvages de
l'époque, il n'y qu'à voir la photo au dos du disque pour s'en rendre
compte. Reste que la musique qu'ils faisaient
est si différente de ce qu'on entend par punk aujourd'hui qu'elle
peut être déroutante pour un auditeur qui les découvre en 1999 ou
en 2000. Pensez premiers disques des ROLLING STONES, 1964, pas "Paint
it black" ou "Jumping jack flash", et imaginez une version
jusqu'auboutiste, exagérée, crue, rapeuse... Vous n'aurez encore
qu'une vague idée de leur Musique...
Pour
rester dans les rééditions, Sundazed a sorti un 45t de SIR WINSTON
and THE COMMONS. Cette seule annonce devrait vous faire rôtir
sur votre fauteuil si vous avez ne serait-ce qu'une once de bon
goût. Quatre titres enregistrés entre 1966 et 1967, y compris l'inévitable,
l'inoubliable "We're gonna love" et sortis à l'époque sur
deux disques distincts. Si aucun des trois nouveaux morceaux déterrés
n'arrivent au niveau de "We're gonna love", il y a quand
même de quoi faire un super 45t. Super emballage aussi avec notes
de pochettes de l'illustrissime Jud Coste.
Parmi
la marée de groupes surf qui a déferlé ces dernières années, il
y en a un qui a retenu d'avantage mon attention, c'est THE SURF
TRIO. Ils viennent de sortir un album chez Blood Red Vinyl qui
s'appelle "Fordidden sounds" et qui n'est pas mal du tout.
Comme leur nom ne l'indique pas, ils sont quatre avec occasionnellement
un organiste (Bon point, j'ai plus qu'un faible pour le son des
orgues électriques) qui apporte beaucoup à l'alchimie du groupe.
Ils font une espèce de medley de morceaux vraiment surfs, d'instrumentaux
fuzz-punks et de ritournelles parfaites à la early-60's qu'on aurait
imaginées en génériques de feuilletons télévisés. Le tout pourrait
paraître un peu indigeste mais ce n'est pas du tout le cas. Tout
est vraiment bien foutu. L'ensemble reste très homogène. Du quatre
étoiles.
Un
truc sur lequel je suis plus réservé, c'est THE CROWN ROYALS,
des instrumentaux Rhythm'n'blues joués par un groupe de Rock'n'roll.
Ils sont très bons musiciens mais le disque manque un peu de consistance.
Peut-être à écouter en buvant un coup entre amis mais ça reste faible.
Chez Estrus.
Pour
remonter le niveau, et pas qu'à moitié : "Where the action is"
des CHESTERFIELD KINGS. Ils ont tout simplement refait le
coup de leur premier album sorti en 80 ou 81 (!). 17 titres dont
treize reprises, rien que des classiques, joués à la perfection
par des orfèvres. On peut se questionner sur l'intérêt de la chose...
Les CHESTERFIELD KINGS
sont tellement bons qu'ils balayent toutes réticences... Leurs quatre
originaux dont un écrit et joué avec Mark Lindsay de PAUL REVERE
and The RAIDERS sont à la hauteur. Des classiques aussi ! (Soit
dit en passant, Mark Lindsay est plus ou moins aux prises avec la
justice qui lui interdit d'associer le nom de PAUL REVERE and The
RAIDERS au sien... Un peu incroyable quand même). Il ne leur manque
qu'un coiffeur pour ressembler à quelque chose ... Ils portent les
stigmates de leur fixation (passée ?) sur la période 70's des STONES
sous la forme d'espèces de coupes à la Rod Stewart. Hum, hum ...
Mais
trêve de considérations capillaires, petite déception avec le dernier
(à ma connaissance) mini album des ORIGINAL SINS. J'avais
un peu lâché ce groupe et ce disque ne m'a pas trop donné envie
de me replonger dans leurs œuvres. De plus en plus Rock, limite
classique, et de moins en moins Punk avec même une tendance à virer
Hard-rock quand ils durcissent le ton ... Avouez que le tableau
est plutôt sombre ! J'ai beau essayer de le réécouter, ça ne prend
pas. Il manque quelque chose, tout simplement.
Petite
déception aussi pour le premier 45t des DEMONICS que j'ai
réussi à me procurer. Nettement moins vitaminé que le Scat-Pack
Dodge 1967 auquel certains des membres font référence. Il y a l'emballage
mais pas le moteur. Du rock'n'roll sans histoire donc sans intérêt.
Sorti
l'année dernière chez Estrus, l'album de THUNDERCRACK "Own
shit home" me laisse partagé ... D'un côté des morceaux qui
peuvent être excellents, je suis même marteau de celui paru sur
un 45t Larsen "Juicy fruit", et de l'autre un son ignoble.
Pas sale, pas cheap à la punk-garage, non ... pourri. Je ne sais
pas si vous voyez la nuance. Le truc qui vous casse la tête au point
qu'il est difficile de terminer une face entière. Dommage, d'autant
que ce groupe a l'air vraiment cool ... Il faut dire qu'ils ont
enregistré au Caveau des Doms à Nancy et qu'il ne doit pas être
évident de faire mieux dans cet endroit. Les familiers de 60's punk
ne seront pas surpris de voir apparaître dans ces lignes le nom
de "Ugly things" ... Pour les autres, il va falloir faire
un petit encart de présentation ... "Ugly things", c'est Mike Stax.
Mike Stax, c'est un anglais émigré à San Diego depuis le début des
années 80 pour jouer de la basse avec les CRAWDADDYS ...
Vous voyez le numéro. Il change de continent pour jouer du Rhythm'
blues punk à la PRETTY THINGS parce que les CRAWDADDYS sont
les seuls à cette époque à jouer un truc de ce genre ... Ensuite,
les CRAWDADDYS s'empatent un peu alors que Mike Stax veut faire
plus Punk ... Il se barre et forme les TELL-TALE HEARTS ...
Qui sont à mon avis (et c'est un avis partagé) le meilleur groupe
garage-punk de son époque ( mid 80's). Je crois que c'est à peu
près au même moment qu'il a commencé à sortir "Ugly Things"
qui est devenu depuis une espèce de monument à tout ce que la musique
a pu compter de punks depuis les années 50 jusqu'au début des années
80. Ce truc est réellement infernal ! L'accent est mis sur les groupes
des années 60 mais tout le monde doit pouvoir y trouver son bonheur.
C'est une bible. Le dernier numéro en date ne déroge pas à la règle.
Vous y trouverez les MISSING LINKS (australiens, mid 60's),
PRETTY THINGS, REAL KIDS, un top 100 des 45t punks (avec BLACK FLAG
et les BAD BRAINS parmi les cinq premiers), des choses plus obscures,
des tonnes de chroniques de disques par des gens qui savent de quoi
ils parlent, réellement des heures de lecture pour tout punk qui
se respecte.
Pour
en terminer avec le cas de Mike, sachez qu'après la séparation des
TELL-TALE HEARTS il a formé THE HOODS dont je n'ai pas trop
suivi les aventures et qui se sont séparés il y a quelques années
et qu'il vient de sortir un album avec les LOONS (avec le
premier guitariste des TELL-TALE HEARTS et le batteur des HOODS)...
Laurent Johns de Sugar vient de m'offrir le disque et je le découvre
encore ... Le point à souligner étant que Mike Stax est passé de
la basse au chant et ceci avec brio parce qu'il chante vraiment
bien, a un timbre reconnaissable entre mille et devinez quoi ...
passionné. Punk. Ca gratte, ça fouille, ça remue des choses qu'on
croyait devenues tranquilles et qui rejaillissent soudain à la surface.
Qu'est-ce que vous voulez de plus ?
Je
crois qu'il est temps de faire une petite mise au point parce que
arrivé à ce stade, un malentendu pourrait se faire jour. Quel peut
bien être l'intérêt de jouer, d'écouter en 1999, en 2000 du rock'n'roll
comme on en faisant en 1966 ? Parce qu'il n'est pas pavé de bonnes
intentions, parce qu'il n'est pas sataniste débile, parce qu'il
n'a pas besoin d'alibi, pas d'autre raison d'être que d'être païen,
d'être un truc à feu et à sang, de viande, de tripes. Juste de tripes,
d'envie de se consumer, d'hurler. A leur barbe, à leur face. Pas
de monde à changer, les enculés sont trop nombreux ... Parce qu'il
titille votre imagination, vous projette un film en quadri et vous
retourne le cerveau en même temps. Jeff Bale en parle à merveille
dans l'un des dernier numéro de HIT LIST (n°4). Un poème.
Pour
vous en convaincre, il vous suffirait de vous procurer les rééditions
des ROADRUNNERS et des KING VERSES que vient de sortir
"Beatrocket", un petit allié de SUNDAZED. Ces deux disques
sont excellent, 60's punk/pop avec son super accrocheur. Incroyable
que des trucs de cette qualité soient restés inconnus depuis si
longtemps. Écoutez ces disques et imaginez vous que ces types n'avaient
que 15 ou 16 ans à l'époque, c'est tout bonnement incroyable. S'appeler
les ROADRUNNERS en 1965, passe encore, ils devaient déjà
être une flopée mais bon ... En 1999/2000 en Suède, je ne sais pas
trop. C'est pourtant le nom qu'ont choisi cinq jeunes garçons pour
intituler leur groupe. Un peu juste quand même. Si on me donnait
à choisir mon nom, je ne prendrais pas Martin ou Durand, je choisirais
quelque chose d'un peu plus ... Disons ... Un peu moins ... couru.
Mais bon. Avec un nom pareil, on sait au moins où on va. Je n'ai
qu'un seul 45t d'eux, sorti chez Screaming apple, pas trop mal,
sans plus. Rn'B un peu excité. De base. Mais bon travail au niveau
des costumes ... Incroyable comme les suédois ont le sens de la
défroque. Ils sont toujours les plus Street-wear, les plus ska,
les plus Youth crew ... Les plus tout. Ils savent s'habiller les
bougres !
Tiens,
puisqu'on parle de suédois, je suis allé voir les NOMADS
au Pezner ... Mis à part une reprise des LYRES, pas grand
chose à sauver ... La dép. Ils ont même fait une version de "Cinderella"
des SONICS qui méritait le poteau d'execution. Comment transformer
un morceau parfait en bouillie hard-rock informe. Le début du concert
m'avait pourtant paru de bonne augure. Ca n'a pas duré longtemps.
L'ensemble s'est rapidement transformé en une espèce de pâtée indigeste
à base de riffs quasi 70's et de solos de guitares interminables
... Chiant. Décevant. A oublier ...
Dans
une autre veine, un label français, "Hell fire club" basé dans une
des villes maudites reprises par le Troisième Reich (Orange pour
ne pas la nommer), a sorti sous forme d'un double Ep l'album des
EARLY HOURS, un groupe australien que Hit List avait présenté
comme étant dans la veine des PLIMSOULS et de
JAM. A l'usage, il s'avère qu'on est loin des JAM, (en fait
je ne vois même pas le lien), on est bien plus proches des BARRACUDAS
période "Mean times", des groupes australiens du milieu des
années 80 et des groupes punks américains des années 60, l'un des
titres m'a rappelé les COUNT V. Le mix pourrait paraître
un peu curieux, en fin de compte ça fonctionne vraiment pas mal
du tout. J'avoue même que je me suis plutôt régalé en écoutant ce
disque. Ca tient probablement au fait que derrière toutes ces références
il y a surtout un groupe qui sait vraiment écrire des chansons qui
vous accrochent et restent dans votre tête.
Dans
une catégorie voisine, j'ai eu l'occasion de me mettre sous la dent
l'album des DUKES OF HAMBURG qui jouent la carte Beat/R'n'b
à fond. Malgré tous leurs efforts, ils n'arriveront pas à se faire
passer pour des anglais émigrés à Hambourg, ni même pour des allemands
imitant des anglais émigrés à Hambourg, ils viennent bien de Californie
et semblent avoir dans leurs rangs un gars des MUMMIES (je n'en
suis pas certain). Aucun doute ne subsiste quant à leur origine
quand ils reprennent un morceau popularisé par le CHOCOLATE WATCHBAND
... A la première écoute, j'ai trouvé que le groupe frisait la caricature
du genre. Au fil des écoutes j'ai découvert qu'ils étaient plus
fins que ça et que la critique ne pouvait s'appliquer qu'à un ou
deux morceaux tout au plus. Les autres titres sont vraiment bien
foutus, ils sont authentiques, pas simplement dans le sens où ils
auraient pu être enregistrés en 65, mais plutôt parce qu'ils sonnent
vrai, parce qu'ils sont le fruit d'une passion, d'une âme, d'une
collection d'âmes ... Et ça c'est intemporel.
Un
truc rigolo qui est sorti ces derniers temps, c'est "THIS IS
MOD, 20 Mod classics" et ici il ne s'agit point de SMALL FACES,
ACTION, CREATION, ni même de SECRET AFFAIR, MERTON PARKAS, SQUIRE
mais d'une flopée de groupes Mods de 1979-80 plus ou moins obscurs.
Pas grand chose à voir musicalement avec leurs aînés, plutôt une
espèce de mix Power-pop/Punk-rock assez réussi dans certains cas.
Le disque est super beau mais pas grand chose à se mettre sous la
dent pour celui qui ignore tout de la chose Mod et encore moins
pour celui qui ignore tout des groupes. Dommage. Reste des bons
morceaux. Oh putain !! En voilà un que j'aurai attendu longtemps
...
Le
split Lp EVIL/MONTELLS. Sorti cette année, (je veux
dire en 99, merde je suis trop à la rue), par Corduroy, (un label
australien qui est aussi responsable de la sortie d'un live des
TELL TALE HEARTS que je n'ai jamais entendu). Pour patienter, je
m'étais procuré le superbe split 45t sorti chez Norton avec "You
can't make me" des MONTELLS et "I'm moving on"
des EVIL. Je n'avais pas été déçu. Je n'en avais que plus
l'eau à la bouche en attendant l'arrivée du Lp. Ma patience aura
été récompensée. 10 titres en tout. Moitié, moitié. Et ça tape !
J'avais découvert les MONTELLS il y a bien longtemps avec "You
can't make me" sur le BFG 3, je suis comblé par ces "nouveaux"
titres (si l'on considère qu'ils ont été enregistrés entre mai 65
et mai 66). Super reprise de "Daddy rolling stone" mortelle
de classe et d'énergie, vraiment cool. Deux versions différentes
de "Don't bring me down" de (ou popularisé par les) PRETTY
THINGS dont la version non censurée dépasse à mes yeux l'originale.
Et les PRETTY THINGS ne font pas partie des choses que je traite
à la légère... Reste encore une reprise de "Can't explain"
des WHO pas mal non plus mais moins percutante que les autres
titres et deux originaux que je vous laisse découvrir... Côté EVIL,
"I'm movin on". Un morceau écrit en trois minutes ... Et
qui tue. A ravin' motherfucker ! Deux minutes d'agression sans relâche,
pas une baisse d'intensité. Pas de mélodie, juste la teigne. Une
perle. Ensuite une reprise de "Whatcha gonna do" des SMALL
FACES façon "I'm movin on". Sauvage, crue. Terrible,
Vraiment. Un original folk/punk "I know I'll die" forcément
un peu en retrait par rapport aux deux monstres de la face précédente
et un autre plus rapide "Always running around", pas mal
du tout mais que je connaissais déjà. Reste que ce disque n'est
pas facile à trouver parce que repressé, parait-il, qu'à 500 exemplaires
... Quelle connerie !
Marc
Prempain
flat.earth.marc@wanadoo.fr
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