

Hard Times and Nursery Rhymes- Epitaph
Hard Times and Nursery Rhymes, s’il n’a rien d’une comptine, pourrait facilement le laisser penser. Et pas parce qu’il commence par un « Zombie de la route » (à peine plus rapide que son cousin piéton) et s’achève par un « I won’t run no more ». Que nenni. Juste parce qu’effectivement, il est dans l’ensemble plutôt lent et moelleux –
Gimme the sweet and lowdownet ses chœurs très radio-friendly, le très chaloupé voire presque bonhomme
Diamond in the rough.
Far side from nowhere, facile et mollasson, qui contrediront l’impression première. Et pourtant, malgré la ritournelle très single de
Writing on the Wall, ses synthés et son piano final, plus convenu que classique, on ne peut s’empêcher de retrouver un truc. Et de ramasser dans la poussière un barreau limé du Prison Bound.
Bakersfield, des pointes quasi illégales et tout à fait jouissives comme
Machine Gun Bluesou
Can’t Take it with youet des hommages vibratiles comme « Alone and Forsaken » (à Hank Williams Sr)- et des putains de rock n’roll comme
California.
Hard Times and Nursery Rhymesest le disque calmé d’un ancien énervé.

Vous êtes de retour avec un nouvel album depuis « Mach Schau », qui date de 2004... Qu'avez-vous fait pendant ces six années avec ou en dehors du groupe ?
Nous avons beaucoup tourné pour faire la promo de « Mach Schau ». En dehors de nombreuses dates en Australie, nous avons tourné deux fois aux USA, joué au festival SXSW d'Austin, tourné deux fois également en Espagne et en Grande-Bretagne où nous avons fait le festival de Glastonbury.« Purity Of Essence » est un album aux influences très diverses : on y trouve des morceaux très pop, quelques ballades, du rock n'roll, de l'inspiration rythm n'blues... Quelles étaient vos intentions avant d'entrer en studio pour ce nouveau disque ?
Mon ambition principale était de ne « brider » aucune influence, de laisser le disque devenir ce qu'il devait être. « Mach Schau » était un peu « uni-dimensionnel », intensément agressif. Je pense que l'enregistrement et le mixage ont amplifié cet aspect des compositions, et que quelques subtilités ont été perdues en route, mais il est difficile de renier le fait que les morceaux étaient assez durs. Ceci dit, je suis très fier de cet album, je pense qu'il contient certaines de mes meilleures compositions.Vous avez commencé l'enregistrement de « Purity of Essence » il y a un certain temps, mais j'ai cru comprendre que vous n'aimiez pas le studio dans lequel vous étiez, et que cela a retardé la sortie du disque. Puis vous avez travaillé avec Ed Stasium, fameux producteur/ingénieur du son des Ramones, avec qui vous aviez déjà travaillé dans les années 90 (pour les albums « Kinky » et « Crank »). Etes-vous satisfaits du résultat final ?
Je suis réellement content du disque, pour moi c'est parfait. Ed nous a donné l'album que nous désirions obtenir. Je dois aussi remercier Tim Whitten, qui a fait la plupart des prises de l'album, et Charles Fischer qui l'a co-produit avec moi. Charles a aussi participé à l'enregistrement. On dit parfois que les choses arrivent par trois, non? Eh bien, chacun d'eux a été impliqué avec nous dans trois albums : vous avez cité Ed pour « Kinky » et « Crank », mais Charles était aussi avec nous pour « Mars Needs Guitars » et « Blue Cave », et Tim a mixé « Mach Schau » et l'album que nous avons fait sous le nom des Persian Rugs, « Turkish Delight ».Vous imaginez donc que nous sommes très contents de leur travail. La seule autre personne avec laquelle nous avons travaillé trois fois était Alan Thorne, avec qui nous avons collaboré sur « Stoneage Romeos », ainsi que « Magnum Cum Louder » et « Kinky ». Nous avons beaucoup de chance d'avoir pu travailler avec de tels talents.Quels sont vos morceaux préférés sur l'album, et ont-ils une histoire particulière ?
Je n'aime pas mettre en avant certains morceaux plutôt que d'autres, ils ont tous une raison d'être écrits et enregistrés. Néanmoins, je peux dire que je suis assez fier de « The Stars Looked Down ». C'était un morceau délicat à mettre en place pour que le texte sonne juste, mais je pense y être arrivé.Pourquoi avoir intitulé le disque « Purity of Essence » ? Y a t-il un sens particulier ?
Le titre vient du film de Stanley Kubrick « Docteur Folamour » ("Dr. Strangelove Or How I Learned To Stop Worrying And Love The Bomb"). C'est l'un de nos films préférés, et ça devrait aussi être votre cas !C'est votre second album depuis la reformation du groupe. Pourquoi avez-vous décidé de faire une pause en 2003 ?
Nous avons splitté en janvier 1998, et nous sommes revenus fin 2003, bien que nous n'ayons pas fait de concerts avant janvier 2004. A ce moment là, j'étais très fier de notre album « Blue Cave »(c'est toujours l'un de mes préférés), et je ne me sentais plus motivé pour composer un nouvel album des Gurus. Je pensais avoir dit ce que j'avais à dire, et qu'il valait mieux arrêter avant de faire un album dans lequel je ne me serais pas investi à 100%. J'étais très content de cette décision, je n'avais aucun regret – et absolument aucun projet de reformation du groupe. Nous avons d'ailleurs refusé de gros cachets qui nous étaient proposés pour jouer à nouveau. Quelques années plus tard, j'ai remarqué que j'écrivais des morceaux qui auraient très bien convenu aux Gurus. Il m'a fallu quelques années de plus pour me décider à revenir sur ma décision, et à donner le feu vert à la reformation du groupe.En réalité, le groupe n'a jamais arrêté, puisque vous avez continué sous le nom des Persian Rugs. Parlez-moi de ce groupe parallèle, avec lequel vous avez enregistré un Ep et un album.
Les Persian Rugs étaient un groupe assez éloigné musicalement des Hoodoo Gurus : c'était un vrai groupe 60's punk/ psychédélique, avec une touche de bubble gum. Les Gurus ont aussi ces influences, mais elles sont mélangées à d'autres, ce qui leur donne une personnalité particulière. Le fait que finalement l'essentiel des membres du groupe soient aussi membres des Gurus tient plus du hasard que du calcul : ce sont de très bons musiciens, et j'adore bosser avec eux. J'aime autant le Ep « Mr Tripper » que l'album, là aussi, les deux contiennent certaines de mes meilleures chansons. Nous avons été très attentifs à respecter les conditions d'enregistrement de l'époque : tout était bien sûr analogique, et nous n'avons utilisé que des micros et des effets vintages pendant ces sessions.L'alibi de la reformation était l'enregistrement d'une nouvelle version de « What's My Scene», devenu « That's My Team », pour l'hymne officiel de l'équipe nationale australienne de rugby. Comment est-ce arrivé ?
L'un de mes amis jouait au rugby dans l'équipe de Sydney dont je suis supporter (Cronulla Sharks), c'est un grand fan de musique et on est devenus très proches, j'ai même chanté à son mariage. Quelques années plus tard, il est devenu entraîneur adjoint pour une autre équipe, et il a eu l'idée d'adapter le texte de ce morceau en écoutant notre Cd sur le trajet... Il m'a alors demandé si j'étais d'accord pour qu'il propose ce morceau aux responsables en tant qu'hymne de l'équipe nationale de rugby. Je n'aurai jamais pensé que ça aboutirait, mais c'est devenu leur principal thème de campagne pour les cinq années suivantes.Vingt-six années ont passé depuis la sortie de votre splendide premier album « Stoneage Romeos »... Quel est le secret de votre longévité ? Je vous ai vu en concert en octobre dernier à Londres, et j'ai constaté que vous preniez beaucoup de plaisir sur scène... C'est ça, le truc ?
Il y a une énergie entre nous sur scène qui me surprend encore... On est toujours de grand fans de musique, et on aime ce qu'on fait, c'est aussi simple que ça.En juillet 2007, vous avez été intronisés au ARIA Hall of Fame, le Rock n'Roll Hall Of Fame australien. Comment avez-vous vécu cela, était-ce une simple cérémonie, ou une juste récompense de votre longue et brillante carrière ?
C'était plus important pour nos familles qu'autre chose. Je suis très flatté d'être au milieu d'autres artistes qui ont été consacrés avec nous (et avant nous), mais je ne suis pas très friand des récompenses, ni des gens qui décident de cela. Ils ne représentent rien pour moi.En 2007, vous avez tourné avec Radio Birdman et les Stems à l'occasion de la tournée « Clash of the Titans » . Quels souvenirs avez vous de ces concerts et de cette affiche incroyable ?
C'était une super tournée, et on les a tous enterrés ! Ha Ha !En dehors de l'Australie, vous avez de nombreux fans dans des contrées lointaines comme l'Europe, l'Espagne en particulier, ou encore le Brésil... Comment l'expliquez-vous ?
Je peux juste admettre que ces gens-là ont bon goût!En Italie, vous aviez de nombreux fans dans les années 80... Que s'est-il passé à ce moment-là, et pourquoi n'êtes vous pas venus cette fois-ci ?
Nous perdons de l'argent quand nous tournons loin de chez nous, particulièrement en Europe, et nous ne pouvions nous permettre de perdre encore plus de temps et d'argent cette fois-ci. L'Italie est en fait le pays où je préfère jouer : j'aime les Italiens et leur culture, leur histoire, leur gastronomie, sans oublier leurs grands vins! Bien que je sois fier et ravi d'être Australien, j'aurais aimé naître Italien.Vous avez joué dans de grands festivals comme le Big Day Out en Australie (avec les Strokes et Metallica en 2004), à Glastonbury en 2008, ou au Brésil où vous avez joué devant 40 000 personnes... Aimez-vous ça, ou préférez-vous les clubs plus intimes?
La taille de l'endroit ou le nombre de personnes présentes n'ont aucune importance pour nous, nous voulons toujours de faire le meilleur concert de notre vie... On aime ce qu'on fait, et on veut que le public pense que c'est le meilleur concert qu'ils aient jamais vu.La scène australienne des années 80 a été la meilleure période pour la musique des antipodes... Même s'ils n'ont pas eu a même visibilité médiatique, dans les années 90 et 2000 d'excellents groupes ont également surgi (DM3, Brother Brick, Asteroid B 612, Powder Monkeys, Challenger 7...). Que pensez-vous de la scène actuelle, avez-vous des pistes à nous conseiller ?
J'ai entendu parler de pas mal de nouveaux trucs : the Frowning Clouds, the Split Lips font partie de cette nouvelle scène. Un de mes groupes australiens favoris est les Drones, leurs trois derniers albums sont excellents et ils sont très bons sur scène.Pour revenir sur les Gurus, quels sont vos projets ? Y a t-il des chances de vous revoir bientôt en Europe ?
Je n'ai pas d'autre projet pour l'instant que de finir cette tournée, puis de prendre quelques congés afin de penser à la suite des événements. J'adorerais revenir en Italie. Ciao!
That's Mr Attack to You- Crunchy Frog
Magic in the airet autres
Created by Clive. Ceux-ci sont Danois et officient de nos jours…

We Are The Doctors- Larsen
A Quick One, un mini-opéra... Pas mal, c'est osé et inattendu, ils s'en sortent plutôt pas mal... Y avait autant d'orgue dans les précédents ? Les vocaux sont vraiment bien... Enregistré aux studios Larsen ? Pourquoi aller se faire plumer au Toe Rag, hein ? C'est nickel comme çà ! Bon, quand même, la pochette, hein... (Le client plisse les yeux en éloignant le disque). Je peux te le prendre en Cd, ça sera moins pire... Hein ? Uniquement en vinyle ? Comment je fais pour l'écouter dans la bagnole, moi, hein ? Fait chier, la face B est encore mieux... Oui, bon, t'énerve pas, bien sûr que je vais le prendre, mais tu pourras leur dire, à tes potes de Larsen, ça serait bien qu'ils mettent le Cd en bonus, ou au moins le code de téléchargement, plein de labels de bon goût font ça maintenant...

Strychnine Dandelions- In The Red
(Walking Through the) Sleepy Citydes Stones (1964, à retrouver sur
Metamorphosis), l'album coule tranquillement, grâce aussi aux potes venus donner un coup de main: Dan Auerbach (Black Keys), Patrick Keeler (Raconteurs, Greenhornes), Dave Amels (Reigning Sound, Daptones, Mary Weiss...), Poni (Ettes), ou encore la présence d'arrangements de cordes bienvenus.

Maximum Respect- Green Mist
Blood Brothersdes Dictators), des compos efficaces, des covers pour se faire plaisir, 13 titres quasi-parfaits... On attaque par
BBQde Wendy Rene, chanté par Keith Streng et sa voix de fausset de plus en plus en place, çà groove il se permet une incartade avec un plan de guitare talk box à la Frampton, pas grave, on pardonne tout, d'autant plus que le second morceau,
14th Street, composé par Andy Shernoff, semble sorti tout droit du premier album solo de Sylvain Sylvain...
I Wanna Feel Something Nowdes Fleshtones), tâtent du boogie (
Get Over Yourself), invitent Dave Faulkner (Hoodoo Gurus) pour faire les vocaux sur
Feels Good To Feel, se prennent pendant 3 minutes pour des musicos résidents Motown (
Suburban Soul Man) et finissent complètement torchés, le sourire béat aux lèvres dans une
Mucha Fiestaimpressionnante !

Burning Your House Down- Punk Rock Blues/PIAS
Big Len, l'intro bluesy rampante de
Burning Your House Down, l'ambiance fifties parfaite du fantastique
Killin' Spree, les solos d'orgue y relayant le piano...) pour faire taire toutes les craintes...
Bag O' Demons.

Idées choc et propos chic- Groovie records
Je cherche, raté sur e-bay il y a quelques jours), de quelques autres des HAUNTED ou des 5 GENTLEMEN, je crois pouvoir dire que je ne me suis plus intéressé à un disque chanté en français depuis … STARSHOOTER ou LA SOURIS DEGLINGUEE – C’est à dire il y a très, très longtemps ! Et ca ne fait pas lourd. Tout ça pour vous expliquer que cet album des DADDS ne m’était pas vraiment destiné. Et pourtant ! Il a pour le moment complètement éclipsé le deuxième album des HIGHER STATE ramené le même jour.
Idées choc et propos chicintrigue. Le parti pris de chanter en français sur un faux ton précieux des textes malins et décalés démarque complètement les DADDS de l’offre habituelle Beat/garage-band 60’s. Ca fonctionne à mort. Ca en devient l’un des points forts du groupe. Vraiment. Il y a un je-ne-sais-quoi d’autodérision, d’absurde dans ces chansons qui font mieux que sauver l’affaire. Au point d’ailleurs que le seul mauvais titre de l’album soit celui chanté en anglais avec un accent effroyable.

Shout and Holleret
S/T- Dirty water records
New kind of kicks. Non. Les BRANDED sont forts parce qu’ils font naturellement ce que d’autres suent sang et eau à essayer douloureusement de singer. Ils sont naturellement cool. Ces types ont probablement passé leur vie au fond de la classe à regarder les battants, les winners d’un air goguenard ! Connards de battants. Les BRANDED sont la revanche du fond de la classe. Comme les ANGRY SAMOANS ou les DESCENDENTS en d’autres temps. Et ça, c’est cool ! Leur rhythm’n Blues / Beat-punk ratisse de la manière la plus parfaite qui soit. Ils ont de la morgue plein les cordes et vous rappellent en deux accords que la vraie vie devrait se passer le coude à la portière du break Falcon/Dart/ Nomad … une boite de bière à la main. Pour simplifier. Bien sûr, les paroles sont stupides …
Girl you look pretty good, Hey little honey, I’m feeling finemais là n’est pas l’important. Les BRANDED ont le mojo. Collision de 60’s punk et de rythmes presque rockabilly sur Fender Twin chauffé à mort. Cool.

Darker by the day
Darkest by the dayreste avant tout l’œuvre d’un garage-band . De l’un des meilleurs.

Softly towards the light- Ernest Jenning records
Casting shadows. Plus rien ne semble vouloir pénétrer la bulle dans laquelle le groupe paraît s’être enfermé. Tout laisse croire que The END vient de sortir
Introspectionet que les BLACK HOLLIES ont décidé de leur donner la réplique avec ce nouveau disque. Entre leurs débuts de 2006 et aujourd’hui, le groupe a accompli des progrès considérables. Les hésitations, le relatif manque de personnalité reproché au premier album sont loin. Ils sont impressionnants de maîtrise. D’autant que la voie qu’ils ont décidé d’emprunter, initiée avec l’album précédent, n’est pas la plus facile. Plus grand chose de « beat/garage/punk » ici … Nous sommes vraiment immergés en pleine pop-psychédélique, avec pour compagnons de jeux rêvés les Billy Nichols, BLOSSOM TOES, The END et autres FAIRYTALE. La filiation est évidente et le groupe est à la hauteur de ses inspirateurs. Les échanges entre l’organiste (Farfisa / Hammond / Vox / Wurlitzer / Mellotron) et le guitariste sont un régal. Herbert Wiley a conservé une fuzz hargneuse, c’est Jon Gonnelli (guitariste uniquement sur les album précédents) qui se charge des claviers. Tout ça au service de morceaux composés et arrangés par Justin Morey et laissant, c’est une évidence, la part du lion aux mélodies éthérées. Une seule chose me tracasse. Si les BLACK HOLLIES devaient suivre leur logique, ils devraient bientôt se séparer pour reformer ensuite sous un nom stupide en arborant moustaches et chemises satinées et nous servir une diarrhée progressive … Dieu merci, je m’en félicite rarement mais nous sommes en 2010 !

Casting Shadows- Ernest Jennings Records
Crimson reflections, le premier album. Sympathique mixture de blues-rock sauce high energy, le disque révèle tout de même par endroit un groupe encore en cours de gestation , «qui cherche à sonner comme».
Casting shadowssemble être une étape complètement nouvelle pour le groupe. Plus aucune concession ne semble vouloir être faite au public de leur ancien groupe. On est cette fois à des années lumière de RYE COALITION. Le groupe sonne tout simplement comme un garageband US de ’67 atterrissant dans un Soho en pleine explosion pop-psychédélique.
Casting shadowsme paraît infiniment plus élaboré que tout ce que les modernistes New Yorkais nous avaient fait parvenir à l’époque.
Paisley undergroundlardé à la fuzz ou
Hamilton park ballerina.

Philosophy of the World- BMG
Philosophy of The Worldest l’album parfait pour se débarrasser des invités inopportuns en fin de soirée. Faites l’expérience : invitez un ami (qui n’en est pas un, c’est préférable car vous ne le reverrez pas ; jamais) ; après le repas, installez-le confortablement dans le canapé en mohair qui orne votre salon lounge ; servez lui un alcool fort, le meilleur de votre réserve. Engagez la conversation sur un sujet futile et profond – la fin du capitalisme, par exemple – et, subrepticement, glissez le Cd des Shaggs dans le lecteur ; appuyez sur play. Après quelques tics nerveux, de la bouche, de la jambe droite, les doigts qui se tordent, vous verrez apparaître des gouttes de sueur sur le front et les tempes de votre invité. Celui-ci n’aura même pas le réflexe d’aller reprendre ses esprits aux toilettes, s’asperger d’un peu d’eau en tentant de comprendre ce qui l’est en train de vivre. Non. Il se lèvera et vous dira simplement qu’il doit partir, loin, très loin, ailleurs, là où ELLES NE SONT PAS !

Checkmate Savage- Chemikal Underground
The Howling, la voie est tracée : rythmiques obsessives, rigueur des lignes, musique automotrice, désirs d’ailleurs. De nuit s’éloigne Glasgow, direction la cambrousse.
Burial Soundsdonne corps à une cérémonie voodoo dans les Highlands.
Folk Song Oblivioncommence dans les dédales du château pour déboucher sur la lande et finir dans le Cave. Vieilles pierres, grand air, envoûtement lunaire : Phantom Band mixte les styles, les époques, les lieux ; les étiquettes font la gueule. L’envoûtante
Crocodilenous change en zombie plongé dans le marais bayou ; les guitares nous y noient.
Halfhoundbranche les esprits de Pavement et Jon Spencer dans une rue berlinoise. Romantique et ténébreux, scandé et brouillé,
Left Hand Waveest le morceau au cul duquel galopent les moines copistes new wave de l’époque.
Islanddessinent un paysage paisible et dynamique - beau travail sur les vocaux. Une chanson de marins, puis une de cow-boys :
Throwing Bonesmarche droit mais arqué ... et retrouve les garçons de la plage la gueule ensablée !
The Whole Is On My Sidedresse le feu de camp. Faites de beaux rêves.

The Original Northwest Sound- Sundazed
The Original Northwest Sound, Sundazed répare l'injustice en 25 morceaux. 25 titres matraqués comme on aurait cru seuls les SONICS capables de le faire. Point de psychédélisme ici. Ca joue cru. Batterie à vous émietter les os. Orgue Farfisa survolté. Good time Rock'n'roll propre à réduire une scène en poussière. Tout juste le temps de se calmer le temps d'un superbe
Running not walkingun tout petit poil mélancolique ou de quelques instrumentaux laissant libre cours à leur mortel organiste... Il n'y aura rien, rien à jeter. Profitez en, pour une fois vous avez les moyens de réparer une injustice...

S/T- Punk Rock blues
Nous, c’est pas la réflexion qui nous étouffe : je pense que notre album en est la preuve…. L’instinct et l’intuition ; telluriques. Enregistrement : quatre pistes ; quarante huit heures. Ecoute : dix morceaux ; trente minutes.

The Besnard lakes are the Black Horse- Jagjaguwar – Differ-ant
Disasterintroduit l’album des Canadiens en douceur trompe l’œil, songe psyché avec voix entremêlées qui nous ramènent – encore ! – aux Beach Boys. Dingue comme ce groupe mythique, aussi tordu qu’accessible, a pu laisser des traces dans l’inconscient pop. Mais
Disaster, malgré ses violons et flûtes bucoliques et ses vocaux envapés, contient une lame - lave ? - de fond qui laisse présager de la suite ; le désastre ou l’écroulement par l’intérieur.
For Agent 13s’attaque au piano, avant qu’un orgue n’accompagne les voix de JACE LASEK et OLGA GOREAS (quels noms !), couple de savants fous à l’origine de ce projet. Puis le morceau se pose et se distant, jouant avec l’espace et les silences. On se dit qu’on patauge sévère dans la glu psychédélique, pas loin des farfadets défoncés de Spacemen 3. Après 4 minutes passées à fumer les racines, le morceau décolle du sol, comme porté par un filet de bave céleste. Mouais.
And You Lied To Meest un morceau de bravoure où le groupe au complet divague au milieu de prairies voisines de celles où sont gardées les vaches folles de My Morning Jacket, gang de barbus sudistes également psychotropes. Alors, les BESNARD LAKES sont un cheval de trait ? On peut trouver ça aussi irritant et laborieux qu’une soirée canapé, épuisant et vain comme le dernier Lynch. Mais sous le vernis prog-drug se cachent des morceaux brillamment élaborés, étirés, sinueux et harmonieusement enluminés, comme troués d’éclaircies. La suite de l’album se déploiera ainsi, entre bacchanales hallucinées (l’excellent
Devastation), gonflées aux produits mais rarement bouffies, et plages fantasmatiques où la candide Olga / Alice passe de l’autre côté du miroir (
Because Tonight). Pour peu qu’on goûte les rêves éveillés, on retiendra la subtilité de la production qui permet de rendre palpable chaque atome du chaos.
On Bedford and Grand"célèbre l’union entre Pink Floyd & Beach Boys again, alors que d’un ton badin et écorché,
Cedric’s Warvient conclure cette profession de foi : structuration du désordre et aspiration vers le haut. Ainsi, cultivant les paradoxes, THE BESNARD LAKES illustrent leur capacité à être, dans un même mouvement, défaits et lucides. Le plus remarquable étant que cet album largué et maîtrisé sorte maintenant, aujourd’hui, en 2007.

Wincing the Night Away- Sub Pop
Wincing the Night Away, fait quant à lui référence aux insomnies de James Mercer, 35 ans et cerveau des Tibias.
Chutes Too Narrow, ZACK BRAFF donne au sein de son film
Garden Stateun "rôle" au titre
New Slang, tiré du premier album des SHINS,
Oh, Inverted World. "Cette chanson va changer ta vie, je te le jure", déclare le personnage interprété par NATALIE PORTMAN, lumineuse ambassadrice. Après avoir galéré pendant des années, JAMES RUSSEL MERCER (chant, guitare), DAVE HERNANDEZ (basse), MARTIN CRANDALL (claviers) et JESSE SANDOVAL (batterie) vendent une plâtrée de disques. La machine s’emballe donc pour THE SHINS, dans le désordre certes.
Wincing the Night Awayet son éclat inattendu. Pour qui veut bien s’y abandonner, cette musique possède un pouvoir comparable à celui d’une endorphine : atténuation de la douleur, réduction du stress, sensations de plaisir, éclosion du sentiment amoureux. "Libérées en forte quantité, les endorphines peuvent créer un sentiment d'euphorie. Les coureurs de fond parlent même d'extase suite aux libérations importantes d'endorphines résultant de leurs gros efforts. Une sensation proche de la prise de drogue à la différence que les endorphines sont toujours bénéfiques pour l'organisme." (http://fr.wikipedia.org).
Sleeping Lessons, certainement en rapport avec ses insomnies évoquées plus haut, et ce que l’on a d’abord pris pour un endormissement est en fait un éveil ; ou peut-être s’agit-t-il de la genèse d’un rêve ?
Australiase fait sur un rythme badin, accompagné de voix gambadant dans les prés. Puis apparaît une première mélodie pop imparable, comme du Smiths - non, ne partez pas - joyeux ! Écoutez combien et comment la voix de James porte la mélodie à bout de bras, le cœur dans la main, avant qu’une guitare liverpoolienne sixties prenne le relais. La miniature
Pam Berryrappelle plutôt
Pulp Fiction, avec ce mur de réverbérations. L’enchaînement avec
Phantom Limbest magnifique. Les Shins reviennent aux USA et retrouvent les Beach Boys sur la plage ; on sent le sable, doux et chaud, et le sel, lucidité sous forme d’amertume. Avec
Sealegson est plongé dans l’eau avec les curieuses algues (?) de la pochette. La zique des Shins est ainsi, comme d’étranges formes vivantes et bourgeonnantes, naturellement connectées entre elles mais sachant aussi être indépendantes. La construction de ce morceau en rouleaux est fascinante ; et toujours cette voix si expressive, relâchée et pourtant d’une présence cruciale. On dira que le motif électro, vers les 3 minutes 45 secondes serait le chant du bulot, aquatique, guilleret et relax. Il est passionnant d’entendre comment MERCER donne de l’espace et de l’air à chacun de ses motifs musicaux, chaque phrase ayant le temps de s’épanouir et de se développer.
Red Rabbitretrouve la trace de Brian Wilson, tant par sa mélodie à la fois proche et sophistiquée que dans son instrumentation, légère et scintillante. Les SHINS se jouent ainsi de l’attraction et de l’abstraction ; avec peu s’érigent des châteaux de sable, imposants et fragiles à la fois. Avec ses guitares carillonnantes,
Turn on Mea le classicisme (et pas conformisme) des canons pop, doté d’un son garage rock, mais décoré de velours. Ensuite,
Black Wavenous porte en apesanteur dans les mêmes Grands Fonds … d’en haut ! Une guitare limpide, des claps de mains hydroponiques, un sonar caressant et la voix de MERCER, toujours aussi directe, envoûtante sans le vouloir.
Spilt Needlessemble d’abord être sœur de la précédente, mais le ton s’est durci à nouveau. MERCER livre là son hymne new-wave, une banquise habitable et hypnotique. Par deux fois, la chanson change de braquet, portée vers le haut par la voix de ce chanteur hors du commun, élément clair sur fond distordu.
Girl Sailorpourrait être un prolongement de l’œuvre des Go-Betweens (Grande-Bretagne, États-Unis et maintenant Australie… THE SHINS voyagent dans l’espace et le temps de la pop … 3 continents en moins de 42 minutes !). Le solo de guitare est ce que j’ai entendu de plus fin en la matière depuis longtemps, sublimé par un chœur bon enfant.
A Comet Appears; la guitare slide nous rappelle que c’est la tombée de la nuit et qu’il nous faut renter. JAMES MERCER nous raccompagne à la porte de ses rêves sur la pointe des pieds, en nous parlant comme à un ami, avec délicatesse et simplicité.
Anyone else never worked so long and hard to cement a failure, nous dit-il ; on ne sait pas de quelle failure il parle, mais son long et dur travail de reconstruction nous offre un résultat miraculeux.

Palo Santo- Fargo
Palo Santoest ainsi un magnifique voyage ascensionnel survolant terres et océans, bien haut dans le ciel, traversant avec grâce tempêtes et accalmies, entre soleil brûlant et vive pluie.
La Dame et la Licorneet c’est une entrée en douceur, mais d’une fougue ascendante qui ne cessera de croître. Le second morceau,
Red Sea, Black Sea, est monté (en neige) comme une souple spirale insistante et obstinée. Puis vient
White Wavessur un rythme rock et élancé, à la fois ample, lourd et flexible.
Palo Santo, le morceau, est un songe enchanteur mais inquiet, porté par la voix une nouvelle fois magnifique de MEIBURG.
Seventy-Four Seventy-Fiveest mené par un piano puissant et un rythme qui claque sec, avec l’intervention d’augustes trompettes.
Nobodyse compose d’une mélodie arrache-cœur sur voix de velours, le tout étant simple et complexe à la fois.
Sing Little Birdiec’est Nick Drake qui s’invite à la fête, le bois résonne dans la chaleur du feu et des cordes.
Johnny Violaa l’allure d’un classique, la tenue majestueuse et le port princier ; pour être plus direct, c’est une putain de bonne chanson !
Failed Queenest un nouveau moment de grâce subtile, tout en douceur, souplesse, caresse, toujours avec cette écriture tendue et déliée, les instruments jouissant d’une folle liberté.
Hail, Maryqui suit est encore un morceau impressionnant, tant dans sa composition, sa progression que son interprétation, dense magma engloutissant sa propre force.
Going is Songet nous berce comme pour mieux nous faire atteindre un degré supérieur au pays des songes ; la beauté scintille de toutes parts, mais reste finalement inaccessible.
Palo Santoest bien un trip panthéiste dans les bois blancs, un périple ténébreux mais enveloppant, agité mais rassurant.

Screwed, Blued and Tattooed- People Like You
Monsters Prefer Blondes(''Easy girls with tiny brains.Bimbos with humungus tits'' !), suivi d'une courte mais intense déflagration de trente secondes qui en dit long sur les velléités d'ouverture musicale de nos amis,
Wu-Tang Sucks. Au fait, savez-vous ce que font subir les membres du Wu-Tang aux cow-boys en prison ?

I’m A Man- Sundazed
I'm a man(Sundazed records) qui doit être le second album US du groupe, en est la preuve parfaite. S'il manque parfois un peu des cisaillements de guitares que propose la concurrence, on ne trouvera pas ici le moindre avachissement, la moindre fausse note ou baisse de tension. Juste du blues et du rhythm and blues à l'anglaise. Elégant, tendu, arrogant. Mod.

Call of the Wild- Big Beat
Call of the wildet qui viennent de ressortir chez Big Beat. Exception faite que son horloge personnelle s'était bloquée sur 1957 et que son idée de passeport pour la postérité était de faire jouer du rockabilly à une bande d'émules des YARDBIRDS ou de MUSIC MACHINE tout droit sortis du middle-west et tout juste moins tarés que lui... Le résultat est une espèce d'ovni à mi-chemin entre
Shaking all overdes GUESS WHO et
Girl can't dancede BUNKER HILL avec en cours de route quelques fantaisies de crooner cinglé. 28 titres en tout, allant du franchement dérangé
Rebel womanau totalement inepte
Hannah Hannah. Comment faire confiance à un mec qui se baladait en 1967 avec une banane sur la tête et une veste en peau de zèbre sur le dos ? Franchement en dehors de la cible non ? Le genre de truc qui devrait vraiment plaire à ceux qui font une poussée d'urticaire en voyant les labels actuels faire des études de marchés avant de sortir leurs disques...

Où et quand as-tu commencé à vibrer pour le punk rock ? Quels furent les groupes importants pour toi ?
J’ai eu la chance que connaître quelques types plus âgés et bien cools qui m’ont fait écouter de la bonne musque alors que j’étais très jeune – j’ai maintenant 40 ans. Je suis tombé dans la marmite punk rock en 76/77 et cela a changé ma vie. Mes groupes préférés étaient les RAMONES, les SEX PISTOLS, les SAINTS et les DAMNED. Les CRAMPS ont complètement changé ma vision de la musique, j’ai toujours aimé ce groupe.Quand et pourquoi as-tu monté ton label ?
J’ai eu l’idée en 1991. La raison principale était que je voulais sortir un 45 tours des GORIES. Ce fût le premier groupe auquel je me suis adressé, ils étaient d’accord et c'était parti !Comment t’es-tu débrouillé ? Avais-tu une quelconque expérience ? Comment as-tu trouvé l’argent ?
Je n’avais quasiment pas d’expérience mais je connaissais des gens qui avaient déjà sorti des albums. Long Gone John de SFTRI et Tim Warren de Crypt sont des amis, et leurs conseils furent très précieux. L’argent ? Je l’ai économisé sur mon salaire d’employé temporaire dans une épicerie !Quelles personnes ou labels étaient alors tes modèles ?
Tim Warren était un modèle. J’aimais ce concept de label qui ne sort que des disques d’un même style. In the Red doit être reconnu pour ses disques de rock’n’roll brut et de rythm’n’blues garage.Comment trouves-tu des groupes ? Reçois-tu beaucoup de démos ?
Je reçois énormément de démos mais la plupart des groupes que je signe ont déjà sorti quelque chose avant sur un label plus petit.Qui travaille chez In The Red ?
Moi et mon pote Jimmy Hole sommes les deux seuls employés… Jimmy s’occupe du site web, du design, des pochettes…Y a-t-il une histoire derrière votre nom ? Quelque chose de plus que votre logo n’explique pas ?
L’expression est juste là pour signifier quel son brut, lo-fi et explosif je voulais avoir lors de nos premières sorties. Ca reflète le niveau de distorsion que nous avons amené sur nos disques.Est-ce que le label est un hobby pour toi ou peux-tu en vivre ?
Au début, je devais travailler à côté mais maintenant la musique c’est 100% de mon temps. A côté je m’occupe d’un label qui s’appelle Birdman records et qui appartient à mon pote David Katznelson.Ces deux dernières années, vous avez sorti un paquet de très bons disques alors qu’avant c’était plus calme ; comment cela se fait-il ?
En fait j’ai développé progressivement les possibilités du label. Maintenant je peux me permettre de sortir plus de choses alors je le fais ! Actuellement on est envahi par de nombreux groupes de qualité, ce qui n’était pas le cas il y a 5 ou 6 ans.As-tu une politique spéciale pour signer les groupes ?
Les groupes doivent vraiment me plaire, c’est tout.Y-a-t il un lien avec une certaine scène de Los Angeles où se trouve le label ?
L.A. est une ville avec un très riche passé musical. Mais en ce qui concerne le bon Rock n’ Roll, c’est une ville morte. Il n’y a pas de scène et juste par ci par là quelques bons groupes. Les choses qui me plaisent, ne sont ici pas appréciées du tout. Donc non il n’y a pas de lien entre le label et la scène de L.A. Actuellement, les quelques groupes de L.A. que j'aime bien sont FLASH EXPRESS, STARVATION, FUSE!, et THE LAMPS.Est-ce que le fait de diriger un label indé a une importance pour toi ? Que penses-tu des majors ? As-tu fait des expériences positives ou négatives ?
Je n’ai rien a priori contre les majors mais la musique qui me plaît vient très majoritairement de labels indés. Actuellement on dirait que les majors sont un peu perdues. Par exemple, prends les PONYS qui sont chez moi, toutes les majors se battent pour les avoir mais eux ne veulent pas car ils trouvent cela insensé. On vit quand même une époque bizarre où un groupe qui a une option chez Sire préfère rester chez In The Red. En fait j’ai fait toutes sortes d'expériences avec les majors…Vinyle ? CD ? Que préfères-tu ? Est-ce que l’un des supports se vend mieux sur certains marchés ?
Je continue à faire du vinyle parce que j’aime ça. Mon format préféré est le 25 cm de couleur noire, pour moi un vinyle doit être noir, car j’ai grandi avec ça. Ce qui ne veut pas dire que je n’aime pas les CDs que j’achète. La plupart des vinyles sont vendus en Europe. On dirait que vous aimez encore beaucoup le vinyle et c’est une raison pourquoi l’Europe me plaît.Dans quelle mesure le téléchargement influence ton travail ?
Il est certain que le fait d’avoir des titres disponibles on line aide un label comme le mien. Je n’ai pas la possibilité de faire passer ma musique à la radio. Beaucoup de gens m’ont dit qu’ils avaient écouté la musique grâce au web avant de s’acheter les albums. C’est une bonne forme de promo.Quels groupes ou styles tu ne signeras jamais ?
Reggae, opéra, techno, dance. Il y a un paquet de choses que je ne ferais pas…Quels groupes ont été tes plus gros succès ? Et les plus grosses déceptions ?
Les DIRTBOMBS ainsi que BOSS HOG et PUSSY GALORE ont été et sont de gros succès. Aux USA les PONYS marchent très bien ainsi que REIGNING SOUND. La déception ? DAN MELCHIOR avec " Bitterness, rage, spite ad scorn ". J’étais convaincu que cet album marcherait mais malheureusement, Dan n’a pas du tout tourné ni fait de la promo, et n’a donc récolté aucune attention de la part de la presse. Le pire c’est qu’il a voulu me faire porter le chapeau pour tout ça. Il a quitté le label et a changé son style de musique (à mon avis dans la mauvaise direction). Il semblerait même que son groupe se soit séparé, quel gâchis !Ton groupe préféré que tu n’aies pas signé ? Quels groupes prendrais-tu sous ton aile ?
Les A-FRAMES et ceux qu’ils influencent comme THE INTELLIGENCE ou THE DIPPERS. Sinon j’aime les BLACK LIPS, BLACK TIME et les FATALS.Que pouvons nous attendre de toi dans l’avenir ?
Je viens de sortir les HUNCHES, les LOST SOUNDS , les PIRANHAS, les LAMPS, les COUNTRY TEASERS et VOLT. En 2005 sortiront les nouveaux albums des PONYS et des DEADLY SNAKES ainsi qu’une compilation de 45 tours des DIRTBOMBS.
Piece of my heartde Janis Joplin et un classique de Blues dont le titre m’échappe, un Syl Sylvain en pleine forme, sautant, bondissant et un David Johansen dépressif mais vaillant : ils nous ont gratifié d’une bien belle leçon de R’nR’ en deux heures chrono. Les journaux ont titrés : « MOMIAS EN PLENA FORMA » : inutile de traduire. Pour l’anecdote, David a extirpé à trois reprises une petite pipette qu’il suça religieusement en nous expliquant : « Vous savez, si je prends ça, c’est que je déprime et franchement c’est vraiment pas marrant ! » Brut de pomme ! Tu me passeras ton ordonnance, David ? Donc tous les classiques y sont passés, et, alors que tout semblait fini, ils sont revenus pour un
Human Beingd’anthologie et sans char, on s’est pris une bonne claque ! Merci,les gars !
Ramblin’Rose! Dennis THOMPSON, tout à son affaire, martèle, précis, puissant et tranquille : impressionnant ! Bon Mark ARM, chanteur de MUDHONEY, fait son boulot, singe, deux trois poses et mimiques mais bon n’est pas ROB TYNER qui veut. Mais ça enchaîne sévère.
SISTER ANN,
OVER & OVER. Pour de grands enfants comme nous c’est du sucre d’orge.
MOTOR CITY BURNINGde John Lee Hooker. Elle semble être un peu fatiguée par la tournée, ils viennent d’enchaîner un paquet de dates et les anciens ont l’air plus frais que la relève.
KICK OUT THE JAMS, bien sur….un rappel et puis s’en vont. C’était pas la révolution, juste putain de bon !
Total Thirteentous les matins en se levant, mais si ils se renouvellent pas un peu, ça devrait bientôt sentir le re-sucé. Allons les gars, on vous aime bien, on est de tout cœur avec vous. Mais bon, sans faire la fine bouche, c’était ‘achement bien, quand même.

Dry, on se dit qu’on tenait là une personnalité à part, dont la singularité résidait dans la complexité de sa nudité, musicale et physique. PJ Harvey, c’est l’absence de graisse certifié. Le cœur, les os et les nerfs. La peau qui crisse, la voix en coup de gueule autoritaire et frustré. Des gifles et des griffes, une rage qui s’éjecte et s’injecte, du sang sans trucage. Depuis, Polly Jean, diva sauvageonne (raccourci qui vaut bien une connerie), trace sa route sans se retourner, creusant à mains nues dans son âme, fuyant comme la peste la répétition programmée. Ses albums surprennent et se prennent à contre-pied, donnant à prendre et à laisser, toujours avec cette sincérité viscérale, ce besoin d’aller au bout des choses.
To Bring You My Love(95) et
Is This Desire(98), Harvey nous conte ses
Stories From The City, Stories From The Sea, album plus ample et serein mais toujours aussi sanguin et à fleur de peau. Certains n’ont vu que ramollissement et démission, idiots qui ne peuvent accepter qu’une artiste cataloguée "grande torturée" soigne un tant soit peu ses plaies. Lâché aux quatre vents, profond comme l’océan recouvrant une ville engloutie,
Stories …figure le talent protéiforme d’une artiste qui touche sans nécessairement se brutaliser.
Uh Huh Hersonne comme un cri de guerre, déclaré au confort créatif au profit de la ligne brisée. Le blues du Dorset revient en apparence sur les traces de
Dry, 12 ans plus tard. Pourtant s’entend dés le premier titre le cheminement parcouru par PJ. Derrière la primitiv’touch, une réelle production riche et réfléchie, sans jamais nuire à la spontanéité de l’intention première. Celle des chants d’amour sans fard, du bruit comme un coït où l’animal reprend le dessus. Polly ne surjoue jamais, mais laisse son expressivité libre de s’exprimer.
Dry, Rob Ellis est un batteur inspiré, doublé d’un chanteur étonnant : sa voix se fait sœur en écho de celle de Polly. Une seconde batterie permet à Josh Klinghoffer de venir autant s’exciter sur les peaux qu’il ne le fait sur sa guitare. Lui aussi donne tout, pris dans l’ivresse du show, titubant et tournoyant jusqu’au vertige, jusqu’à la chute. A la base, l’imposant Dingo, aussi long que son instrument, ex-bassiste de The Fall, autre groupe sans trucage ni mensonge.

Communicate!- Psychout Records / Wild Kingdom
City Slang, au crépuscule des 70’s. Deux albums live sortiront plus tard :
Sweet Nothinget
City Slang(sur Mack Aborn).
Gettin’ There Is Half The Fun(sur le label Real-O-Mind). Un an plus tard, Scott traverse l’Atlantique pour s’acoquiner avec des membres des Hellacopters et de Nitwitz ; le groupe s’appelle Hydromatics ; l’album
Parts Unknownsort et vole.
Medium Rare(encore sur Real-O-Mind), Morgan récidive avec les Hydromatics pour un second LP,
Powerglide(sur le label italien Freakshow). En 2001, Scott forme Powertrane qui publie un album live,
Ann Arbor Revival Meeting(toujours sur Real-O-Mind).
Communicate !sonne comme un putain de classique : intemporel, puissant, se fixant aussi sec dans la tête et les guibolles. De la soulpower brandie haut et fort, cuivres qui percutent, mélodies en avant et cette voix vive qui mène la danse.
Get On Backenvoie dans les cordes : ce son de batterie, ce piano compulsif, ces chœurs fiévreux.
My Mojo Ain’t workin’ No Moreest un hommage explicite à cette buse priapique d’Austin Power. Plus loin,
Top Of The Stairsrenvoie aux plus beaux élans cool de Paul Weller. Et, tout du long, The Solution déroule sa solution, face à la morosité et à la tiédeur : swing & shout!

Sonic Nurse- Geffen Records
Murray Street.
Sonic Nursepourrait se poser tel un digest parfait des capacités et des talents singuliers du groupe, une synthèse d’un passé en mouvement conjugué au présent.
Pattern Recognitionest un concentré d’ADN de Sonic Youth : fusion abrasive des guitares acides maniées en scies circulaires, basse profonde puis rebondie comme un galbe, batterie hachée en cascade, break et contre break, voix tour à tour mutine et exaspérée de Kim Gordon, fin bruitiste en plaie suppurante. En somme, heurts et bonheur, maîtrise de l’espace et dilatation du temps. Et au passage, si besoin était, une nouvelle preuve du talent nerveux et millimétré de Steve Shelley, batteur qui tranche net.
Unmade Bed, titre suivant, on perçoit le chemin parcouru par le groupe. Sur le magnifique entrelacement de guitares se pose la voix de Thurston Moore, la mélodie surfant sur les rouleaux d’un océan cool et menaçant.
Dripping Dreamtricote ensuite un paysage passionnant de dentelles et d’échardes, balade dans les badlands d’une Amérique dont l’histoire n’est que poussière, tempêtes de sable et soleil brûlant. Sonic Youth joue serré et aéré dans un même élan, se laissant le temps de respirer avant de se reprendre au collet, dans un tourbillon d’étoiles filées d’or et d’argent. Un morceau que l’on écoute les yeux tournés vers le ciel.
Kim Gordon and the Arthur Doyle Hand Creamrevient sur les terres cramées de
Dirty. Et de suivre aveuglément la grande Kim dans un refrain fédérateur, fait pour les stades en terres battue. Et Kurt Cobain, de l’ailleurs où il est ou pas, de sourire face à cette spirale qui s’emballe, snake dans un désert où les mirages prennent vie.
Stones, justement, de celles où se cachent les crotales, ou tombales pour ceux qui errent et rampent sous terre. Encore un morceau si subtilement construit, scintillants en motifs permanents, tout en abandons et reprises de rythmes caressants et fouettants.
Dude Ranch Nursese la joue air de repos, mais aménagé par David Lynch, avec apparitions mi-ange mi-démon, circonvolutions fiévreuses et fossiles vivants garantis. Sous le fantasme de la blouse blanche, le délire du patient…
New Hampshirehante avec rage et mélancolie un site peuplé de chevaux sauvages. Trop tard pour dompter l’animal.
Paper Cut Exitdébute comme une nouvelle déambulation contemplative, avant d’être brisée par la voix de Lee Ranaldo. Plus loin, une emballée, puis une pause, puis un torrent, puis une nouvelle clairière.
I Love You Golden Blueest une apnée dans l’espace, avant de refaire surface dans une prairie happée par la brise. La voix de Kim, plus ensorcelante que jamais, figure un chardon amoureux. Ce morceau sur la corde raide démontre une nouvelle fois l’évolution de Sonic Youth, sans rupture ici, juste en cheminement de traverse.
Peace Attackprolonge ce sentiment de plénitude, entre caillasse et buissons, comme une école de la sensation et du ressenti, une classe de nature à observer ce qui grouille et ceux qui volent.

Que vous inspire le récent et tragique épilogue de " Las Vegas Parano " (le suicide de Hunter S. Thompson) ?
Je ne suis pas sûr que " tragique " soit le mot que j’emploierais et ce suicide était pour moi tout sauf une surprise. J’ai plutôt le sentiment que Thompson était un homme justement jusqu’au-boutiste et déterminé à ne jamais faire de concessions. On aurait pu parler de tragique épilogue si son œuvre était devenue démodée et qu’il avait été réduit à apparaître dans des jeux télévisés et autres salons de l’automobile… pour monnayer sa célébrité.Et que pensiez-vous de ce "savant mélange" de fiction et de réel que l’on appelait " le nouveau journalisme " ou " journalisme gonzo " ?
Je ne suis pas expert en la matière, et je me suis pour le moins intéressé aux travaux sûrement les plus connus de Thompson ou de Tom Wolfe. J’ai néanmoins le souvenir de témoignages vibrants et surtout s’appuyant sur une expérience vécue, s’opposant en cela au mode d’expression journalistique de l’époque. En revanche, j’ai l’impression désagréable que ce mode de d’écriture et de pensée a involontairement donné naissance à toute une nouvelle génération de journalistes visiblement très préoccupés par leur agenda et par l’air du temps, et beaucoup plus concernés par les opinions ou les positions de tel ou tel, que par les faits… Voilà dans quel état éthique d’ignominie se trouve le journalisme actuellement aux Etats-Unis, sans distinction entre la gauche et la droite de l’éventail politique. Effets d’annonce et de crépitements de flash s’accompagnent d’un désintérêt total pour la vérité.Il semble que vous ayez dit un jour que c’est dans la fiction que se trouve la vérité et non pas dans l’histoire…
Le fait est que " l’histoire est le plus souvent écrite par les vainqueurs ". Tout dépend donc de quel historien vous lisez l’analyse, et surtout de sa propre interprétation de l’histoire. La vérité contenue dans un grand roman est en revanche universelle parce qu’elle renvoie directement aux sentiments. Quiconque s’est retrouvé par exemple dans la position de l’étranger aspirant au respect et à l’intégration dans par une société donnée peut alors comprendre ce qu’a ressenti Othello ; nul besoin d’être un maure ou un soldat, ou même d’avoir vécu au 16e siècle pour cela. Il suffit d’être humain. Une grande œuvre de fiction transcende le temps à travers ses personnages.Dans votre 5e volet des enquêtes du couple de détectives Kenzie/Guennaro (Prières pour la pluie chez Rivages), vous remontez une nouvelle fois à l’enfance du meurtrier pour expliquer son comportement criminel… ce travail sur le subconscient et sur les cicatrices du passé est devenu une véritable marque de fabrique ?
J’imagine que l’idée selon laquelle " tout ce qui est présent s’est construit dans le passé " est l’un des fils conducteurs de mes romans, bien que j’en aie rarement conscience quand j’écris… Il est pourtant à la mode aux USA de prétendre que l’on peut facilement "faire le deuil psychologique de quelque chose", c.-à-d. qu’il serait possible de faire de petits nœuds bien propres autour des traumatismes de notre passé et de passer à autre chose, comme si rien n’était jamais arrivé. Je trouve ce concept (closure concept en anglo-américain) complètement ridicule et il est évident que les événements irréversibles survenus dans notre passé ont une grande incidence sur notre construction d’Etre Humain sans que l’on puisse y changer quelque chose. Les répercutions sur notre psychisme atteignent des niveaux dont nous n’avons même pas idée, et surtout pas conscience au moment présent. Je trouve cela fascinant ; c’est l’une des raisons pour lesquelles "l’animal humain" est si intrigant et qu’il y a tant à écrire sur le sujet.Et l’on rejoint quelque part le thème de l’enfance maltraitée qui vous tient particulièrement à cœur…
Je crois que le personnage de mes bouquins qui me ressemble le plus est Sean Devine dans Mystic River, et si il est si chiant, c’est parce que je le suis aussi… J’ai franchement grandi dans une famille heureuse, tout en étant bien conscient que ce n’était pas le cas de la plupart de mes amis. Eux étaient souvent maltraités et venaient de foyers déchirés par la pauvreté et/ou l’alcool et les problèmes de drogue. Je rentrais chez moi pour saliver devant un bon dîner, ils rentraient chez eux pour se faire tabasser. De tous les amis avec lesquels j’ai grandi, nous ne sommes que trois à nous en être sortis avec une certaine réussite, et sûrement que nous en gardons un sentiment de culpabilité (à un certain degré comme Sean Devine) ; la culpabilité des "survivants". Et si nous avons pu nous "extirper de la masse", cela n’a rien à voir avec l’intelligence, une volonté farouche ou je ne sais quel talent, c’est uniquement parce que tous les trois nous venions de foyers solides et unis. Ce n’était qu’une histoire de chance en somme : nous avions gagné à la "loterie familiale" et point barre. Après l’université, j’ai été amené à travailler avec des enfants maltraités et j’ai retrouvé dans leurs existences ce que j’avais déjà vu en grandissant. Ça a fini de me dégoûter de la façon dont on les condamne à intégrer sans aucun espoir le monde des adultes, alors qu’ils n’ont même pas encore l’age de voter.James Ellroy expliquait en partie sa fascination pour la violence par l’énigme entourant le meurtre de sa mère (in Ma part d’ombre) ; comment expliquez-vous votre propre fascination ?
Je viens d’un monde quasiment merveilleux par certains aspects (…), même si sans aucun doute, ce monde était violent. Mais comme je viens de le dire, la violence ne m’a pas atteint personnellement. Disons que je m’y suis intéressé plutôt en tant que spectateur… d’autant que je ne suis pas une personne ultra violente moi-même. D’une certaine manière, j’ai été forcé d’intégrer et d’essayer de comprendre cette violence, simplement parce qu’elle m’entourait.Lorsque l’on travaille sur les origines de la violence, que pense-t-on de la profusion d’armes à feu disponibles aux USA, et des tragiques " faits divers " qui en découlent comme au lycée de Columbine ?
Une fois ouverte la boite de Pandore… il est bien sûr trop tard, et je crois bien les armes feront toujours partie de la culture américaine. La politique de la NRA (ndlr : lobby des armes aux USA) est néanmoins tout à fait révoltante puisqu’elle refuse que le moindre soupçon de bon sens s’immisce dans le débat, et particulièrement celui concernant les fusils d’assaut ou les armes automatiques, dont l’utilité m’échappe… Si vous avez besoin d’un AK 47 pour tirer un cerf, vous feriez mieux d’abandonner la chasse ! il n’y a simplement aucune justification morale au fait de détenir des armes automatiques si ce n’est pour ceux qui font respecter la loi. Ce qui est arrivé à Columbine va cependant bien au-delà du problème de la prolifération des armes à feu dans ce pays. Ces gamins sortaient tout droit de Fahrenheit 451, le bouquin de Ray Bradbury. Rappelez-vous sa description de ces bandes de jeunes quasi sauvages et désoeuvrés, errant dans la nature à la recherche d’ultra violence. Ils n’étaient pourtant ni pauvres ni abandonnés ! En revanche, ils avaient été élevés dans une civilisation privilégiant et exaltant l’apparence au détriment de l’Etre, la vie au jour le jour plutôt que la réflexion, le bruit plutôt que la communication… et au final, cet ersatz de bonheur engendré par la consommation ostentatoire : posséder tout ce que l’on nous a appris à vouloir et rien de ce dont on a vraiment besoin. Je pense que c’est ce genre de corruption intellectuelle qui, plus que tout, a engendré les "événements" de Columbine.Deux millions de personnes en prison aux USA, est-ce une bonne réponse à la violence ?
Bien sûr que non mais je ne suis pas certain d’avoir une solution au problème. Je pense que la diabolisation de l’usage de drogues a certainement conduit à un grand nombre d’incarcérations inutiles et évidement, que cette société crée elle-même les conditions qui conduisent certaines personnes au crime. Il faut néanmoins replacer les choses dans leur contexte et essayer d’avoir une vision transatlantique du problème. J’entend souvent lorsque je suis en Europe, des phrases qui commencent par " vous les américains… " et sans remettre en cause l’intention légitime de leurs auteurs, c’est d’emblée ignorer ne serait ce que la taille de ce pays. Un américain vivant à Boston est si différent d’un américain vivant pas exemple dans le Nebraska qu’ils se considèrent souvent comme des étrangers… si bien que cette phrase " vous les américains… " avec tout ce que cela sous-entend, n’a pas plus de sens que celle que j’emploierais en commençant par " vous les européens… ", demandant à un Français de m’expliquer quelque chose qui s’est passé en Allemagne… Notre pays est vraiment immense ; ainsi, en exceptant les facteurs dont j’ai parlé plus haut, je crois que notre population carcérale est relativement proportionnelle à la taille des Etats Unis.De part vos origines sociales, il semble que vous ayez un certain attachement pour la classe ouvrière, et à la fois vous ne lui faites pas de cadeau… par ex quand vous décrivez avec un certain cynisme l’atmosphère dans un stade un jour de défaite (in Mystic River) ?
En fait, cette scène dans le stade a surtout à voir avec la culture du sport en général et ne concerne pas particulièrement la classe ouvrière, ni même forcement l’Amérique au sens large. Cette idolâtrie entourant les vedettes du sport est vraiment un phénomène mondial. Pour ma part, j’aime bien le baseball ou le football américain mais je ne suis pas prêt à mourir pour mon équipe. Ce n’est d’ailleurs pas "mon équipe" mais plutôt des gens payés pour jouer… c’est pourquoi la mentalité des fans me fascine parce que si je peux la comprendre d’un point de vue conceptuel, son coté émotionnel me dépasse. Je peux difficilement assimiler le fait que quelqu’un veuille assassiner un joueur qui a manqué un but comme c’est arrivé il y a quelques années à Columbia, ni qu’une émeute se déclenche quand une équipe gagne ou perd un " gros match "… franchement, cela me déroute complètement. Je peux en revanche comprendre comment cette forme de divertissement peut entraîner le "travailleur moyen" dans un processus d’identification jusqu’à en affecter son état émotionnel. On pourrait ainsi dire que le sport spectacle est devenu le nouvel opium du peuple, et certainement un refuge pour tous ces gens qui ont le sentiment de n’avoir plus aucun contrôle sur ce monde qui leur échappe.Dans vos livres comme dans toute l’histoire du roman noir, se reflètent souvent les divisions sociales et/ou ethniques de nos mégalopoles, de plus en plus flagrantes aux Etats Unis comme en Europe… peut-on penser que le roman noir a depuis longtemps simplement intégré une certaine vison marxiste de l’histoire et de la lutte des classes ?
Certainement pas marxiste. Même si je crois vraiment que la plupart des conflits a effectivement quelque chose à voir avec la lutte des classes… les pauvres fustigeant les riches avec les seules armes qu’on a bien voulu leur laisser. Je pense néanmoins que le marxisme est une belle faillite idéologique. Intéressant philosophiquement parlant mais qui n’a jamais marché dans la pratique. En fin de compte, je suis partisan du capitalisme et de la démocratie. Bien que profondément imparfait, il semble que ce soit le meilleur modèle ici-bas. Il y a en revanche un problème quand le système est poussé à l’extrême, induisant une accumulation du capital pas forcement nécessaire à mon sens. Et là se crée une disparité plus que choquante entre des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres… je n’ai pas de solution à ce problème (qui est inclus dans ce modèle de société) mais je sais qu’il est vital de dénoncer ces vicissitudes autant que possible. C’est aussi pourquoi le roman noir tend à renaître en période de boom économique aux USA (50’s, milieu des 80’s et durant les 90’s). Alors qu’en surface, tout le monde est heureux et tout le monde s’enrichit… le roman noir lui s’intéresse aux exclus de la croissance qu’on préférait oublier lorsque l’on va à la banque, ceux qui ne deviennent pas riches, ceux qui ne sont pas heureux… J’ai toujours pensé que le Noir (ndlr : en français dans le texte), c’est la voix qui murmurait à l’oreille du patricien souriant : " non, tout n’est pas rose, loin de là ! ".Vous évoquez parfois avec une certaine nostalgie la fraternité qui régnait dans les quartiers populaires de votre ville (Boston), remplacée semble-t-il aujourd’hui par anonymat et individualisme farouche ; cela vous fait-il peur ?
Le bien et le mal ont toujours été présents dans la description que j’ai faite de l’atmosphère dans ces quartiers. Le fait est que les habitants des quartiers populaires avaient su préserver certains bons aspects de la vie communautaire des petits villages d’Irlande, de Pologne ou d’Italie. Une forme de culture transmise au départ par les histoires et les contes que l’on nous racontait étant gosses… et je ne serais probablement pas écrivain aujourd’hui si je n’avais grandi imprégné de cette tradition orale. Assimilées par la culture dominante en Amérique, ces traditions culturelles ont désormais perdu leurs particularismes irlandais, polonais ou italien. Et je trouve cela profondément triste que nous soyons tous devenus de fidèles "adeptes" des centres commerciaux, de la télévision stupide et des films grossiers. Nous avons vraiment perdu quelque chose d’essentiel, parés que nous sommes pour l’homogénéisation dans un environnement souvent insipide et ultra stérile, qui prône la surconsommation et le divertissement passif.Quelles sont les influences littéraires que vous vous reconnaissez et que lisez-vous actuellement ?
Les grands romanciers urbains américains (Americain urban novelists) ont été ma principale influence : Richard Price plus que quiconque, mais aussi William Kennedy et Hubert Selby, Pete Dexter, Elmore Leonard et James T. Farrell. J'ai aussi par ailleurs une liste de suspects habituels (usual suspects) : F. Scott. Fitzgerald, Dumas, Dickens, Graham Greene, Edith Wharton pour des raisons que je ne m'explique pas, ainsi que les nouvelles d'Hemingway et de Raymond Carver. Une longue liste variée à laquelle j'ajouterais Marguerite Duras, Gabriel Garcia Marquez, Don DeLillo, Toni Morrison et Stephen Crane. Sans oublier les auteurs de romans policiers que sont Ellroy, Hammet ou Jim Thompson et quelque uns de mes contemporains, particulièrement George Pelecanos et Michael Connelly. Voilà, j'adore les œuvres de fiction, c'est aussi simple que ça. En revanche, je ne lis pas de roman actuellement parce que je me consacre à l'écriture du mien depuis deux ans.Vous avez, je crois, prévu d’écrire sur la période des années 20 en remontant aux origines du mouvement syndicaliste américain… qu’en est-il aujourd’hui de ce projet ?
Oui justement, l’action de ce roman s’écoule entre 1918 et 1921 et je me suis restreint à lire des livres concernant cette époque : des histoires relatant la 1ere guerre mondiale ou le déclenchement de la grande épidémie meurtrière de grippe, ainsi que l’ascension des mouvements syndicaux et pour les droits civils. Le roman s’articule autour de deux événements : la grève des services de police à Boston en 1919 et la terrible émeute raciale survenue en Oklahoma en 1921. C’est une grande narration qui part un peu dans tous les sens, et centrée autour de deux personnages, l’un noir et l’autre blanc. Mais je suis un peu superstitieux et je ne parle pas trop de mon travail dans le détail avant de l’avoir terminé.Après Mystic River, verra t’on d’autres adaptations de vos livres à l’écran ?
Je ne sais pas encore. Wolfgang Peterson s'intéresse depuis un certain temps à Shutter Island (ndlr : son dernier livre chez Rivages) ; j'espère que ça aboutira mais je ne m'implique jamais dans les projets de film… si film il y a. On verra bien, en espérant j'imagine, que tout se passe pour le mieux.
The Good, the Bad and the Uglyavec quatorze guitaristes légendaires et un split avec Jimmy Page. Des collaborations brillantes à Los Angeles, avec Clem Burke de Blondie ou Arthur Killer Kane des New York Dolls et une collaboration prévue très bientôt avec Marky et Johnny Ramone. Sur son propre label, Disturbed, il sort et produit I Saw Elvis, Midnight Thunder Express, Wanda Chrome & The Leather Pharaos et Krackheadz. Il écume les scènes lors de quatre mois de tournée avec Ivan Julian (Richard Hell & the Voidoids), Bobby Steele (Misfits / Undead) ou Rocket From the Crypt, et travaille actuellement à l'enregistrement du
In Between Album. Cependant, cette énumération déjà longue serait incomplète sans la mention d'un autre événement phare dans la carrière de Sonny.
Primitive,
I See,
Dont tell me), écorchées à vif, sauvages mais extrêmement bien jouées et calibrées (
Welcome to the Nation,
Break it Down). Elles illustrent fidèlement le son et l'état d'esprit des premiers groupes punks, bien qu'elles dégagent toujours une fraîcheur indestructible qui les sauve d'être cloisonnées dans un genre (Stall).
Let get zoed out,
Crazy Lazy Jane) ou une bouleversante émotion devant le jeu de guitare maîtrisé, tranchant et inusité de Sonny (
Aw Ma).Ayant vendu son âme à Jimi Hendrix, baptisant au nom du son et du bruit un public tétanisé, il " violait " sa Lady Les Paul, plus qu'il n'en " jouait " faisant du son " sa matière à sculpter. " Comment tant de talent, tant de hargne et de fougue ont pu passer inaperçus ? Pourquoi les TESTORS ne font-ils pas partie des anthologies sur le punk au même titre que les Ramones ou les Dead Boys avec lesquels ils firent d'ailleurs une tournée fracassante en 1979 ? C'est qu'à la différence de bon nombre de " punks " de cette époque, ils ne bénéficiaient d'aucun privilège social, n'étant ni fils de petit bourgeois, ni même les Average Guys (américains moyens) chantés par Lou Reed dans The Blue Mask. Déjà à la base, Sonny Vincent, pièce maîtresse du groupe, était un gosse des rues new-yorkais, d'origine napolitaine, livré dès son plus jeune âge à lui même. Face à des non retours, il dut très vite abandonner ses rêves avec les TESTORS et se consacrer à d'autres priorités " incompatibles avec des choses aussi stupides que l'art ou la musique " (sic). Le groupe d'ailleurs n'avait pas de quoi s'investir financièrement dans l'enregistrement en studio et ne pouvait pas se permettre de perdre son temps à courir les maisons de disques. Mais nous pouvons faire abstraction de ce facteur social et affirmer que de toute manière les TESTORS ne se sont jamais situés dans une perspective commerciale. Sonny avait fondé les TESTORS pour lui-même et son groupe n'avait jamais envoyé de démos à des compagnies de disques qui ne leur inspiraient aucune confiance. " On n'avait jamais pensé faire un album et on ne s'est jamais rendus en studio à cette fin. Les rares fois où on l'a fait c'était pour voir comment notre musique sonnait. Habituellement, on faisait nos enregistrements nous-mêmes et la plupart des chansons proviennent de prises live. " Le seul moyen de survivre était donc de tourner et d'enchaîner les concerts, mais la réaction face à leur musique fut très négative. Ils furent interdits de concert au Canada et lors d'un show au Hot Club (un club de jazz) de Philadelphie Sonny fut emprisonné pour incitation à la bagarre !
Hey You, reprise plus tard avec une autre formation, SHOTGUN RATIONALE dans le magnifique
Roller Coaster, donne le ton :
Hey you, you talking down to me (.) A man, sleeping in the rain / Don't build castles made in sand. L'originalité de cette histoire réside aussi dans le fait que normalement le public assiste à une sorte de dégradation de la création : nous découvrons puis acclamons les premiers disques et petit à petit nous remarquons que ceux-ci deviennent moins bons ou moins surprenants. Avec Sonny, c'est l'inverse qui se produit. Il s'agit d'une position artistique spéciale, et qui, à ma connaissance, ne s'est pas produite ailleurs. Connu tout d'abord comme le guitariste (pendant 9 ans !) de Maureen Tucker du Velvet Underground, nous l'avons vu évoluer vers une carrière solo ou vers des formations plus ou moins convaincantes jusqu'à aujourd'hui. Et là, à 50 ans, le monde entier découvre son ouvre de jeunesse : les TESTORS ! La première fois que le batteur de Rocket from the Crypt a écouté les TESTORS, il a avoué que ça lui avait fait le même effet que lors de sa première écoute des MC5. Pour lui, ça a été une révolution, il les a trouvés incroyables tout comme ses acolytes John Reis (guitare) et The Notorious N.D. (basse), devenus de véritables fans. Cela explique pourquoi pour leur récente tournée américaine ils ont prié Sonny de se joindre à lui comme backing band. Cette tournée a eu lieu après six années d'absence de Sonny sur la scène américaine, puisque sa dernière tournée avait eu lieu en 1997 en power trio avec Steve Baise (Devil Dogs) et Scott Asheton.
Le public connaissait les chansons des TESTORS par coeur, chantait. poussé d'une folie sauvage, brisant les verres partout, les lançant sur la scène. Le sol était jonché de tessons de bouteilles de bière . C'était un peu comme dans les années 50 lorsque les kids excités balançaient les chaises ! Les flics ont débarqué !! C'était incroyable et chaotique, le meilleur concert de ma vie !!. Los Angeles : Turbonegro qui y avaient fait un show la veille faisaient partie de son public. Ils n'en revenaient pas et l'ont ovationné. Des fans musiciens lui envoient des disques avec des reprises et le 2 mars dernier à Paris il bouclait sa première tournée à l'Espace B, avec les Sonic Reducer en première partie reprenant savoureusement
Don't tell me. Pour un authentique artiste n'ayant jamais eu besoin qu'on lui fasse de publicité, il n'existe pas de plus beau compliment que celui d'un public le découvrant par lui même, qui achète ses disques et l'apprécie de sa propre initiative.
Les Ramones avaient un publisciste. Quelqu'un qui travaille chaque jour, toute la journée pour vous promouvoir. Vous leur filez 2000 euros par mois et ils sont constamment à la recherche de magazines, d'émissions télévisées, de radios pour vous. Et tous les gens comme Bon Jovi, Britney Spears, U2 ont un agent de publicité. Et en définitive, ce que l'agent essaye de faire c'est de faire en sorte que le public vous connaisse, que le public vous aime.Même Iggy Pop, au tapis par K-O métallique, embaucha un manager et un publisciste !!
Prend par exemple quelques groupes vedettes comme The Vines ou The Strokes, Rancid, Offspring, des jeunes kids épaulés par des compagnies de disques, des majors, qui pensent qu'ils ont bonne allure, qu'ils sonnent bien. Qu'est-ce qui les domine en définitive, mis à part le " music business " ?Effectivement, on se le demande ! Cependant, bien qu'aujourd'hui tout disquaire US digne de ce nom ait les TESTORS dans ses bacs, et que toute une nouvelle vague de jeunes punks arbore le cuir au nom du groupe, leur anonymat encore quasi total en Europe et surtout en France relève d'une scandaleuse ignorance. Je ne veux pas jouer le rôle de "publiciste" mais rendre hommage aux TESTORS qui étaient spéciaux et à Sonny, un artiste résolument à part. D'une forte conscience éthique et politique illustrée sur ses pochettes par ses récurrentes citations de Noam Chomsky, il démontre qu'on peut être une véritable icône du punk tout en étant cultivé et d'une sensibilité hors du commun :
J'ai pleuré tout seul dans mon van pendant 500 km en pensant à ce monde.un monde où un bébé est assis à côté de sa mère morte dans une petite maison en Afrique.une larme de l'enfant coule le long de sa joue tandis qu'il est assis, tout seul, à côté de sa mère inerte, gisant là, morte, parce que la plupart des compagnies abritent des gangsters, des pirates et des zombies sans âme. Elle est morte du sida et seulement 10 centimes par jour de médicaments lui auraient peut-être permis de vivre encore 30 ans. Je vis dans un monde de la sorte, un monde où l'esprit de Jimi Hendrix ne peut plus frôler le sol en marchant. Je ne peux pas supporter la pensée que cet été sous un ciel bleu, les gens avec décadence vont profiter de leurs pique-niques, profiter de leurs boissons fraîches et du gazon vert tout autour d'eux, de leur tranquillité, de leur bateau à voile. En attendant, je peux seulement savoir en pleine connaissance qu'à cet instant un petit enfant regarde sa mère morte et il ne sait pas pourquoi. Moi je sais ! FTW.(SV, 17/06/03)

Unrelated Statements- Low Impact
Medication. Rien à voir musicalement avec le
Medicationdes STANDELLS, mais je doute que la référence puisse être fortuite.
Girl I threw awaydes KNAVES. Pas moins.
Another turnest tout simplement un chef d'œuvre du genre. Parfaitement composé. Parfaitement joué. Pareil pour
Nice guys finish last(assertion à laquelle je souscris totalement et qui est à la base de tout ce que représente le Rock'n'roll à mes yeux ...) et une paire d'autres qui sont aussi totalement maîtrisés.
Medicationdont on parlait plus haut pourrait faire de l'ombre au tout meilleur d'un Freddy Fortune. Qualité d'enregistrement comprise. Même patte bien nerveuse. Même talent pour les mélodies et le ton juste. Ils sont forts.
Please leave a message. Pareil. Avec un guitariste à mettre la banane à tous les fans de Chuck Berry. Sur
Odd socks, ils trouvent le moyen de teinter leur mixture de blues/R'n'b comme l'entendaient certains anglais en 1975/76. Sur les plates bandes d'un REIGNING SOUND qui connaîtrait sur le bout des doigts son abécédaire des mid-sixties.
You for presidentpuis
Another turnet cherchez la faille. Juste pour voir. Ca enchaîne ballade moody (
Taste of tears!!!) sur coup de nerf blindé de fuzz. Tout ça devrait vous propulser tout droit chez le disquaire. Histoire de donner tort à ceux qui chantent
Nice guys finish last. Pour une fois. Ça serait cool non ?

Forever Changesfut ainsi joué, confirmant la richesse et l'éclatante intemporalité de ces morceaux d'équilibriste lunaire et inspiré. Ce soir là, on souhaita en choeur le " happy birthday to you Arthur " au king qui venait de déployer sous nos yeux et dans nos oreilles son royaume en forme de cour. Et tans pis pour ceux qui ne croient pas au contes de fée, ce samedi d'hiver au Loft, l'Amour à bel et bien triomphé, dans une gerbe d'harmonies électriques, sauvages et pacifiées.
sowing the seeds of love.

In Terms Of- Teen Sound Records
In terms of.

Seven Easy Pieces- Rough Trade
Insane Asylum(originellement un duo WILLIE DIXON / KOKO TAYLOR, plus récemment gravé par OXBOW avec MARIANNE FAITHFULL). Il semblerait que l'accueil du public briton ait été quelque peu, disons, froid pour les dates que le groupe a faites là-bas pour la sortie du Cd. Les COBRAS se vengeront sans doute de l'affront en mettant le feu à l'Espagne à l'occasion d'une mini tournée en compagnie des HENTCHMEN et des PAYBACKS.

Anarchy in Paris, qui sort sur le label Acute Records en janvier. Il s'agit d'un CD simple, avec environ 10 morceaux de moins que le CD français. Pas très exhaustif, mais idéal pour que le jeune public se familiarise avec METAL URBAIN, puisqu'il comprend l'essentiel des enregistrements studios et une sélection des meilleures démos. Je pourrais vous en raconter plus, mais j'étais malheureusement dans l'avion à ce moment là, et je n'ai donc pas pu y assister. Mais de toute façon, j'imagine que les parties de lancement, vous n'en avez un peu rien à foutre. non ?
Vous n'êtes pas autorisés a proférer des injures à l'antennenous prévient l'ingé-son.
On va jouer une chanson qui s'appelle 'Crève Salope', ca va passer ?lui demande Hermann Schwartz en anglais.
Aucun problème !répond l'autre, apparemment peu au fait des subtilités de la langue française. Pour cette session radio, le groupe joue un set efficace de 5 morceaux, et fini avec
Crève Salope, à la grande joie du public. Après la prestation, des dizaines de collectionneurs de disques font la queue pour se procurer le CD compilation.
J'étais tranquillement en train de m'acheter des vieux vinyls, dit l'un d'eux,
quand j'ai reconnu le son de METAL URBAIN. Je me suis approché, et c'était vraiment eux ! Comment pouvez-vous être reformés, et en train de jouer à NY en plus ? Je n'arrive pas à y croire !. METAL URBAIN remballe son matériel, et repart en camion dans les rues de Manhattan. La radio du camion est branchée sur WFMU. Nous entendons la speakerine noter qu'après la prestation du groupe, le standard à été assailli d'appel d'auditeurs surexcités.
C'est incroyable !dit l'un d'eux,
ce groupe ressurgit de nulle part avec 25 ans de décalage, et il sonne exactement comme sur les disques !. Inutile de dire que dans le tour-bus, le groupe à un sourire jusqu'aux oreilles... METAL URBAIN débarque ensuite au Tonic, un grand club avec un son caverneux, (les murs sont en béton armé et la salle entière est un grand écho). Après une balance rapide, direction l'hotel pour se reposer pour les uns, et un restaurant proche pour les autres. On se retrouve ensuite vers 23 h au club, qui, (ca devient une constante) est plein à craquer, et ceci sur deux étages (le sous-sol, avec des tonneaux de vin géant sciés en deux pour tenir lieu de salons / tables individuelles est du plus bel effet). Ce soir là, le groupe joue un set encore plus énervé que d'habitude. Remonté, Hermann Schwartz attaque sa guitare à grand coup d'accords saturés. Le groupe n'est pas en reste, Vott 100% Métallique depuis le premier jour, Charlie H sautant en l'air derrière ses machines, et Débris, monolithique, qui commence à développer un jeu de scène statique, mais fascinant, à base de poses distordues du plus bel effet. Une horde de jeunes américains chantent (encore) les hymnes a tue-tête devant la scène pendant tout le show. Après le set, ils viennent nous parler, et nous découvrons que certains on fait le voyage depuis Washington, Boston ou Miami pour voir le groupe ! Un fan plus âgé se répand sur nous en pleurant de bonheur
jamais de ma vie je n'aurais espéré voir METAL URBAIN sur scènenous confie t-il,
quand je vous ait découvert (avec l'album "Les Hommes Morts sont Dangereux"), et que j'ai su que le groupe n'existait plus, j'en ai fait mon deuil. Et vous voilà ressurgis de nulle part, et NY, en Amérique, avec le son et l'énergie intacts !L'homme, les larmes aux yeux, fait signer ses vieux vinyls, tout continuant à se pincer en se demandant s'il n'est pas en train de dormir.
Je pense qu'il va y avoir du monde à Montréal.me confie Charlie H dans le tour bus en début d'après midi, alors que la ville se profile à l'horizon. Il ne croit pas si bien dire. Nous retrouvons devant la salle Pat Luger en personne. Oui, LE Pat Luger, le guitariste principal de METAL URBAIN avec Hermann Schwartz, qui vit désormais Canada, et qui ce soir va rejoindre le groupe sur scène, achevant ainsi la réunion de quasiment tous les membres originaux ! Pat aujourd'hui -cheveux ras, tatouages recouvrant les épaules et les avant-bras, pantalon camouflage- a toujours gardé l'esprit rock'n'roll, et il va nous le démontrer ce soir. Après un accueil d'enfer des canadiens (décidément, les américains ont beaucoup à apprendre de ce côté là.), on prend un repas rapide dans un superbe pub situé en face de la salle. L'écrivain Maurice Dantec, grand fan de METAL U devant l'éternel, nous y rejoint ! Nous revenons à la Sala Rossa à 22h45, pour nous apercevoir qu'elle est pleine à craquer. 500 personnes sont agglutinées devant la scène, et le stand merchandising est dévalisé ! Ce soir les METAL U sont plus tendus que d'habitude. A 23h05 ils attaquent. Le son est énorme, le public, largement francophone, crie TOUTES les paroles et les choeurs en même temps. Dès que les premiers accords permettent de reconnaître le début d'un morceau, des hurlements hystériques montent de la salle. L'accueil est enthousiasmant, et les METAL U commencent à se détendre. Lorsque Pat Luger est introduit par Débris et branche sa guitare sur scène, ca devient carrément le délire : la salle entière se soulève. Pat Luger saute en l'air comme Pete Townshend à la bonne époque, le groupe aligne
50/50,
Paniket
Crève Salopepuis quitte la scène, tandis que les hurlements de joie retentissent dans la salle. Premier rappel,
Hystérie Connective, toujours avec Pat Luger. Le groupe quitte la scène à nouveau, mais le public en veut encore. Pendant 10mn, c'est l'hystérie collective, les cannettes de bière volent sur la scène vide, et les premiers rangs martèlent la scène, jusqu'à ce que le groupe réapparaisse ! Cette fois, Débris laisse le public suggérer le dernier morceau à jouer. Ce sera évidemment
Panik, un dernier pogo frénétique, avant que tout le monde se retrouve au bar. Dantec, remonté, vient féliciter le groupe, ce qui rassure les METAL - l'homme les a vu en 1978 et en 2003, il sait donc de quoi il parle ! C'est sur cette note enthousiasmante que j'ai repris l'avion pour Paris le lendemain, les cheveux en bataille, une barbe de 4 jours, et l'air hagard, mais rassuré.
Paris Maquisà
Crève Salopeen passant par
Lady Coca-Colaet
Snuff Movieou
Hystérie Connective. Parce que METAL URBAIN a confirmé, au court de cette tournée américaine, qu'ils sont restés l'un des plus importants groupes de notre époque.

Reflections- Turning Point
I've been trying) que de dévoyer une innocente chanteuse de Blue-eyed-soul (
Hold on, fantastique feu d'artifice Freakbeat, terme qui a probablement été inventé pour eux).
Progress(
Stop crossing the bridge) et la pop-psychédélique des MOVE (
Sugar love).
Tick tock, véritable machine infernale) ou de lui labourer le cortex à coup de guitare-Fuzz (
Hammerhead).
Reflectionscontient les 22 titres enregistrés par le groupe entre 1965 et 1969 et, vous l'aurez compris, fait preuve d'une diversité frisant le génie.

Truly She Is No Other- Damaged Goods
Truly She Is None Other, Holly Golightly bouquine sur un fauteuil, ses jambes gainées de résille sur l’accoudoir, les pieds chaussés de mules rouges.
Breakfast at Tiffany’s, film de 1961 signé Blake Edwards, sur une musique inoubliable d’Henry Mancini) fut d’abord à l’origine de Thee Headcoatees, groupe féminin qui enregistra une demi-douzaine d’albums, plus un best-of et un live, entre 91 et 99, dont
Girlsville, sorti chez Hangman (puis réédité chez Get Hip) en 91,
Have Love Will Travel,
Ballad Of An Insolent Pupet
Bozstick Haze, sur Vinyl Japan (92, 94 et 97).
Elephantdes White Stripes, en entonnant avec ces garnements
Well It’s True That We Love One Another, titre qui clôture ce grand disque secoué. Dans la foulée de la tornade des deux bruns aux bandes blanches, miss Holly allait-elle se voir ouvrir les portes du succès ?
Tell Me Now So I Know, léger comme une plume (Quentin Tarantino doit rêver sans le savoir de cette chanson chaque nuit …), charpentent cet album qui sent les couleurs chaudes et la bonne vieille classe céleste, hors du temps et des contingences à la con.

. qui reflétaient ce qu'on vivait, visaient droit dans les choses qu'on voyait, pensait, les mots des gens qui avaient droit à notre respect parce qu'ils écrivaient de l'intérieur sur l'extérieur, et non pas de l'extérieur, comme la plupart du temps. Pour nous, des gens comme Rotten, Strummer, Pursey et Weller étaient les plus grands auteurs, ceux qui produisaient une littérature qui nous parlait de nos vies.

The Best Of…- Sundazed
Vous vous appelerez les cinq Américains. Pour contrer la british invasion ! A prendre ou à laisser.
Best of, tous composés par le groupe, y compris cinq entrées dans les charts dont les excellents
I see the lightet
Western Unionmontés aux toutes premières places en 1966 et 1967. Au programme, harmonies vocales hyper maîtrisées (je ne vois que We the People pour prétendre les suivre sur ce terrain), Farfisa acidulé et mélodies implacables). Quelques coups de griffes quand même, le temps d'un
It's a crying shamequi renvoie au
Good timesdes Nobody's Children ou d'un
Don't blame mecarrément ravageur.
Letters, pictures and melodies(ultime croisement des Byrds et des Beatles de
Rubbersoul) aux 2 minutes 29 de bonheur bondissant de
Zipcodeest une expérience rare. Peu de groupes pourront vous la procurer.

Fiends of Dope Island- Vengeance Records
Big Beat From Badsville, et on ne savait pas trop ce qui se passait du côté des Cramps. Le premier signe de vie avait été la réactivation de leur propre label, Vengeance Records. Sans doute étaient-ils fatigués des bras de fer avec le music-business, et du jonglage incessant d'un label à l'autre (Outre Vengeance pour leurs deux premiers7', il y eut Illegal, New Rose, Enigma, Restless, Big Beat, puis Epitaph). Il s'en suivit la réédition de six albums, agrémentés de bonus tracks sur les versions Cd. Les choses ne devaient pas s'arrêter en si bon chemin, puisque l'annonce de ce nouveau Lp transparaissait au printemps dernier. Après quelques retards, l'objet atterrit enfin sur nos platines. ET DONC ? Pas de surprises fracassantes, il semblerait que l'on soit en présence d'un bon cru Crampsien ! Exit le bassiste SLIM CHANCE, le petit (!!!) nouveau se nomme CHOPPER FRANKLIN (la photo de groupe du verso valant même vraiment son pesant de bave de crapaud...), et se fond totalement dans le moule du groupe, tâtant même de la guitare sur un morceau. L'objet comporte 13 titres, 10 originaux et 3 covers (
Hang Updes WAILERS,
Tabood'ARTHUR LYMAN et
Oowee Babyde JERRY REED), et bénéficie peut-être d'un des meilleurs sons que le groupe ait pu graver jusqu'ici. Pas d'indication quant au lieu d'enregistrement, sinon que le mix est l'ouvre d'EARLE MANKEY. Les originaux portent la marque de fabrique, guitares trashy/50's, textes hantés ("The devil gave us Elvis / Drugs sex and Rock n' Roll / Greenbacks Fuzz and Feedback / Demonseed and Bansheehole" tiré de
Elvis Fuckin'Christou encore "Papa Satan Sang Louie Louie / I used to be a Human / But I don't Know Why"), IVY se laisse aller à tater du Theremin, tout le monde recycle une fois de plus le
Rumblede LINK WRAY sur
Color Me Blacket l'ensemble de l'album passe plutôt très bien. Une tournée européenne est prévue cet automne, la bonne idée serait qu'ils amènent les GORE GORE GIRLS dans leurs bagages, comme pour la tournée US.


Supper- Domino / Pias
The Magnolia Electric Co.- Secretly Canadian / Chronowax
Elephant- XL Recordings / Naïve
les Etats-Unis, c'est l'enfer, des assassins d'enfants qui veulent le pétrole et l'argent du pétrole !. Norbert roule à vélo, il s'en fout du combustible, mais putain, Mourad a raison, aujourd'hui l'Amérique craint pour de bon.
Blowin'In The Windsur sa gratte aux cordes oxydées.
Search And Destroy, Norbert enfourcha son fidèle deux roues à force motrice et, le sac entre les dents tel l'aigle volant, ramena son butin au creux de son nid. Rita l'attendait en zieutant The Maltese Falcon de John Buhston, avec Dick Cheney dans le rôle du vrai. Tout excité par son désir de vengeance face à la cruauté du monde, Viandox lança sur la platine un des trois cercles sillonnés.
The Doctor Came At Dawnoffrait en 1996 une magnifique croisière sur un vaisseau fantôme, une dizaine de morceaux obsessifs poursuivant un point fixe. Depuis Bill va mieux. Ses morceaux restent d'étranges expériences hypnotiques, un pied dans le vide au bord du ravin. Mais les fenêtres se sont ouvertes, l'air entre et gonfle le son et les voiles. Apaisé, Callahan s'étend dans l'herbe, regarde le ciel et, oh bonheur, celui-ci est clair et dégagé.
Supperaligne ainsi les titres à la fois tendus et sereins, profonds et chaleureux. Et Callahan de ressembler à un Lou Reed sans la grosse tête (de lard), un de ces artisans instinctif et lumineux qui, après avoir côtoyé les sombres profondeurs, se voit heureux d'être en vie. Subtilement produit, tout en détails cotonneux mais tranchants, cet album, le plus abordable, radieux et réussi de son auteur, est un bonheur de ballades bourgeonnantes. Et sur le magnifique
Our Anniversary, on croit même percevoir l'ombre génialement cossarde de JJ Cale. Après l'écoute de
Supper, Rita et Norbert se retrouvèrent béats, enlacés sur le sofa. [Smog] donne envie de se rapprocher, de partager la moelleuse chaleur qui émane des enceintes. Pour un peu, ils feraient un enfant, là, sur-le-champ.
The Magnolia Electric Co. Là encore, le projet d'un homme, Jason Molina, auteur-compositeur entouré de neuf musiciens et vocalistes. Produit par Steve Albini, cet album de Songs : Ohia est une extraordinaire épopée dans les terres sauvages et profondes de l'Amérique musicale. Des chansons ivres d'elles-mêmes se succèdent, puissantes et intemporelles, brinquebalantes et esquintées, déterminées à en découdre coûte que coûte. Les guitares s'embrasent, rappelant le meilleur Neil Young & Crazy Horse, pendant que tout s'effondre alentours. Une vue imprenable sur un paysage âpre et minéral dont la faiblesse demeure l'être humain, vaniteux mais ambitieux, blessé mais debout. Ce disque restera certainement confidentiel (groupe inconnu au nom à coucher dehors...) mais sa beauté et sa force, sa sincérité et son abnégation, offriront à ceux qui l'écouteront des frissons couleur révélation. Avalés par le canapé, Rita et Viandox ont vu la lumière ; c'est chouette. Après un tel choc, une pause s'impose. Bières et sandwichs pour nos héros de la vie quotidienne. Quelques rots et ça repart.
On joue qu'on dit qu'on serait les roi et reine du Neverneverland du rock.. Jack dans le rôle de Peter Pan et Meg dans celui de Wendy, plus miss Holly qui joue la fée Clochette. Les White Stripes sont devenus un phénomène en à peine deux années. Le rock'n'roll, donc le blues, trituré comme s'il venait de naître, habillé comme une poupée articulée. Mais Barbie est ici secouée ; elle redevient brune, picole dur et traîne délurée dans les rues mal famées.
Elephantdébute par un riff de basse joué à la guitare ; puis la batterie métronomique de Meg; puis la voix transpirante de Jack, déjà essoufflé. Et
Seven Nation Armyde sonner comme un classique instantané, parfait morceau d'intro qui vous scrute dans les yeux avant de vous balancer un bon crachat dans la face. La brèche est ouverte.
Black Maths'y engouffre au petit trot, sale, mal fagoté, pas peigné et furieusement électrisé. Cool et euphorisant,
There's No Home For You Herenous renvoie à la maison et offre au passage une leçon d'écriture psyché-rock à l'assemblée. Merde, trois titres et nous voilà déjà à genoux, perdu dans le temps et l'espace. Merde, il en reste onze autres !
I Just Don't Know What to Do With Myselfprend la suite, et nous voici bondissant à pieds joints, totalement crétins et heureux, sur le refrain d'un titre de Bacharach & David ! Puis Meg, féline en équilibre sur la gouttière, vient susurrer
In The Cold, Cold Night; sueur froide et pleine lune, on craque encore. L'album distille cette tranquille brutalité d'un bout à l'autre, distribuant claques et directs au foie, caresses et griffures. Une musique faite d'os et de sang, d'alcool et de lumière. Quelques bouts de tissus, un décor minimum, et les voici qui retapissent les murs de la grotte avec des peaux de bêtes sauvages. Stones, Cramps, Stooges. En 14 titres fulgurants et flamboyants,
Elephantavale, digère et recrache 100 ans de rock'n'blues'rythm'n'roll, avec ce son sans âge qui râpe et gratte.

Live and Uncensored- Dead Teenager / King Bee / Infect Records
Death Alley, produits par BILL STEVENSON, deux d'entre eux (
Let's Goet
Season of the Witch) ayant déjà été édités sur un 7' chez Safety Pin. Attention, la qualité sonore est bien meilleure ici !
Lunapark, premier disque d’un trio en forme de super groupe de l’ombre. Dean Wareham s’est extrait des cotonneux Galaxie 500, fascinant mollusque shooté à la bave du Velvet, avachi en flamme sur le canapé. Justin Harwood fut le bassiste de Chills, chercheurs de perles sous-marines en eaux néo-zélandaise. Stanley Demeski a tenu les baguettes au sein des cultivateurs lunaires que furent déjà les Feelies.
Lunaparkexpose ainsi les bases de l’univers de Luna sur terre : une douceur sachant se tendre et frôler la brisure, une flamboyance sans tapage, un romantisme dénué de niaiserie, en somme un bouquet de roses avec ses épines. Une musique de voyage pour bouffer de la route, des chansons qui défilent tels des paysages accueillants à la séduction immédiate, puis persistante. Luna joue léger avec la force de ceux qui n’ont rien à prouver, la personnalité trempée de préciosité tout en évitant les clichés.
Bewitched, à la production plus affirmée. Sean Eden – nom parfait pour se fondre dans un groupe au son paradisiaque – guitariste au regard bleu perçant et au jeu inspiré venant renforcer la troupe. En invité, Sterling Morrison, grand styliste dont ce fut certainement le dernier enregistrement, pose sa marque lumineuse sur
Friendly Advice, au cours d’un long solo jamais bavard, mais coulé, effréné et tranquille à la fois. La connexion avec le Velvet est évidente depuis les débuts du groupe et
Tiger Lily, délicieuse ballade claire obscure, en témoigne notamment ici. Velours ou soie, Luna ne s’habille que d’étoffes précieuses, tandis que les guitares virevoltent dans les airs, sans filet. Sur le premier album,
Slash Your Tiresnous éclaira des nuits durant ; sur le second, c’est à
This Time Aroundde répandre sucre mélodique et chaleur cajolante. Partout ailleurs, cette même nonchalance portée par un entrelacement d’accords fluides et subtils, soutenu par la rythmique aux aguets et la voix attachante de Wareham.
Bewitchedse déroule comme un rêve et, à la fin de
Sleeping Pills, atterrissage en douceur, on refait surface dans un lit perdu dans la ville. Dehors le soleil caresse les rues au ralenti ; on sort alors goûter au monde qui vit.
Penthouse. A l’image de sa pochette, sommet d’un gratte-ciel flottant dans la nuit new-yorkaise, cet album distille un doux vertige, la sensation d’un bien-être nocturne urbain. Le groupe a encore progressé et cette fois-ci, c’est Tom Verlaine, autre figure tutélaire du downtown turbulant, qui vient gratter ses 6 ou 12 cordes. De fantômes en mirages, du Velvet à Television, la musique de Luna est en totale apesanteur, à l’image de
Double Feature, course poursuite au ralenti – cool soul pursuit ? – au travers de rues illuminées.
Rythm Kingnous mène sur une plage de sable fin, tandis que
Freakin’And Peakin’nous offre une vision mouvante de la ligne d’horizon. Cachés en fin d’album, Dean et Laetitia de Stereolab, délivrent en français une version des bas-fonds du Bonnie & Clyde du grand Serge, avec violons psychotiques, percus vaudou et solo shooté à l’appui. Du grand art. New York, capitale mondiale de la geste pop ?
Pup Tent, avec l’arrivée de Lee Wall à la batterie. Le son est d’emblée plus musclé et nerveux, bien que toujours aussi aérien. Guitares noise, basse bourdonnante et cuivres saouls offrent à
Ihop, morceau d’ouverture, un coup de fouet en forme d’alcool fort. Tout cool et contemplatif qu’il est, Luna demeure un groupe aux nerfs tendus, prêt à partir en vrille.
Beautiful Viewscintille de toute part, les guitares enchaînées à deux ou trois traçant des perspectives majestueuses et racées, toujours vers le haut.
Pup Tent, le morceau, retrouve cette jonction entre rock souple et soul fiévreuse, finissant par s’étirer comme un serpent halluciné sous le cagnard.
Bobby Perudistille ensuite une mélodie en or, de celle que l’on suit les yeux fermés, tandis que
Beggar’s Blissnous arrache le cœur en douceur et
Tracy I Love You, parfaite pop’n’road song, nous fait parcourir plusieurs centaines de miles en moins de cinq minutes. Le reste de l’album est à l’avenant. Vu d’en haut le désert est plus beau … comme si Luna s’échappait de sa ville pour s’offrir une balade dans les cieux. Jamais les guitares du groupe n’avaient autant miroité, l’ensemble culminant sur
City Kitty, où la cinématographie panoramique de Luna se déploie dans une fièvre radicale.
Pup Tentsera donc pour moi l’album le plus percutant et directement jouissif de Luna.
The Days Of Our Nightsuit en 99, avec le même souffle épique, la même soif d’espace, peut-être un ton en dessous. Cependant, dès
Dear Diary, on retrouve ce son clair et minéral, puissant sans être pesant. Luna se permet même de mettre à poil Gun’s & Roses en reprenant
Sweet Child O’Mine. Luna ne connaît pas la graisse et le graillon.
Romanticaet une nouvelle bassiste, Britta Philipps, remplaçant Harwood, reparti s’installer au bord d’une plage en Nouvelle Zélande (« lucky bastard ! »). Et Wareham de devenir, dix ans après ses débuts, le seul membre d’origine du groupe. Fort d’un nouvel élément féminin, la musique de Luna en devient plus sensuelle, plus intime encore, le son plus rond et moelleux. La voix sucrée de Britta se joint à celle de Dean, annonçant leur escapade future.
Black Champagne,
Renée Is Cryingou
Mermaid Eyesdéploient de nouvelles mélodies irrésistibles, qui réchauffent en hiver et rafraîchissent en été. Cliché peut-être que ces mots, mais pas pour ceux et celles qui croient qu’un sourire ou qu’un regard peuvent suffire à emballer l’affaire, le tourbillon des sens irrigués se chargeant du reste. Et lorsque Luna ressort son fouet argenté sur 1995, on en reste extatique, en position allongée, le cœur et les chairs à vif. Au final,
Romanticaest peut-être le plus bel album de Luna, enivrant et familier, parfaitement dosé, les chansons produites et observées au plus prêt, avec amour et minutie. Les détails lumineux explosent et s’exposent ainsi sans bruit, et Luna n’a jamais été si délicatement habillé, si subtilement dénudé, son écriture restant comme d’habitude d’une classe folle. L’album
Romanticase clôt sur le titre
Romanticaet ce qui devait arriver arriva…
L’Avventura, avec la bénédiction de Tony Visconti à la production. La belle échappée pour dire vrai, tant cette lune de miel tutoie à nouveau les sommets. Sur les photos, Britta et Dean ressemblent à deux félins (pour l’autre, facile), deux chats de gouttières un peu abîmés et écorchés, mais à la classe intacte. Des reprises magnifiées de Madonna, Buffy St. Marie, Opal, Angel Corpus Christi, Silver Jews et des Doors. Le spectre est large, preuve d’un éclectisme unifié par l’approche sensible, subtile et sensuelle du duo. Britta et Dean complètent le tout en signant cinq autres compositions resplendissantes, dont
Your Baby, composé par Britta, qui nous mènent en des jardins fleuris où nous avons déjà croisé la vénéneuse Hope Sandoval. On flotte ici en plein pays des rêves, gracieux et intemporels. Distribué en France depuis quelques mois, cet album mérite les honneurs qu’il n’aura certainement jamais, tout comme ceux de Luna. Tant pis pour les sourds. Signalons que Sonic Boom, ex Spacemen 3, a réalisé un Ep nommé
Sonic Souvenirset comprenant six remixes de cet album. Un second recueil de duos, toujours dans la lignée émoustillante des Nancy & Lee ou Serge & Jane, devrait voir le jour en 2005. En attendant, le prochain album de Luna,
Rendez-Vous, devrait débarquer à l’automne ; de quoi prolonger de quelques siècles cet Indian Summer, sincère et sophistiqué, impeccable comme un costume de Monsieur de Fursac, qu’ils nous offrent depuis plus de 12 ans.
Tout en flânant, je goûtais tout simplement le plaisir d’être dans le centre de New York un soir d’été. Qualité incomparable de cette ville, monstre sacré entre toutes les autres, que cette effervescence domptée sans être étouffée, presque léthargique, tant elle est contrôlée et rythmée.
Sylvia, magnifique roman de Howard Fast.
Sylviaconte l’histoire d’une quête ; l’enquête du détective privé Alan Macklin , chargé par un milliardaire de reconstituer le passé d’une femme qu’il veut épouser. De Los Angeles à El Paso, de Pittsburgh à Broadway, Macklin va rencontrer les individus ayant croisé le chemin de Sylvia, immanquablement marqués par elle. Mack, ancien professeur d’histoire, tombera amoureux d’une belle femme qu’il ne connaîtra dans un premier temps qu’au travers de témoignages dressant le portrait d’une femme libre et décidée, indomptable, muse d’un homme qui cherche son présent par le prisme d’un passé.
Spartacus, porté à l’écran en 1960 par Stanley Kubrick.
Sylvia, signé sous le pseudo d’E.V. Cunningham pour cause de chasse aux sorcières, est son plus beau roman, envoûtant et touchant, juste ; à lire absolument.

Wigged out Sounds- Get Hip Records
To my sideet
Shattered.

Disco Still Sucks- Get Hip Records
Psychoà la place des SONICS et faire fondre un Super-Beatle. Justement.
Psychodéfinit le concept de 60's Punk. Ni plus, ni moins. Elle contient le break de guitare le plus infernal jamais gravé sur un disque. Un déchirement de Fuzz à vous décoller les membranes. Du pur plaisir. De l'énergie en barre.
Hey Joe,
Louie, Louieou
Psycho. Ou alors pour ramener
Til the end of the dayou
Tobacco Road, c'est dire ! Peu de compos, des reprises de classiques...

Downbeat and Folked Up- Screaming Apple
Downbeat and Folked upn'a pas seulement un son. Aussi bon soit-il. Il y a aussi 14 titres. Folk-punk et plutôt d'ailleurs Beat-punk au regard de l'énergie déployée. Cette dualité est l'une des forces de l'abum. Elle en fait la variété.
Now it's your turn to cryqui mélange la fuzz la plus ébouriffée gravée sur cire depuis
Train kept a rollin'des PRECIOUS FEW et un parfait refrain Moody/Folk.

Outasightenvoyé sec avec l'aimable participation du chanteur des Datsuns, Rick Sims est absent ce soir (et sans doute pour le reste de la tournée) pour cause de paternité imminente !
Newburgh Housewivesapproximatif malgré la bonne volonté des combattants. Comme le confessera un Darren dépité que nous retrouvons au stand de merchandising des Strippers, il s'agit sans doute du pire concert que les Gaza aient jamais fait. L'absence de Rick (due à l'arrivée prématurée d'une paire de jumeaux), assortie d'une succession de plantages et d'une explosion d'ampli, ont réduit à quinze balbutiantes minutes le set cohérent qu'ils avaient échafaudé avec l'appui des Datsuns et de Strings des 'Copters (qui aurait dû faire aussi une paire de morceaux).
You are Nothing,
1995,
Soul Seller,
(Gotta get some Action) Nowen premier rappel), un
Toys and Flavoursexcellent,
Move right out of herequi sonne enfin comme il devrait.
Ok, this one isn't one of ours, I know you like this one, this is called 'Search and Destroy'.". Le morceau est asséné devant une salle comble, où l'on frise les 60 degrés, chantant en choeur les paroles d'un bout à l'autre du morceau !

There must be something about gathering in a basement when you could be selling dog food and plastic spoons at the local supermarket. Nourris notamment d'influences anglaises et sixties, Carole (orgue et chours), Marc (voix), Nicolas (guitare) et Pierre (batterie) affichent une farouche personnalité, assurance et cohésion. Tout en spirales tournoyantes, l'orgue de Carole mène la danse et l'on s'attend à voir débouler sur scène la féline Emma Peel moulée dans le pelage en cuir noir de Catwoman. Et ce ne sont pas des titres comme
Still Tryingou
Pretend, bâtons de dynamite aux deux bouts allumés qui font leur trou en s'incrustant dans la tête, qui risquent de calmer nos ardeurs. C'est cependant lorsque la guitare de Nicolas prend plus d'ampleur que le son d'ensemble gagne en relief électrique. Punk, garage et psyché, la musique de Jr. Merill se déguste bien secouée et un peu cramée. Un rappel surprise récompensera leur performance accrocheuse et déterminée. À visiter, le site web du groupe, coloré et bien balancé : junior.merill.free.fr. À guetter, un album 6 ou 7 titres à paraître en cd digipack et, peut-être, en vinyle, support approprié pour ce son qui gratte et fuse - fuzz.

Powerglide- Freakshow Rds
Parts Unknowna déboulé comme un météore, ravissant les fans du Detroit Sound. Trois ans ont passé, avec peu de nouvelles, sinon quelques dates éparpillées (notamment par chez nous en support-act de Zen Guerrilla et des 'Copters), jusqu'à ce nouvel album.
Powerglideest tout à fait à la hauteur de son prédécesseur. D'entrée, les craintes sont vite balayées,
Ready to ballreprend les choses là où le groupe les avait laissées en 1999, rythmique groove, guitares dans le rouge et la voix de Scott Morgan est toujours aussi pénétrante de soul. Sept covers du SRVB, sept originaux inspirés, une paire de ballades à pleurer, et le contrat est plus que rempli. En attendant de les (re)voir sur scène, le label anglais Sweet Nothing sort prochainement
Fluid Drive, un mini album 6 titres enregistré live à Fribourg (Suisse). Big B

Look What I Made Out of my Head- Big Beat

Quelles sont les villes ou les pays où vous avez tourné cette fois-ci ? Et où est-ce que pour toi le public s'est montré le plus enthousiaste ?
Nous avons commencé au Festival de Roskilde au Danemark, ensuite nous sommes retournés à Amsterdam via Paris (Le Nouveau Casino) et Bordeaux (Le Zoo Bizarre), puis en Espagne (au Azkena de Bilbao, dans le pays Basque), un show à Lisbonne au Portugal, retour en Espagne via Barcelone (The Magic) et Montpellier. [Scott Morgan me précise qu'ils ont décidé de rester à Montpellier et d'annuler leur passage à Rennes, dommage ! Le lendemain en remontant ils ont essayé de trouver un coin pour rester en France mais tous les hôtels étaient complets à cause du 14 Juillet ! J'en profite d'ailleurs pour faire passer le message de Scott qui aimerait beaucoup produire des groupes français ou européens (me contacter) ] Ensuite nous avons eu une route d'enfer pour nous rendre à Uppsala en Suède où nous étions la vedette du festival Barbarella. Cela nous a pris deux jours pour l'aller et deux jours pour le retour !!! Mais on s'est bien marrés !! Juste le temps de repasser à Amsterdam et nous sommes partis pour Londres. Pour ce qui est de l'enthousiasme...l'Espagne est de loin la meilleure, mais la Suède aussi a l'air de bien nous apprécier. Mais bon, en général les gens ont été super sympas et encourageants partout en Europe.Combien de temps avez-vous passé en studio pour l'enregistrement de "Powerglide" ? Et pour toi, qu'est-ce qu'il a de mieux par rapport au premier ?
Le tout, enregistrement et mixage, 5-6 jours. Nous avons réalisé quelques sessions avec les choeurs, et encore une fois comme dans le premier album avec la section cuivres d'Amsterdam HECTIC HORNS. Ils sont vraiment bons ! Ce qu'il y a de mieux maintenant, c'est qu'il y a encore plus de cuivres et des choeurs féminins.Sur la pochette de votre premier album -, que j'ai scrutée à fond ! - j'ai remarqué que c'était toi qui l'avait mixé, que fais-tu d’autre ?
Oui, et je produis aussi mon autre groupe THE NITWITZ ainsi que d'autres groupes locaux.Comment travaillent les Hydromatics sachant que toi et Théo êtes à Amsterdam et que Scott et Andrew sont à Détroit ?
Nous avons pensé que nous devions capturer en studio les bandes contenant des morceaux que le Sonic's Rendez Vous Band n'avait jamais enregistrés et qui avaient été composés et écrits dans les années 70 par Scott et Fred 'Sonic' Smith. Les nouveaux morceaux des Hydros sont presque tous de Scott même si j'ai contribué à la recherche de mélodies et à quelques arrangements. Avant que Scott et Andrew nous rejoignent ici, nous échangions des enregistrements par e-mail, on avait ainsi une idée de ce que nous allions enregistrer. Après, évidemment, nous avons dû tout préparer.Quand on regarde les deux pochettes de disque (vinyl) nous avons l'agréable surprise de ne pas trouver dans le dernier - contrairement au premier - de f*uckin code barre, mais moins sympa, il n'y a aucune indication des crédits. Dans "Parts Unknown" chaque morceau est décrit très précisément, peux-tu m'expliquer pourquoi ce changement de "concept commercial" ? Et pourquoi ne pas avoir sorti votre second album chez White Jazz comme le premier ?
Le second album (vinyl) chez Cargo s'est vu le droit d'être distribué par Freakshow sans que nous en sachions rien. Nous n'en avons pas vu un centime !!! On a même dû payer les copies qu'on a pris avec nous pour la route. Pour moi c'est un bootleg (pirate). Il n'y a aucun crédit pour les musiciens et aucun crédit pour les auteurs des chansons. De cette manière ils se sont dispensés du paiement de droits d'auteur, qui naturellement devaient revenir à Scott. L'industrie du disque est le business le plus crade qu'on puisse imaginer. Tout le monde se fait du pognon, sauf le groupe !!! Quant à White Jazz, ils ont vendu toute la boîte à une autre. Je ne suis pas sûr que ce label existe encore et surtout, ils ne nous ont plus rien demandé ...Parle-moi un peu de toi, où es-tu né, dans quelles villes as-tu vécu, y-a-t-il une ville où tu rêverais de vivre ?
J'ai 39 ans et je suis né au Danemark, mais j'ai vécu toute ma vie à Amsterdam, ce serait chouette de vivre en Espagne !!!Tu as joué de la basse pour Sonny Vincent, mais tu as aussi une superbe gratte Gibson 'Les Paul', rêves-tu d'une autre guitare ou bien celle-ci te convient très bien ?
Pour moi, elle est parfaite, très heavy, avec un son très solide, je l'adore. Mon autre guitare est une Mosrite 1965 que j'aime beaucoup aussi.Tu as joué avec Nitwitz et Hydromatics, mais avec quels autres groupes encore ? Et avec quels musiciens "super connus" à part bien sûr Nick Royale, Scott Morgan et Sonny Vincent as-tu travaillé ?
Les autres groupes avec lesquels j'ai joué sont BGK, Loveslug et Vim. Sinon, j'ai aussi joué avec Spencer P. Jones des Beasts of Bourbon.Ah ouais...j'adore ! Est-ce que la Hollande est un bon endroit pour ta musique et que penses-tu de la situation dans laquelle se trouve la musique en Europe ? Quels sont les groupes que tu aimes bien en ce moment et quel a été ton déclic quand tu étais ado ?
Absolument pas !!! ..et la situation est en général... terrible !!!!! D'un point de vue personnel, les groupes que j'aime bien sont des potes, F.I, The Felchers, Hellacopters, Turbonegro. Quand j'étais ado (à la fin des années 70), j'écoutais surtout les Ramones et les Stooges.Mais dis-moi, comment as-tu formé les Nitwitz, dis-moi en plus sur ce groupe, et Théo, comment l'as-tu connu ?
Dans cette ville (Amsterdam) c'est quand même un peu dur de ne pas connaître un mec comme Théo. J'ai formé THE NITWITZ en 1978 et nous avons splitté en 1982... A cette époque nous étions le plus grand groupe punk hollandais !! Nous avons sorti un bon paquet de disques notamment chez Bronco, Safety Pins mais aussi un album chez Get Hip "Dark Side Of the Spoon". Puis, en 1996 nous nous sommes reformés mais maintenant nous sommes le plus petit groupe de Hollande, ha ha,!!Quels sont les projets de Nitwitz ?
En ce moment nous sommes en studio, nous enregistrons un nouvel album... et je bosse aussi justement sur notre tournée qui pour diverses raisons ne durera peut-être que deux semaines... On commencera à traverser la France sûrement mi-octobre via l' Espagne et dans le sens contraire deux semaines après, j'ai hâte d'y être ! Mais bon, c'est un peu confus en ce moment ! Mon ami Laurent [Van Bouvelen] essaye de nous trouver quelques shows en France, mais il paraît que c'est un peu dur...Mais notre concert à Montpellier est confirmé, il aura lieu le 4 Novembre.Ouais!!! Cool !! Mais bon, n'empêche que c'est vrai ce que te dit ton pote Laurent ! En France et en Europe en général à part des résistants, cela devient chaque jour de plus en plus dur pour le Rock et les Rockers ! Et c'est encore pire, maintenant avec la montée en flèche de la droite ! Les gens en France écoutent vraiment beaucoup de merde, et puis les concerts sont souvent organisés par des associations qui doivent se par- tager le planning des salles de concerts avec des tas d'autres assos... Mais bon c'est le moment de lancer un appel à tous ceux qui veulent donner un coup de main à Nitwitz ! (N'hésitez pas à me contacter si vous avez des possibilités !!)
Ce serait très cool ! ! Thanx a lot !
Who do we think you are- Vinyl Japan
Chapter two) pour retourner ensuite taquiner CREAM et HENDRIX (
A new religion) et vous sillonner le cerveau à coup de Fuzz-tone.
Sixty six) et ballade intimiste poignante ponctuée d'orgue Hammond (
Half a mirror),
Who do we think you are(Vinyl Japan), est une putain de réussite. Un truc qui vous réconciliera avec la vie les matins de grisaille et vous propulsera au coeur de la cité le weekend venu. Implacable.

A Lot To Forget- R&R Inc.
A Lot to Forget, cinquième album en dix ans d'existence de ce trio originaire d'Atlanta, séduit et enchante sans pose ni calcul. En 15 titres et une trentaine de minutes, the Subsonics déroulent leur rock têtu et mélodique, obstiné et décontracté.
I will walk alone, complainte altière au regard embrumé ;
Chase you back under my skin,
They can't put you back,
You've got it all hid(petite soeur, si je ne fais pas d'erreur et notamment en ce qui concerne l'intro, du
Old worlddes Modern Lovers) et
I can't get out, modèles de chansons fières qui tracent la route en ligne droite, tenaces et tête en l'air ;
Live on the moon, ballade badine et rêveuse ;
Double crosser, arabesque obsessive un peu bourrée.


Lune sanglante,
A cause de la nuitet
La colline aux suicidés. En toile de fond, le Los Angeles des sixties avec le début de l'engagement militaire américain au Vietnam (64) les émeutes raciales de Watts (65)... jusqu'à l'anéantissement du parti des Black Panthers, le commencement des années LSD et du rejet de "l'american way of life"... A l'époque chaotique et complètement démythifiée, personnages chaotiques, troubles, voire tarés jusqu'à la moelle. Du roman noir cauchemardesque histoire de passer l'hiver, et bien avant la "mode" concernant les serial killers. Les héros ne sont pas seulement fatigués, ce sont tous des névropathes sans foi ni loi. Si Ellroy admet avoir été influencé par Chandler ou Hammet, force est de constater qu'il conduit le roman noir jusqu'à son paroxysme. Ses mises en scène sont ultra complexes, son style heurté, quasiment épileptique et ses images souvent à la limite du supportable, parce que renvoyant à une rare violence le plus souvent malsaine. Le lecteur se retrouve pris au piège d'un engrenage infernal entre le bien et le mal, une mise à nu, à feu et à sang de psychés toujours plus déglinguées, dont il ne peut sortir indemne. Lâchée la meute de chiens enragés, lire Ellroy relève parfois du masochisme. Pas le temps de reprendre son souffle avec la parution d'
Un tueur sur la route, un bouquin pourtant écrit sur commande, mais qui fait froid dans le dos. On découvre en l'espèce une description méthodique de l'itinéraire d'un tueur en série, " vu de l'intérieur " James Ellroy devient alors le " chien démon " (mad dog) de la littérature américaine lorsqu'il s'attaque au quatuor de Los Angeles. Retour dans la cité de son enfance, avec en premier temps, un livre pour exorciser l'assassinat de sa propre mère :
Le Dahlia Noir. Suivront
Le Grand Nulle Part,
L.A. Confidential(porté à l'écran par Curtis Hanson) et
White Jazz, un roman au style quasi télégraphique. Le cadre est donc toujours Los Angeles, mais dans les années 50 avec Hollywood en Technicolor et la chasse aux sorcières (maccarthysme). Les flics sont racistes à souhait, les politiciens largement corrompus, les gangsters sans pitié, les stars totalement dépravées, les tueurs psychopathes et les victimes dopées (...). Ellroy filme en gros plan la face cachée de l'Everest hollywoodien qui pue la mort et les combines. De là à penser que Mickey était en fait un dangereux pédophile, il n'y a qu'un pas, ou qu'un bouquin. Provocation ? sans doute, fiction ? sûrement ; on ne peut cependant s'empêcher de penser au fil des pages, que cette époque bénie des dieux et des médias du monde entier recelait quelques réalités insoupçonnées et (ô combien) inavouables.
Underworld USAdont le premier volet
American Tabloïdparaît en 1995. L'action débute avec l'arrivée de Castro au pouvoir dans l'ancien "bordel de l'Amérique" (Cuba) et se termine provisoirement en novembre 63 avec un J.F.K. criblé de balles. Entre temps, la dynastie Kennedy est désacralisée, la CIA démasquée et la statue de la liberté défigurée. Jamais en effet l'on aura dépeint avec une telle férocité verbale cette Amérique interdite si peu conforme aux "bonnes moeurs", celles-là même prônées hypocritement par la moral majority, fraîchement revenue aux affaires aujourd'hui. En définitive et bien qu'il se proclame volontiers conservateur... Ellroy s'attaque à tous les mécanismes souterrains du pouvoir. Sans doute est-il pourvu d'une personnalité double à l'instar de ces personnages, Mr Ellroy & Doctor James, fascinés ou dépités par ces tuteurs de la nation qui se livrent dans l'ombre à un jeu de dominos, où tous les sales coups sont permis.
Je ne crois à la défense des opprimés. La vérité se suffit à elle-même. Je ne me leurre pas, mes livres n'ont jamais eu un quelconque impact social(extrait d'interview dans Polar spécial Ellroy, chez Rivages comme l'intégrale de ses romans). Reste que son phrasé incisif continue à faire des siennes et quand il mitraille les mots, c'est avec tout sauf de la poudre aux yeux.
Une des grandeurs du polar, c'est de décrire un maximum de faits en un minimum de mots. Il permet aussi à bon nombre d'auteurs de franchir les encombres, les passerelles qui relient fiction et réalité sociopolitique d'une époque, aussi noire soit-elle. No one is innocent et comme dirait Lydia Lunch :
Ce sont tous des putains de coupables. (dans
Paradoxia, journal d'une prédatrice/ le Serpent à Plumes).
The cold six thousandque l'on peut traduire par " caisse noire : six mille dollars ") paraîtra effectivement le 20 mars prochain. Un titre bizarrement destiné au numéro 4 de la série Lloyd Hopkins jamais paru, et dont l'action couvrira la période 1963-1968 avec moult pérégrinations entre Dallas et Las Vegas...


The Sidelong Glances of a Pigeon Kicker- Mushroom Pillow
Tea and Sympathyvraiment trop sirupeux à mon goût. Beaucoup d'excellentes choses, en particulier
Barnaby Slade,
Octopuset
Sundayaux mélodies imparables,
Look at mequi est un assaut permanent de power chords presque Mod 1979. Au total, une succession de tableaux de l'Angleterre de nos rêves (fantasmes ?) Celle du Carnaby Street de 1968, des SMOKE, de Ray Davies, du LSD, des trains à vapeur et des pavés brillants. Une réussite.

This Condition is Incurable- Bad Afro
Get Hooked!, et semble un peu moins percutant, malgré quelques éclairs comme
It is Timed'entrée de jeu, ou encore la cover de DMZ
Boy From Nowhere.
Headin' for Texas Borderdes Groovies ne sert absolument à rien, sinon à un remplissage mal venu. On sait maintenant que ces affreux sont capables de beaucoup mieux que çà, et ce nouvel album semble être un coup pour rien.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, peux-tu nous faire un résumé de l'histoire du groupe ?
Mark et moi nous sommes rencontrés en 1991 alors qu'on bossait au club du coin. J'ai rejoint le groupe dans lequel il jouait, et qui s'appelait Mach Turtle. Deux ans plus tard, nous les quittions pour fonder Zeke. A cette époque, Dizzy était à la basse. Mark Pierce (basse) nous a rejoint pour quelques temps, avant de repartir rapidement, ce qui a fait que Dizzy est alors passé à la guitare avant de reprendre à nouveau la basse. Nous avons ensuite trouvé Kurt quelques mois après avoir enregistré "Supersound Racing", ce qui fait que Dizzy a repris la guitare ! Un an et demi et deux tournées plus tard, Dizzy est parti, et Sonny est arrivé. Sonny et moi étions potes depuis longtemps, nous avions joué dans un groupe ensemble des années auparavant. Nous avons continué à tourner sur notre premier album, galérant en gagnant peu d'argent, voire pas du tout. Kurt en a eu marre, et s'est tiré avant que nous ayons fini l'enregistrement de "Flat Tracker". Mark est revenu, et a enregistré une grande partie de "Flat Tracker", ainsi que "Kicked in the Teeth" et "Dirty Sanchez". Après avoir sans cesse tourné (US, Europe, Japon et Australie) avec pas mal de bons groupes (Supersuckers, L7, DOA, Speedealer, Murder City Devils.), Mark a décidé de tout lâcher en janvier 2000. Nous avons alors reçu un coup de fil d'un pote de Fort Collins, Jeff Matz, nous prévenant "qu'il sautait dans le bus pour rejoindre Zeke", son groupe préféré ! Il est alors arrivé en ville, et il ne plaisantait pas ! Je pense qu'il connaissait les morceaux mieux que nous. On n'avait évidemment pas d'autre possibilité que de le laisser entrer dans le groupe. Nous avons écrit et enregistré le nouvel album avec lui, et j'ai l'impression que c'est vraiment le meilleur qu'on ait fait, en grande partie grâce à Jeff.Vous semblez constamment changer de labels. Etes-vous durs à supporter, ou bien seriez-vous frustrés de ne bosser que pour une seule maison de disques ?
Scooch Pooch était OK, mais ils n'avaient pas la possibilité de nous distribuer réellement efficacement. Après deux albums, nous avions besoin de plus de soutien, et nous avons pensé que comme Epitaph signait de bons groupes comme les New Bomb Turks et les Dwarves, ce serait un bon plan de signer chez eux. Je pense qu'ils nous ont aidés, mais comme j'ai aussi le sentiment que les groupes de ce style ne les intéressent plus, j'étais plutôt soulagé lorsqu'ils nous ont laissé partir. Nous voulions alors sortir un nouvel album, et nous avons contacté Sub Pop. Le problème était que leur planning était plein, alors qu'on avait besoin de gens disponibles pour assurer notre promo et organiser les tournées. Jonathon et Dana ont alors proposé de tout financer, et de sortir l'album sur Aces and Eights (sous-label de Sub Pop - NDLR) avec notre propre équipe de promo. Ca nous a semblé une bonne idée, alors on a accepté. On avait déjà travaillé avec eux auparavant, car Scooch Pooch a démarré comme une division de Sub Pop. Je ne sais pas ce que le futur nous réserve car la vie des labels est aléatoire, mais vous pouvez être surs de voir les albums de Zeke dans les rayons, car c'est vraiment ce qui compte pour nous, et pas le nom qui est inscrit au dos de la pochette. Ce sont les groupes qui font vendre les disques, pas les labels.Vos textes sont très inspirés par les films d'horreur. Quel est le meilleur truc que vous ayez vu dans le genre ?
J'adore tous les films de vampires, je les trouve putain de drôles! Je dois dire que dans le genre, "The Beyond (The 7 Gates of Hell)" est pour moi un des meilleurs de tous les temps.D'autres thèmes d'inspiration ?
La dope, les filles, les bagnoles, la moto, les rednecks, les autres groupes, le ciné et Satan.Vos morceaux sont très directs, sans fioritures, avec une simplicité hélas souvent absente des trucs qui sortent aujourd'hui. Comment avez vous choisi de composer ainsi ?
On essaie de jouer simplement du rock'n'roll comme les Ramones, Motorhead, AC/DC ou Kiss, de la manière la plus rapide et violente possible.Vos morceaux durent rarement plus de deux minutes. Quelle est la durée moyenne de vos concerts ? Combien de morceaux jouez-vous ?
De 30 à 35 minutes, 20 à 25 morceaux.Vos morceaux dégagent réellement une menace, une notion de danger. Comment les fans réagissent à cela en concert ? Avez vous vraiment un public de cinglés ?
Oui, en fait des fois c'est vraiment l'émeute. D'autres fois, les gens sont plantés béats avec la mâchoire pendante, sans comprendre ce qu'ils sont en train de prendre dans la tête.J'ai lu qu'une fois, vous avez balancé un acide dans le verre d'un journaliste venu vous interviewer. C'est une habitude quand vous avez affaire à la presse ? Pratiquez-vous toujours la dope à haute dose ?
C'était une plaisanterie de la part du journaliste, on n'a jamais fait çà. Quant à la dope, je n'en prends pas, mais quelques membres du groupe apprécient.On trouve pas mal de références sataniques sur vos disques, comme des pentagrammes par exemple. Etes-vous branchés sur les sciences occultes, ou avec des organisations souterraines ? Que pensez-vous des artistes se réclamant de çà, comme King Diamond ou Electric Hellfire Club ?
Je pense que tous ces trucs collent bien aux films qu'on aime regarder, et tiennent plus de la provoc et de la plaisanterie qu'autre chose. Je pense vraiment que si tous ces mecs sont sérieux à propos de Satan, c'est encore plus drôle !Qu'avez vous de prévu pour le prochain album? Sortira-t-il encore sur un nouveau label ?
On a encore aucune idée de ce que nous allons faire. On a même pas de nouveaux morceaux. Notre futur est morne et incertain.
jusqu'à l'arrivée du 'Rio' de Duran Duran en 1982), les influences sont multiples. Pas de Top 40, mais une programmation qui mélange Chopin à Jimi Hendrix, Clash à Kraftwerk, les Classic Nouveaux à James Brown. On peut découvrir le punk, voire même le mélanger allègrement à la New Wave, et finir D.J. dans les soirées Mod locales. Sachant qu'à Detroit, être Mod veut dire s'empiffrer de galettes soul et ska jamaïcain et non visser le vingt-troisième rétro sur la Vespa vintage. Lorsque l'on mixe tous ces ingrédients et qu'on les agite (et dans la catégorie agitateur, Mr Collins mérite une mention spéciale) on obtient un cocktail qui relègue la potion du Dr Jekyll dans la catégorie lait fraise. Deux personnalités sont bien trop peu pour ce seul homme.
Crazy Date. La réaction fut unanime :
même si on ne sait pas jouer, on peut jouer mieux que ça !. Les Gories étaient nés. Du vrai primitif, tout autant par manque de pratique que par conviction (
on lisait dans des fanzines des chroniques sur des groupes censés être teeelllleeement 'primitifs', et lorsqu'on achetait les disques, il ne sonnaient pas primitifs du tout, et on était frustrés. On a décidé que puisque personne ne jouait le R'n'B saturé qu'on voulait écouter, on devrait le faire nous-mêmes. On devait devenir le groupe R'n'B le plus primitif qui ait jamais existé, et ce n'était pas si difficile, puisqu'on ne savait pas jouer DU TOUT). Plutôt que de piocher les reprises dans les classiques du genre auquel son groupe s'adonne, il préfère vaudouiser les morceaux qu'il aime, leur extirper leur âme et les revêtir d'un costume à ses mesures. Ainsi, les Gories reprendront un hit disco, ou un morceau de Sun Ra, mais n'emprunteront jamais aux Cannibals. L'ingrédient incontournable, c'est la "Detroit touch" : chacun de ses groupes aura à son répertoire au moins une reprise du catalogue Motown.
Ultraglide in Black, l'album hommage à la musique dans laquelle il a grandi, et à laquelle il donne une nouvelle ampleur. 90% de reprises très peu fidèles, sinon à leur esprit premier : toucher le public bien au-delà des tympans. Si une telle hyper-activité peut parfois nous égarer (ajoutons à tout ce qui précède la rédaction de nouvelles et un roman en cours), notre foi demeure quant à une très prochaine apparition. Concentrons-nous jusque là sur le mantra du sorcier :
If you can't dance to it, it isn't rock 'n' roll.

Haute Fidelité, 1997, et le livre enterre le film du même nom, acidulé à la sauce US woowood chewing gum) ; adolescent vouant un culte forcément déraisonnable aux "Gunners" d'Arsenal (futebol, Londres), à la vie et à la mort et vice-versa dans les faubourgs de Highbury (
Carton Jaune, 1998) ; vieux (enfin presque) célibataire, habitué des parcs publics anglais (on ne saurait lui donner tort), déstabilisé par sa rencontre avec un môme orphelin de père (
A propos d'un Gamin, 1999)… Pour son 4ème roman, Nick le tendre endosse le "Je" et les habits d'une jeune femme, trente sept ans mariée deux enfants et c'est "là" que le bât blesse…
c'est tellement facile d'aimer quelqu'un que l'on ne connaît pas, que ce soit George Clooney ou Monkey. Rester poli avec une personne avec qui on a mangé la dinde de Noël, alors çà, çà relève du miracle.On ne peut qu'esquisser un sourire alors que l'heure est grave ! Nous ne sommes pourtant qu'au début du livre, et voilà que cette femme, médecin de son état, pense sincèrement à divorcer, étouffée qu'elle est au sein de son foyer. Déjà vu ? Oui sans doute, mais c'est sans importance.
La Bonté : Mode d'Emploi(
How to be gooden VO), parce qu'il n'est pas si facile d'abandonner veaux, vaches, cochons, mari et progéniture, sans vague à l'âme -
Pourvu que je puisse à nouveau me féliciter d'être quelqu'un de bon- ni interrogations éminemment existentielles -
David est dans la cuisine en train de se préparer un sandwich. Salut ! ...Tu en veux un ? Il y a dans la familiarité si naturelle de cette proposition quelque chose qui me donne envie de pleurer. Divorcer signifie que plus personne ne vous fera de sandwich, en tout cas pas votre ex-mari.
Pour moi, le fait même d'appartenir au genre humain constitue un drame en soi; on n'a pas besoin d'être héroïnomane ou poète pour goûter aux extrêmes. Il suffit d'aimer quelqu'un. Revoilà donc l'ami Hornby ne sachant plus quoi faire de cette sensibilité qui lui colle à la peau, mais gardant toujours en réserve une dose de cynisme et d'ironie pour faire passer la pilule sans attendre le lendemain.
Si vous êtes de ceux qui choisissent leurs lieux de divertissement en fonction des facilités de stationnement, je vous recommande l'office anglican du dimanche….
La République Invisible&
Mystery Train/ Nick Tosches -
Hellfire
La République invisible, Bob Dylan et l'Amérique clandestine, de Greil Marcus, et Allia,
Mystery Train, images de l'Amérique à travers le rock'n'roll, du même auteur.
Mystery Traindemeure le regard d'un écrivain sur une musique qui a modifié les comportements, "ce qui m'a poussé à écrire ce livre - au milieu des années 75, à peu près à l'époque où Père Ubu se formait à Cleveland comme expérience Dada et groupe punk - c'était la conviction que, dans leur musique ou dans leur vie publique, certains artistes de blues et de rock'n'roll s'étaient inspirés de certains aspects fondamentaux, inaliénables de l'expérience et de l'identité américaine, et les avait, en même temps, transfigurés". Non, la culture rock n'est pas l'apanage d'une jeunesse, mais bien un maillon de la culture américaine, et c'est en remontant dans le temps que
Mystery Traincommence. La genèse, c'est Robert Johnson, mort en 1938 à l'âge de 27 ans, il a posé en quelques chansons le décor de ce qui allait devenir le rock. S'il se distingue, "cela tient en partie à sa musique, à la qualité de ses images, à son sens du drame, à l'immédiateté qui se dégage de sa façon de chanter et de jouer de la guitare- mais, avant tout, à la détermination de Johnson à s'immerger plus profondément dans le blues que n'importe qui d'autre, et à sa capacité en tant qu'artiste à y parvenir". Si après une telle phrase, vous n'avez pas envie de découvrir la suite et d'écouter Johnson, c'est que Toto a détruit votre capacité à comprendre le rock'n'roll à jamais. Greil Marcus nous parle de Robbie Robertson, de Sly Stone ou d'Elvis, il est question de prise de risque, de cette foutue prétention, d'un individu seul sur scène face à un public qu'il vient de se mettre à dos (le livre de Nick Tosches n'est pas loin de ce sujet, avec une autre dialectique que celle de Marcus, puisqu'il parle essentiellement de Jerry Lee Lewis, fouteur de merde notoire et frondeur), d'une musique qui un jour prend un virage radical, quitte à perdre son public. Ce livre a la qualité journalistique évidemment, une plume alerte, la connaissance doublée de la compréhension d'une musique, tout en ayant un regard socio-politique. Greil Marcus écrit sur le mythe des héros du rock'n'roll, le mystère et la beauté de Robert Johnson. Il resitue Sly Stone dans l'histoire de l'Amérique des années 60, décortique les textes en mettant en parallèle l'histoire et les comportements ; c'est en gros une belle portion de l'Amérique du 20ème siècle. Dans ces deux ouvrages, Marcus analyse le(s) mythe(s) de l'Amérique à travers l'imaginaire véhiculé par la musique populaire. Greil Marcus en connaît un bout sur la question puisque, outre le fait d'être journaliste, il enseigne l'histoire des cultures à Princeton et à Berkeley.
Hellfire, Tosches nous entraîne dans l'Amérique profonde, celle du sud, ancrée dans ses croyances entre prédicateurs pentecôtistes et assemblées de Dieu à coup de revivals (réunions religieuses destinées à raviver la foi, organisées aux Etats-Unis par des prédicateurs itinérants), les champs de coton, la misère et un jour la porte ouverte vers le succès, sexe, rock et drogue "alors les ennuis commencèrent. Beaucoup de gens avaient peur de cette chanson Whole lotta shakin' goin' on, et de celui qui la chantait. Même ceux qui aimaient bien Elvis étaient nombreux à rejeter Jerry Lee, qui leur apparaissait comme un individu lubrique et méchant.
Lost for Life- Ghostrider -
Dressed to the Left- Munster
Lost for Life, sorti en vinyl comme le précédent sur le label français Ghostrider. L'emballage est classe, gatefold sleeve, vinyl bleu 220g, et c'est Max Decharné (Mojo, Flaming Stars) qui nous régale de ses notes de pochettes. Musicalement, on est en droite ligne du premier Lp
No Values, la première référence venant à l'esprit étant l'Iggy late 70's en raison de la voix de Lou Paris, chanteur impressionnant au physique évoquant un hybride Lux Interior / Tex Perkins.
Thirteen Womensur le premier Lp, le
Messin' with the Kiddes Saints ici). Et même si l'on est en présence d'un disque de GUITARES, les arrangements sont utilisés à bon escient (cuivres sur
I live on a street called Rock n'Roll, ou encore le sublime solo d'Hammond à la Billy Preston dans
I liked the City).
Dressed to the left. Également utile pour un bon complément d'infos, le vol 2/ #3 du fanzine US Hitlist, ou figure une longue interview de Mr Ratboy.

Stand By Your Man. On peut aussi croire que Greenwich Village n'est rien d'autre que la vitrine artistico-bohême composée par New York pour les touristes européens. Jusqu'au jour où, au détour d'un rayon polars, un titre insolite (du style
Elvis, Jésus, et Coca-Cola, ou encore
Dieu Bénisse John Wayne) attise notre curiosité. Dès ce moment-là, quelques réajustements de nos valeurs traditionnelles sont inévitables.
C'était cool d'être cool dans les années 50. Dans les années 90, c'était cool d'être "hot". Quelqu'un a dû merder avec le thermostat), la sociologie (
La moitié de l'humanité est une bande d'intellos psychotiques qui ont peur de la vie, et l'autre moitié n'en a rien à foutre. C'est généralement avec ces derniers qu'il est agréable de boire un coup.), l'histoire (
Je n'aime pas les gens qui parlent espagnol, car ils sont méchants avec les taureaux. Bien sûr, si les Teutons, les Turcs et les communistes avaient eu des taureaux dans leur entourage, ils auraient sans doute laissé les Juifs, Gitans, Arméniens ou Cambodgiens tranquilles), la drogue (
En ce qui me concerne, j'ai arrêté la cocaïne depuis que Bob Marley est tombé de ma narine gauche), la religion (
Beaucoup de gens meurent dans la Bible. Mais beaucoup plus de gens sont morts à cause d'elle), l'ethnologie (
Les Allemands sont mon second peuple préféré. Le premier, c'est tout le reste de l'humanité), l'économie (
La politique n'a rien à voir avec le fait que je fume des cigares cubains. Je ne soutiens pas leur économie, je brûle leurs champs). Mais par-dessus tout, l'introspection :
C'est à ce moment-là que j'ai commencé à voir de curieux parallèles entre ma vie et celle de Jésus. Nous sommes tous deux de confession juive, aucun de nous n'a eu ce qu'on peut appeler un foyer, ne s'est marié, ou n'a eu un vrai travail. Tout ce que nous avons fait, finalement, c'est voyager à travers le pays en irritant les gens sur notre passage.

Death Alley- Aces and Eights / TeePee / Cargo
Kicked in the teeth.
Evil Woman), ou encore un teenage ZZ Top sous amphet' (
Road Ahead).

Peux-tu nous faire un rapide historique des Paybacks?
Au début des années 90, Ann Arbor connaissait un gros boom au niveau de la scène garage. J'avais monté un groupe qui s'appelait Ten High, et on avait l'habitude de beaucoup jouer avec les Hentchmen qui étaient très jeunes à l'époque. Il y avait dans le groupe John Szymanski (a.k.a. Johnny Hentch), que j'aimais beaucoup, et c'est ainsi que l'on s'est rencontrés. Au même moment, la scène de Detroit explosait avec les Detroit Cobras, et un nouveau groupe impressionnant qui s'appelait Rocket 455. Je ne me souviens pas exactement du moment où Marco a rejoint Rocket, mais après deux ans d'existence, ils sont devenus LE TRUC ici. Hard-charging, aggressive, ass-kicking rock. C'est comme çà que j'ai connu Marco. Mike a rejoint les Hentchmen lorsqu'ils sont venus sur Detroit, et donc on se connaissait tous plus ou moins à ce moment là. J'ai également déménagé sur Detroit en 97, et au moment où j'étais enfin décidée à remonter un groupe, Marco s'est joint à moi. Notre premier batteur était Pat Pantano (Come Ons/Dirtbombs), et notre premier bassiste était Marc Watt des Dirtys. Quand Pat est parti pour monter les Come-ons, Mike est arrivé, et quand nous nous sommes séparés de Watt la veille de notre premier concert, John a pris la basse. Le line-up s'est alors stabilisé.Les Paybacks sont apparus pour la première fois sur la compilation "the Sympathetic Sounds of Detroit" chez Sympathy for the Record Industry. Comment celà s'est-il passé pour vous?
Comme pour tous les autres groupes du disque, çà a été une grosse promo pour nous. Au début, on a pris çà de manière très légère et très fun. Je ne pense pas que qui que ce soit, y compris Jack lui-même, savait quel genre de morceaux il allait faire. Nous avons été particulièrement flattés de voir qu'il avait mis notre morceau en début d'album, car il y avait énormément de bonnes choses sur ce disque. C'était très cool de la part de Jack et de SFTRI d'avoir fait çà, et nous sommes très fiers d'y avoir participé.Bien que vous soyez sur cette compilation, votre album est sorti sur Get Hip. Comment les avez vous rencontrés?
A travers nos groupes précédents, tous les Paybacks connaissaient Gregg, Barbara et leur label depuis des années. Ils sont très impliqués dans la scène garage depuis longtemps, et ont une excellente réputation en plus d'être adorables. Lorsqu'ils sont venus à Detroit l'année dernière, ils ont assisté à notre concert au Magic Stick, et Gregg est venu nous voir backstage très excité en disant que si nous faisions l'album avec quelqu'un d'autre qu'eux, il nous brisait les doigts un par un ! Donc, on a obtempéré. ... Dangerhouse Interview...Allez-vous extraire un single de l'album ? Je pense vraiment qu'un morceau comme "Black Girl" mérite le format 7' !
Je ne pense pas, j'en suis désolée. On a déjà commencé à travailler sur le prochain album, et on se concentre bien sûr plus sur les nouveaux morceaux. Néanmoins, il y a une vidéo prévue pour "Black Girl"qui devrait être disponible sur notre site avant le mois de décembre.À propos de ces nouveaux morceaux, avez vous eu des offres ou des contacts avec d'autres labels ?
On peut juste dire que pas mal de choses bougent ici en ce moment. Pour l'instant, nous sommes liés à Get Hip pour au moins un album supplémentaire, et nous allons respecter cela. Je n'ai pour l'instant aucune idée de ce qui pourra se passer après.Vos textes sont-ils disponibles quelque part ?
Uhhhhhh, non. Il y a beaucoup de gens qui voudraient pouvoir les découvrir, je suppose que je devrais me bouger un peu et les mettre en ligne.Vous remerciez Kim Fowley, un de mes "all-time-heroes" sur la pochette de l'album. Est-ce que vous l'avez rencontré, ou même travaillé avec lui?
Kim et moi-même avons eu une longue et étrange relation symbiotique! Il m'a souvent citée en tant que "La Kim Fowley au féminin", ce que je considère comme extrêmement flatteur. Il fait partie de ceux qui ont aidé mon groupe précédent (Ten High) a être signé par le consortium Bomp! de L.A. au milieu des années 90. On a aussi beaucoup collaboré au niveau journalistique, avec pas mal de réussite. On a également co-écrit un morceau sur l'album de Ten High. Nous ne nous sommes réellement rencontrés qu'une seule fois à l'occasion d'un show que des amis avaient organisé sur Detroit, ce qui nous a donné l'occasion de jouer ensemble. Nous restons en contact de manière régulière, c'est réellement quelqu'un que j'adore, il est à la fois pervers et fascinant, et je pense qu'il mérite beaucoup plus de reconnaissance que çà.Il n'y a que 10 morceaux sur l'album, quels autres morceaux jouez-vous sur scène? Faites-vous des reprises, et lesquelles ?
C'est différent à chaque fois. Habituellement, c'est un mélange de nouveaux morceaux, d'extraits de "Knock Loud", et nous avons l'habitude de terminer chaque concert avec une reprise différente (bien que ce soit moins systématique ces derniers temps). Parmi celles qu'on a pu jouer, il y a "Rock n'roll Damnation" d'AC/DC, "Stiff Competition" de Cheap Trick (un incontournable de nos concerts pendant longtemps), "Love Gun" de Kiss (j'adore faire celle-ci !), "Pirate Love" de Johnny Thunders, ou encore le "Hot Stumps" des Controllers, c'était un trio de branleurs punks californiens de la fin des 70's. Essaie d'écouter la compilation qu'a sortie Dionysus, dis leur que c'est Wendy qui t'envoie.Bonne sélection ! Oui, en effet, je connais les Controllers, et Dyonisus a fait du très bon boulot sur eux, comme pour les Gears et les Dils. Il semblerait qu'aujourd'hui, il est tout à fait possible qu'on admette aimer le son heavy 70's, et que ce n'est pas du tout incompatible avec une attitude et un son punk rock. Que penses-tu de la scène scandinave (Hellacopters, Gluecifer,Turbonegro, Robots.) qui est très représentative de cela ?
Honnêtement, je ne suis pas très au courant de cette scène. Je connais les Hellacopters car ils jouent par ici régulièrement, et qu'ils ont travaillé avec mon pote Scott Morgan- ils sont cool. Mais je ne connais pas vraiment les autres, je vais me renseigner!La question Dangerhouse : Un client entre dans le magasin, et demande votre album. Il achète 5 autres disques. Lesquels serais-tu fière de voir dans son sac avec le tien ?
Super question ! Comme les garçons ne sont pas là pour faire leur choix, je vais essayer de sélectionner des albums pour eux :Merci Wendy ! Deux mots sur la culture française ?
French culture... Hmmmmm... Est-ce réellement vous qui avez inventé les frites ? Super idée !!!
Shadows on the Sun- Sub Pop
Trances States in Tongues, Jack Endino (producteur) et Sub Pop se sont chargés de l'accouchement. Et dès l'intro de
Barbed Wire, tout est là : riff monstrueux d'évidence, harmo hurlant dans le fond pour se faire une petite place, rythmique plombée ET groovy, et cette voix… cette VOIX ! Un peu moins chargée en effets que sur les albums précédents, elle gagne en présence, évoquant tour à tour Wilson Pickett (
Graffiti Hustle), Mitch Ryder, voire Wayne Cochran.
Back in the good old days when dancing meant exploding…

Soul Bondage Deluxe- Vicious Cricle
Soul Bondage Deluxedans le lecteur CD, et à la première écoute il y a un truc qui se passe : le son a changé, moins Suicide et ultra sombre que par le passé, comme s'ils s'étaient dirigés vers le rond de lumière qui luie au bout du tunnel. Ce qui renforce l'impression que j'avais eue en regardant la pochette du disque avec ses couleurs et son absence étonnante de noir.
(Welcome to) the Loser Clubqui devraient faire un carton sur les pistes de danse, du moins si ce monde était bien fait. En tout cas une chose est sûr la chanson
Vicious Circlesera un des grands moments de vos futurs boum lysergiques.
Soul Bondage Deluxej'ai la banane, alors que jusque là je sortais des précédents albums des

J'ai été vraiment impressionnée lorsque j'ai entendu votre nouvel album,"Life, Love and Leaving". Je suis fan de tous ces groupes de Detroit, et j'avais toujours entendu dire que vous étiez les meilleurs.
Et là, tu t'es dit, c'est censé être eux, les meilleurs ?(rires): Exactement! Non, je plaisante! J'étais juste surprise d'entendre à quel point vous sonniez différemment des autres groupes locaux, avec ces influences très blues/Motown.
C'est étonnant. Nous ne nous considérons pas comme punks, on a quelques influences rock'n'roll, mais on est essentiellement des fans de Soul 60's. On essaie de jouer de la manière la plus authentique et sincère possible, bien qu'on ne soit pas à la hauteur de ces fabuleux musiciens de soul. En fait pour être honnêtes, nous sommes des blancs!! Et tous nos morceaux sont des reprises. Je crois que si on pouvait jouer ces morceaux de la manière dont ils ont été enregistrés à l'origine, nous le ferions.Pensez vous que le fait de jouer ces titres dont vous êtes fans pourrait vous servir de tremplin, afin de pouvoir plus tard composer vos propres morceaux?
Depuis le début, un des membres du groupe ne cesse de nous pousser à composer des originaux. Personnellement, ça ne me dit rien. J'ai appris à être fière de ne faire que des reprises. Nous sommes récemment descendus dans le sud des Etats-Unis par le sud-ouest. On a vu des flopées de groupes, et je n'en ai pas vu un seul de potable. Ils craignaient tous! Ils sont persuadés qu'ils ont des trucs à dire, que leur vision de la musique est tellement incroyable et géniale, et en fait ce n'est que de la daube! Tu sais, je ne pense pas que l'on ait quoi que ce soit à dire, ni aucun message à faire passer.De plus, les gens de notre génération n'étaient pas encore là lorsque Otis a commencé à avoir du succès.
Et la plupart de ces artistes n'ont JAMAIS été reconnus! Regardez Irma Thomas: Maintenant, elle a un petit club à la Nouvelle-Orleans, et ça ne va pas trop mal pour elle. Vous connaissez son morceau,"Ruler of my Heart" ? Eh bien, Otis est arrivé, a fait "Pain in my Heart", et elle n'a jamais touché un sou là-dessus. La majeure partie de ces morceaux sont restés dans l'obscurité, et je trouve plutôt cool de les faire connaître aux gens aujourd'hui. Et cela me fait toujours plaisir lorsque quelqu'un cherche de qui est l'un de nos morceaux, et file ensuite acheter la version originale.A quoi ressemble la scène de Detroit aujourd'hui?
En fait, il y a deux scènes distinctes en ce qui concerne le garage et le rock'n'roll. Il y a une scène où tout le monde connaît tout le monde, car elle est minuscule. Il y a quelque chose comme trois bars, tout le monde joue dans le groupe de l'autre et on se fout complètement de l'image qu'on projette. Cependant, je trouve complètement naze la hype qui tourne autour de cette scène, qu'il y aura une explosion de talents.A mon sens, ce ne sera qu'un feu de paille, et c'est tout. Le réservoir n'est pas si profond. Donc, il y a cette petite scène, et de l'autre côté, il y a une autre scène qui est totalement insupportable, des branleurs qui se prennent vraiment au sérieux, et qui veulent à tout prix devenir des stars. And they suck.Que pensez vous des White Stripes, qui sont sur le même label que vous Ils craignent, aussi?
Oh non, j'adore Jack (White). Et çà, c'est encore un autre truc: j'ai entendu des dizaines de gens dire,"Ils ne sont pas si bons que çà, çà ne devrait pas marcher autant, çà n'a pas de sens!, bla bla bla.".Je ne vois aucune autre personne à laquelle j'aurais pu souhaiter que çà arrive. Le fait qu'ils soient sur Sympathy est vraiment classe. Je suis sûre qu'ils auraient pu signer sur une major qui leur aurait imposé une basse par- ici, ou encore une section de cordes par-là.C'est étonnant qu'ils marchent autant, car un peu comme nous, ils ne font pas de concessions.Mais c'est pour çà que les gens aiment votre groupe, ou les White Stripes , ou encore The Go, pour leur honnêteté.
Alors que c'est la production FM qui arrive jusqu'aux gens, ils ne semblent avoir de l'oreille que pour cette daube qu'on leur fait ingurgiter.Mais comme tu disais, personne n'a obligé le public à écouter les White Stripes, cela s'est fait sans le support des médias, et c'est sans doute le côté intéressant du truc.Mais passons au fait que tu n'avais jamais envisagé d'être une chanteuse.
Je ne me suis jamais considérée comme une chanteuse. Je travaillais en boucherie (chef-boucher!) depuis pas mal de temps. J'avais une vie tranquille, tout allait bien, mais des facteurs économiques ont fait que j'ai perdu mon emploi. Maintenant, je me retrouve au point zéro, car je ne pourrai jamais vivre de ma musique, le groupe ne marchera jamais suffisamment pour çà.C'est ce que nous avait dit Jack White! Allez-vous encore attendre trois ans avant de faire un nouvel album?
Nous allons faire un nouvel album prochainement, maintenant que nous avons Matt à la basse. Si jamais il essaie de se tirer, on l'enferme dans le local et je te garantis qu'on va lui faire changer d'avis! Nous sommes enfin maintenant un groupe au point, et on peut commencer à faire des projets et à faire plus de concerts. En fait, on ne tourne pas beaucoup, nous avons tous nos vies, et on a pas envie de devenir des rock-stars. Mais les gens commencent à nous contacter sérieusement. On a eu des propositions pour des festivals en Australie et au Japon, et on va essayer de donner suite.Mais vous n'êtes pas prêts pour aller jouer au fin fond de l'Alabama un lundi soir.
Tout à fait! On est un peu trop vieux pour s'entasser dans un camion et crever la dalle pendant une semaine. On n'a pas la folie des grandeurs, et on ne tient pas à faire de la promo à tout prix. C'est une question de dignité et de plaisir. Je ne supporte pas ces gens qui balancent leurs démos à n'importe qui dans la rue, dans l'espoir de tomber sur la bonne personne qui connaîtra la bonne personne, qui elle-même. Mais bon, ne parlez pas de çà, c'est assez prétentieux, çà va me faire passer pour quelqu'un qui a une très haute opinion d'elle-même, alors que tous les autres craignent.Ce que je veux dire, c'est que quand les gens viennent me dire que j'ai du talent, je leur explique que non, Irma Thomas est grande, Tina Turner est grande, comme Baby Washington. Elles sont immenses et elles me font pleurer. Lorsque les Cobras ont débuté et qu'ils m'ont contactée, ils avaient déjà ce petit kid black aux vocaux. Mais il était tellement terrifié à l'idée de faire un concert que çà n'a pas pu fonctionner ! Je n'avais alors jamais chanté que dans ma voiture, alors j'ai refusé. C'est donc une de mes amies qui a eu la place !Oh non! Oh si! Et çà a tenu à peu près deux heures avant qu'ils la balancent par la fenêtre ! Elle a commencé à brailler partout qu'elle jouait dans ce groupe, bla bla bla.Alors j'ai pensé que finalement çà pourrait être fun de jouer avec eux, juste pour la faire chier ! Ils m'ont dit "Viens, on te paiera une bière !", et j'ai accepté. Et Dieu merci, car j'en parlais avec Damien (le batteur) l'autre jour, s'il n'y avait pas ce groupe, on ne sortirait jamais ! Un groupe, c'est l'excuse idéale pour boire des coups et faire la fête ! On a un groupe, on a un alibi !
Que peut-on espérer d'un concert des Detroit Cobras?
Du fun, du groove, de la danse, et l'occasion de tomber amoureux d'une adorable fille qu'on s'empressera d'embrasser. Si on peut procurer une soirée de fête et de danse pour qui que ce soit, alors on aura fait notre job!
Crazy little girl,
Shut it Up,
Overdrive in Veniceainsi que
You'll never change(l'ordre des titres sur le disque est erroné) sont de vraies étoiles filantes ! Cette cascade de guitares, ce mur de son et cette haute énergie nous offrent un moment d'authentique punk rock'n'roll dont les deux ou trois jours nécessaires à son enregistrement se sont révélés festifs et une véritable partie de plaisir.
Who's walkin' who ?,
Get outta my wayet le célèbre
Good Head, standard des TURBONEGRO qui avait en réalité été écrit par STEVIE pour les VIKINGS sont trois morceaux mythiques puisant leur force dans les 50's, dans le garage, le rock'n'roll et dans un punk pur dont les RAMONES sont incontestablement la nourriture essentielle.
Peux-tu te présenter ?
Et bien, je suis né dans le New Jersey en 1968. l'été de la haine !!! et 20 ans trop tôt !Et par rapport à ta pratique instrumentale ?
J'ai commencé à jouer du piano à l'âge de 10 ans, de la trompette à 13 et de la basse à 16. J'ai étudié la musique classique et le jazz jusqu'à l'âge de 15 ans. C'est alors que. le rock'n'roll a pris le dessus sur tout ça et que j'ai toujours suivi cette voie. Lorsque les Devil Dogs ont splitté en 1994, je me suis procuré une guitare afin de commencer quelque chose de nouveau dans ma carrière.Pourquoi les Devil Dogs ont arrêté ?
Il était juste temps d'en finir. mais on s'est plus donné en cinq ans que certains groupes en douze ! Et nous n'avons jamais sorti un seul mauvais disque !Tes racines musicales ?
Elvis, Bill Haley and the Comets, tout ce que je suis aujourd'hui vient de là, tous les trucs des années 50 ! J'ai un grand frère qui jouait de la guitare et lui et mon père sont fous de jazz. C'était un peu trop de jazz pour moi, et puis j'ai réalisé que jouer de la trompette dans le rock'n'roll n'avait pas trop de sens, c'est essentiellement pour ça qu'à 16 ans je me suis mis à la basse.D'ailleurs il paraît qu'avec ton premier groupe, les Rat Bastards en 1987 vous jouiez toutes les nuits pendant 5 ou 6 heures d'affilée, c'était plus garage, en quoi la musique garage t'a aidé ?
C'est évident que tout ça m'a aidé à mieux jouer de la basse !Mais alors, qui t'a quand même influencé le plus ?
Il y a plein de trucs. mais bon, mon frère, les guitaristes de jazz mais tout particulièrement mon père à cause de son attitude enthousiaste à l'égard de la musique et de l'art. ma mère aussi. pour son soutien et sa compréhension.Tu as une basse Fender et comme guitare, que possède-tu ?
Il n'y a pas très longtemps je me suis procuré une Gibson Flying V 1967 dont je me sers exclusivement mais j'ai aussi une Gibson SG rose "that rawks" !!!Et avec ça, tu prends quoi comme ampli ?
Avec ce genre de matos tu ne peux que prendre du 100 Watts Marshall et le pousser super fort !!Sans te demander un Top Ten. les bassistes et guitaristes que tu admires le plus ?
John Entwistle, Gram Maby de Joe Jackson, mais je suis toujours bien dans Chuck Berry et Keith Richards mais aussi Johnny Thunders et plein d'autres...Comment se fait-il que tu aies aussi bonne réputation, du genre le mec gentil avec tout le monde, etc . D'où ça vient ?
Je pense que si je suis gentil c'est grâce à mes parents. et puis mon père a bossé pour une compagnie de films pendant 42 ans ! Ce genre de loyauté n'arrive plus trop souvent ! Mais ma mère. c'était la meilleure, c'est ma meilleure amie !Comment t'es-tu retrouvé à collaborer avec Sonny ?
Avant, je ne connaissais pas du tout Sonny, et puis il cherchait quelqu'un pour jouer de la basse et faire une tournée avec Scott Asheton. Je tenais vraiment à jouer avec Scott et c'est comme ça que je me suis retrouvé embarqué par deux fuckin'rockers ! Sur cette tournée j'étais le "petit jeunot" alors que d'habitude je suis "le vieux".Quels sont tes morceaux des Stooges préférés ?
TOUS !!! Je les ai toujours adorés, et ce depuis 1975 !Et en ce moment, que fais-tu ?
En ce moment j'essaie de me consacrer seulement à l'enregistrement du plus possible de groupes. En deux ans, j'en ai enregistré à peu près une trentaine.Impressionnant ! Et tu as réussi à dénicher un truc important ?
Oui, j'ai un groupe actuellement qui s'appelle The Star Spangles, ils sont de New-York, ils ont un contrat avec le label Capitol et ce disque doit sortir en mars. c'est mon premier vrai contrat avec une major !!Et tu crois qu'on aura la chance de les voir en Europe ?
Oui, peut-être dans le courant de l'année.Mais, est-ce que tu arrives à vivre de ta carrière artistique ou . ?
Non, je gagne ma vie avec mon studio mais aussi avec mon boulot de routier, je parcours le pays..Et avec ton groupe Stevie and the Secrets, vous jouez toujours ?
On joue par-ci, par-là, juste pour le fun.Que penses-tu de la musique en ce moment, des jeunes groupes et de toute cette vague LO-FI notamment ?
Je trouve qu'il y a des trucs pas mal, comme d'hab. Mais bon, je suis pas vraiment fou de ce truc LO-FI, et je trouve que le phénomène scandinave a toujours été surestimé.Et au contraire, que penses-tu des vieux loups qui continuent à nous délivrer du rock plein d'énergie comme Scott Morgan, Deniz Tek, Wayne Kramer.. ?
Et bien je pense que certains de ces vieux loups devraient remballer leurs gaules et la mettre en sourdine ! Ils se reconnaîtront !!J'avais bien aimé ce que tu disais sur Dee Dee Ramone dans une interview, bien avant qu'il ne nous quitte.
Oui, Dee Dee a toujours été mon Ramone préféré. Il a toujours gardé son attitude... Il savait enseigner tout ce qu'il savait !!!Dans une autre de tes interviews tu disais que les japonais étaient plus connaisseurs en matière de rock que la plupart des américains. d'ailleurs, tu y es déjà allé. Tu es même le manager US des Guitar Wolf...
Les japonais ont une meilleure connaissance générale du rock'n'roll américain et de tout ce qui appartient aux années 50 ! J'ai même acheté la plupart de mes fringues là-bas, des trucs que je n'aurais jamais eu aux States, en plus j'avais pleins de promos à cause de mon statut dans le rock !Je trouve que pas mal de gens passent à côté du truc essentiel dans la musique, pour certains le prix du disque, la pochette originale ou pas sont même plus importants que la musique en elle-même .
Oui, je vois ce que tu veux dire, je connais aussi pas mal de collectionneurs de disques... Je n'en suis pas un. Je sais seulement ce qui sonne bien et je sais où acheter des disques pas chers. Je préfère largement faire des disques et qu'on me les achète !J'adore le single qui est sorti sur l'excellent label français d'Eric Hodbert, Nest Of Vipers, "Electric KO Live in France", c'est un vrai petit bijou ! Que peux-tu en dire ?
Je pense que le Pure Filth Power Trio était impressionnant ! Un super mélange de musiciens et de personnalités !!..Devil Dogs aussi était un super trio..
Oui, mais il s'est passé un certain temps avant qu'on fasse attention aux Dogs, mais maintenant on est plus populaires que jamais et nous influençons même pas mal de groupes de jeunes, je trouve ça flatteur.Comment es-tu devenu ingénieur du son ?
En 1986 je me suis rendu à New-York pour faire une école d'ingénieur du son, c'est comme ça que je me suis retrouvé à bosser dans pas mal de studios, notamment les Studios Coyote à Brooklyn où j'ai travaillé avec des producteurs géniaux comme Eric Ambel et Andy Shernof. C'est là notamment qu'au même moment j'ai enregistré la plupart des disques des Devil Dogs.Ah oui. tiens, tiens, quelle coïncidence. Eric'Roscoe'Ambel, qui avait un groupe qui s'appelait Dirty Dogs et qui traînait avec les Ramones et. Andy des Dictators qui a pas mal collaboré avec les Ramones aussi !! Mais dans ce travail, qui t'a influencé le plus ?
Mike Maraconda !!le producteur des Devil Dogs.
Oui. Mike est la personne qui a eu le plus d'influence sur moi en tant que musicien mais aussi en tant que producteur.Quel bilan fais-tu par rapport à tout ça ? Comment travailles-tu avec les groupes ?
Eh bien, maintenant je peux dire que je connais assez bien les deux côtés dans la musique... quand j'enregistre des groupes, j'essaie d'être à l'écoute, de voir ce dont ils ont besoin, comment ils sentent leur truc et ce qu'ils veulent entendre de ma part.Des gens avec qui tu aimerais collaborer ?
Des tas !!Et tes projets à venir ?
Le futur m'appartient !!!!

Ultraglide in Black- Screws -
Shake Your Monkey- In The Red
Ode To a Black Manqui devrait réhabiliter Phil Lynott chez les intégristes du genre. Mick démontre qu'il est définitivement un PUTAIN de grand chanteur soul, et la présence du sorcier Jim Diamond à la production (et à la basse chez les 'Bombs) illumine le tout de reverbs monstrueuses, et nous démontre que la fuzz dans la Soul est une EVIDENCE à inscrire au programme des maternelles. L'album des Screws s'ouvre sur une version terrifiante du
Story 16des Outsiders, ponctuée de giclées d'harmonica salace, "I wanna hold you in my arms / Gotta have ya, gotta have yaaaaa...!". Le reste de l'album se déroule dans le même registre poisseux, se permettant des incursions chez les Stones, ou même Johnny Winter (superbe version de
I'm Yours and I'm Hersdobro et harmo), tandis qu'une version inspirée du
Shake it Babyde John Lee Hooker se transforme immédiatement en un hommage touchant du p'tit cousin éloigné tant la similitude des voix est frappante. Quant à l'album des Dirtbombs, on y croise Marvin Gaye, Stevie Wonder, Clinton (Georges!!), tous dynamités à la fuzz, voir à la sauce dub/quincaillerie (voir le traitement infligé au
Kung Fude Curtis Mayfield). Sans doute le tribute définitif à la musique noire US.

Pouvez-vous nous retracer brièvement l'histoire des Bones ? Avez-vous joué dans d'autres groupes auparavant ?
Nous jouons ensemble depuis 1996, date où Boner nous a rejoint. Beef, Spooky et moi-même jouions ensemble depuis 1993. Avant çà, on a participé à différents groupes, rien de sérieux, juste pour tomber des filles et faire du boucan. Nous avons signé sur PEOPLE LIKE YOU en 1999, et on a rapidement sorti le 10'/mini cd "Six Feet Down and Two Fingers Up". En novembre 2000, on a sorti notre premier album "Screwed, Blued and Tattoed". Le reste appartient à l'histoire.Vos disques ont reçu un super accueil à la boutique, mais la réaction immédiate des clients après écoute a souvent été "Wow, ils sonnent comme un croisement parfait de Social Distortion et des Backyard Babies!" Que pensez-vous de cela ? Ne craignez-vous pas d'être trop rapidement catalogués comme des clones ?
Nous sommes là depuis plusieurs années, et on n'a jamais pris le train en marche. Bien sûr, les gens qui ne nous connaissent pas ont tendance à nous comparer avec des groupes qui leur sont familiers. On ne peut rien y faire, et çà ne nous touche pas. On ne sonne pas vraiment comme Social Distortion, et on a des meilleurs morceaux que les Backyard Babies.Quelles sont vos influences en dehors de la musique ?
We are under the influencePourquoi avez vous choisi de signer sur un label allemand ? Il y a pas mal de bons labels en Suède !
C'était un bon deal pour nous. Personne en Suède ne faisait attention à nous, car on vient d'un trou perdu. L'Allemagne est un marché plus vaste, avec BEAUCOUP plus de clubs, et la bière est moins chère !Meilleur concert que vous ayez fait ? Et le pire ?
On n'a jamais fait de mauvais shows, et on n'en fera jamais. C'est dur d'en sélectionner un parmi tous, mais le concert au Keller de Dortmund était fantastique, ainsi que le show qu'on a donné pour le nouvel an au Wild at Heart à Berlin.Faites-vous des reprises sur scène ? A quoi ressemble le tracklisting des BONES ?
On peut injecter une reprise lors des rappels, comme le "Yesterday's Heroes" des Bay City Rollers. Et on essaie de ne PAS jouer de morceaux de Johnny Cash, mais il arrive que le public ne nous laisse pas sortir de scène jusqu'à ce qu'on s'exécute.Comment avez vous rencontré Chips K. ? Y a t-il une réelle amitié dans la scène suédoise ?
Beef a travaillé pour SATOR pendant plusieurs années. Non, on n'a pas constaté de liens particuliers, comme je l'ai déjà dit, on vient d'une région sinistrée musicalement. Les seuls groupes que l'on connaît et que l'on apprécie sont Smooth and Greedy et 69 Hard.On connaît aussi les Spitts, car on est sur le même label.Des projets en cours ? Pensez-vous tourner dans le sud de l'Europe ?
On va sortir notre nouvel album le 27 mai, nous allons descendre à Barcelone le 13 juin, et peut être faire une ou deux dates en France sur le trajet. On a aux alentours de 35 dates et festivals prévus en Europe cet été.Quelqu'un entre à la boutique, et demande l'album des Bones. Il achète aussi cinq autres disques : lesquels seriez-vous fiers de voir figurer dans son sac, aux côtés du vôtre (5 choix) ?
Hmmm, difficile de faire un choix précis, mais des trucs de Hank Williams, des Ramones, des Barracudas, d'Elvis et de Motorhead par exemple seraient parfaits.20th Anniversary
Minnesota Strip, suivie de
Top Alcoholavec Chips K. (Sator) et Odd Ahlgren (Robots) aux vocaux. Le son est plus que correct, prise live sans aucun remix, et les Nomads assurent en backing band, puissants et tendus.
Bangkokd'Alex Chilton, avant d'arriver à un des sommets de l'album. "And now, from San Francisco, JELLO BIAFFRA!!!" pour une des meilleures versions de
Five Years Ahead of my Time,jamais tombée sur Terre. Jello en fait des tonnes (mais on aime ça !): "Charles Manson wrote this song.The television preachers wrote this song. They all wrote this song." , ou encore
Praise God, Praise Money, Praise ME!!!, et en remet une couche pour le morceau suivant : “This one is for George Bush. And for the people who’ve been shot with real bullets in Göteborg. Don't ever forget. Please DON'T EVER FORGET.LET'S LYNCH THE LANDLORD!!!".
I'm Strandedjuvénile. Retour au répertoire early Nomads avec
Lowdown Shakin' Chills, où Nick Vahlberg partage les vocaux avec Nicke Hellacopter. Le Lp se termine avec un
Kick Out the Jamsréunissant tout le monde, pour accueillir Wayne Kramer en personne illuminant le morceau avec ses parties de guitares. Apparemment, il n'y a pas d'officialisation prévue de ces bandes, peut-être faudrait-il souffler l'idée à White Jazz (ou à tout autre label compétent et confirmé) de sortir l'intégralité de ce concert, en espérant que ne se poseront pas de stupides problèmes de droits comme parfois dans ces cas-là.

Horses, reprise tendue à craquer de Patti Smith. Mine de rien, le groupe parfait, la classe intégrale. Et au-delà, l'image d'un pays rêvé, l'Amérique vaste et abondante, terre de découvertes et de libertés, loin des clichés pourris d'impérialisme crétin. Ouverture d'esprit, partage et don de soi mis en musique, sans pose ni calcule, juste des émotions, des sensations et, au fond, l'ombre terriblement humaine du Loner, Neil Young, entre tourments et apaisement. Si le rock est mort, et cela n'a aucune importance, son fantôme est plus que jamais fait de chair et de sang ; âme, cour, corps et esprit offerts à nu sur un plateau d'argent.

Turn 21- Epitaph
Turn 21) pour tomber les guitares. En l'espèce, la recette est simple : 4 filles pour un déjà quatrième album qui tient en quatre accords. Couplet,
Drive away & don't come back, refrain,
I just want you for a midnite snack, pont + solo, end,
nothing to do tonite...ad lib. Probant et efficace. Les Frangines semblent avoir de surcroît une expérience certaine des tournées (
40 boys in 40 nights, ndrl : belle santé!), mais en attendant de les voir sur les planches, on aurait plutôt tendance à donner jeu, set et match aux Lunachicks, véritables pétroleuses du rock & roll devant l'éternel. Hey ho, let's go !

Uptight!- In The Red
I'm Addictive, on aurait envie d'ajouter "to Jon Spencer Blues Explosion ", mais en moins Jon, déjà, et en plus explosif. Puis, on s'aperçoit qu'"addictive" n'est pas "addicted", et que les Speedball Baby sont moins des camés que des cames à eux tout seuls.
Uptight!est une bombe à ingestion lente car le Blues n'est pas affaire de vitesse ; et, malgré le nom des lascars, moins une histoire d'amphet à la coke que d'opium mystique.
The Al Green Shuffle), envers Otis (
The Crybabies) ou Furry Lewis (en médaillon). C'est déjanté sans être parodique, riche mais sans gras, la production âpre et roots est tout ce qu'il y a de sérieux, rien n'est laissé en arrière, du banjo, du piano, du sax, de l'harmonica, de la clarinette ou de l'orgue ; la voix est parfaite, la guitare des plus adéquates, tout sent la ferveur. Jamais on ne croirait que cette perle a été enregistrée à New York et Boston et, bien sûr, Mick Collins traîne ses Converse dix ans d'âge dans les parages.
December?sont dignes des plus grands, les ressacs de guitare surf de
The Al Green Shufflegénialement brisés par des riffs garage rock. La face B est encore mille lieues au dessus : enchaînement de ballades aux mélodies rampantes et magnifiques, finis les faux airs de JSBE, bonjour Otis Spann, Joe Tex : après les tripes, l'âme et après les cendriers pleins le grand ciel bleu. On arrive naturellement à Jacques Brel avec
The Crybabies("interpolation : Ne me quitte pas "), et là, c'est le paradis. Un si bel hommage, une si belle pierre, ne pouvait être qu'un monument.

Erotic Neuroticdes SAINTS, seule cover de l'album.
Know your Product, et AC/DC pour
High Voltage), les Madrilènes ont sans doute signé ici leur disque le plus abouti, tant au niveau des compos que de la production.

Relationship of Command- Grand Royal
I write to remember 'cuz i'm a million miles away; le 3e album des texans (originaires d'Hell Paso...) raisonne comme une ode à la saturation intelligente. Le cri est déchirant, jouissif et sans retenue ; pareil (niveau timbre) à la rage communicative d'un Ian Mackaye, préposé au tonnerre de Minor Threat à Fugazi. Hard core feu aux poudres, guitares ciselées, chant jusqu'au-boutiste, énergie brute et recherche mélodique ; ma platine a la tête qui tourne au delà du raisonnable tant ce disque si salutaire ne veut plus la quitter. Orphelin de Pez Ner, il me faudra migrer aux Transmusicales pour revoir le groupe foudroyer une scène... ou attendre le printemps et la prochaine tournée. Juste un foutu hiver à passer. A recharger les batteries At The Drive-In.

Est-ce parce que je suis malheureux que j'écoute de la pop, ou est-ce à force d'écouter de la pop que je suis devenu malheureux ?, c'est la première question qui vient à l'esprit de Rob, le disquaire anti-héros de High Fidelity, lorsqu'il apprend que sa copine le plaque.
n voit sans cesse ces quarantenaires qui ont refusé de grandir, qui se dégarnissent, mais portent une queue de cheval, et ratissent les clubs pour lever des nanas. Personne ne veut leur ressembler, et pourtant, on a du mal a abandonner des fantasmes dont on croit qu'ils peuvent nous propulser 24 h par jour. Et donc, on est toujours insatisfaits. Pour grandir, il faut abandonner de vieilles habitudes, et s'investir émotionnellement avec quelqu'un que l'on aime, pour parvenir à une relation certainement plus profonde, plus enrichissante. Malgré tout, c'est difficile de résister au désir d'être avec une nouvelle fille.Et Rob devient donc ce type de héros qu'on affectionne, parce que tellement " normal ". Sentimentalement paresseux, cynique, amer. et profondément romantique.

People Get Ready- Estrus

Blitzhacker- Estrus Rds
Boogaloodes SSB) ! Le
Blitzhackerdes Von Zippers, un trio Garage Punk des plus basique, mais putain que ça fait du bien.
Blitzhakern'est pas le 2ème album du groupe mais une compilation de titres parus sur des singles, split EP et compils. Bon moi j'avoue que le 1er album des Von Zippers m'avait assez déçu, je ne l'avais pas trouvé à la hauteur du buzz qui entourait le groupe dans le petit monde du Garage Punk. D'ailleurs beaucoup était de mon avis, préférant les 1ers enregistrements des Zippers. Ceux-ci sont partiellement compilés ici, parmis 15 titres mortels ! ! ! Bon à la décharge du groupe par rapport au relatif échec artistique de leur 1er album, il faut savoir qu'avant l'enregistrement de celui-ci ils ont perdu leur organiste et se sont brutalement retrouvés à 3. Or de l'avis général ce qui faisait la force des Zippers, s'était le combat entre la guitare et l'orgue. Le mélange insidieux de Teenage Punk 60's tirant vers le frat rock et les assauts de la guitare connectée Punk et Detroit Sound.
Blitzhackersur presque la moitié des titres on a le 'retour' de l'orgue (puisqu'il s'agit pour la plupart des premières sessions du groupe qui sont réunis là), et c'est vrai que la confrontation avec la guitare fait mal. Très mal. On en prend plein les dents avec un son unique. Car derrière un style plutôt minimaliste, la confrontation entre les 2 pôles de l'influence du groupe (le 60's sound et les late 70's) fait un malheur et offre sans doute un des meilleurs résultats du genre. Sur les titres en trio la guitare fait des trucs extraordinaires (gimmicks, grigris, mini mélodies, riff.), sur une rythmique intraitable, sobre et simple, avec par-dessus une voix qui donne énormément de cachet aux Von Zippers.

High As Hell- TVT
Blowjob from a Rattlesnakene nous avertit-il pas du venimeux péril qui naguère expulsa Adam des jardins de l'Éden ? Qui peut nier que
Struttin'Cockne dénonce l'orgueil du coq qui, par trois fois, amena Pierre à renier le fils de Dieu (Mt 26, 69-75) ? Et qui, mes frères, serait aveugle au point de ne pas voir dans
Piece of Assun hommage à l'âne qui, auprès du bœuf et des mages, assista à la naissance de notre Sauveur dans cette humble étable de Bethléem ? Et tout ça me mène à cette conclusion :
High as Hellest un sacré moment musical. Plus charpenté, plus calibré (ce n'est pas un vain mot quand on connaît l'amour bien pardonnable que M. Cartwright porte aux armes à feu, confronté à pareil monde de violences) mais aussi plus serein (n'a-t-il pas cette fois, réjoui par la bonne parole, le " sourire aux lèvres " ?) que l'album précédent (
Laissez -les manger leurs chats- une référence vengeresse à l'une des dix plaies d'Égypte qui condamna celle-ci aux rats et à la peste),
High as Hellest un chapelet de douze perles d'égale beauté et pourtant d'une remarquable diversité : en témoignent des partitions aussi joyeuses et cadencées que celles de
Wrong Side of a Gun,
Rock'n'Roll Outlaw, qui vous invitent à courir parmi les rues apporter la bonne nouvelle, ou celle, plus triste, plus lente, mais tout aussi belle, de
Go to Hell, par laquelle le chanteur, de sa voix éraillée, émue, chante l'angoisse que tout chrétien nourrit envers l'enfer. C'est donc ainsi qu'il faudra lire le message inscrit sur le navire en perdition à l'intérieur de la pochette, " angus ", comme l'appel angoissé d'un de l'homme naufragé à l'adresse de la miséricorde divine. Avec un tel album, qui si bien sait avec joie et ferveur chanter la déréliction, que nos amis soient rassurés : Dieu, cela va sans dire, leur réservera son nuage le plus douillet.

Merci d'avoir accepté de répondre à nos questions
Hey, savez-vous que Monkeywrench joue à Londres les 27 et 28 mai au Borderline ?Nous avons découvert Poison 13 en France grâce aux pressages locaux de MUSIC ACTION. Comment le contact s'est-il fait ? Ces disques étaient ils pressés aux USA à ce moment-là ?
C'est le label d'Austin qui avait sorti les disques ici qui s'est occupé du deal avec Music Action. Je ne sais plus comment la connexion s'est faite ni qui a contacté qui, mais le fait que le boss du label travaillait chez le disquaire indépendant d'Austin a certainement facilité les choses, de même que le succès au même moment de Dino Lee (d'Austin également) chez vous.Ces deux albums ont-ils marché en Europe ? Avez-vous eu des relevés de vente ? Avez-vous eu l'occasion de venir tourner en Europe pour faire la promo de ces albums ?
Eh bien. (sourire). tout d'abord, je n'ai aucune idée du nombre de disques qu'on a pu vendre. En fait ce n'est pas du tout pour ça que je fais de la musique. Je ne critique pas le fait d'être au courant de ce genre de choses, ça ne m'intéresse simplement pas. J'ai un travail à plein temps, donc je ne me sens pas concerné si mon expression artistique génère de la trésorerie. (sourire). Poison 13 n'a en fait joué qu'au Texas et en Californie. Au Texas, nous n'étions pas vraiment appréciés, car c'était en plein dans le boom du hard core, et nous jouions parfois très lentement, toujours très bourrés, toujours très fort, et en plus c'était du blues ! Un comble pour un groupe punk texan à ce moment-là. Hated and proud !Qui est Spot, crédité comme producteur sur le premier album, et remercié dans les crédits du second ?
Spot est celui qui a produit la plupart, sinon tous les groupes SST. Black Flag, Minutemen, Hüsker Dü, Meat Puppets, etc. C'est un très bon ami. Nous nous sommes rencontrés lors de sa venue pour produire le groupe dans lequel je jouais The Big Boys. Il est venu habiter à Austin au début des années 80, et nous sommes toujours très liés. Nous avons enregistré et mixé le premier album de Poison 13 en une nuit, en comptant les deux heures que nous avons passées à boire avant de faire tourner le magnéto. J'ai beaucoup appris de lui.Existe-t'il des inédits de Poison 13 ? Pourquoi le second Lp est-il si court ? Jouiez-vous d'autres reprises sur scène que celles que nous connaissons sur disque ?
La quasi totalité de ce que nous avons enregistré est disponible aujourd'hui entre la réédition Sub Pop et le double 45 T sur Estrus. Je pense que le deuxième album devait en fait être un Ep. (sourire)... Nous jouions des morceaux des Stooges, de Johnny Thunders, Joy Division, et bizarreries du même tonneau... Nous savions en jouer certaines, d'autres non . (sourire)Où et quand la rencontre avec Mark Arm et Steve Turner de Mudhoney a généré The Monkey Wrench ?
Nous nous sommes rencontrés lors du concert de Mudhoney à Austin. Ils étaient de grands fans de Poison 13, et quand Mark a su qu'il me restait un tas de morceaux que Poison 13 n'avait pas enregistré en raison du split... Il a sauté sur l'occasion, et ces morceaux ont constitué le premier album de Monkeywrench. Nous nous sommes reformés récemment, avons enregistré un nouvel album, et nous donnons des concerts.Les Lord High Fixers vont-ils venir jouer en Europe ?
Non...les Lord High Fixers ont donné leur dernier concert en mars, quasiment le jour même du premier concert de la tournée Monkeywrench.Que penses-tu du " Who will save rock and roll quest "? Depuis quelques temps, l'énergie et la sincérité sont à nouveau présentes dans un grand nombre de groupes, qui de plus bénéficient d'une bonne production.
Je pense que chacun doit se prendre en main pour son propre salut... Mais si tu n'es pas dedans à 110 %, quel intérêt ?Y a t'il des projets avec In The Red Rcds ?
Un autre album de Lord High Fixers paraîtra sur In the Red... une sorte de suite à " Is your club a secret weapon ". il est déjà enregistré, je vais juste faire le montage final des morceaux. Je fais également un truc avec Alex (Blacktop, King Sound Quartet) et Lisa des Bellrays au chant, qui s'appelle the Now Time Delegation. Larry sort également un single de Monkeywrench.Qu'écoutes-tu beaucoup en ce moment ?
J'ai récemment enregistré the Mooney Suzuki. Ils sont réellement impressionnants, un peu comme si les Makers s'étaient profondément inspirés du Live at Leeds des Who. Fireballs of Freedom sont aussi très bons. J'aime également beaucoup un groupe italien qui s'appelle 2 Bosmaniacs, et les Fatal Flying Guillotines. À part ça, les trucs que j'écoute le plus en ce monent sont the Art Ensemble of Chicago, beaucoup de singles de soul,John Coltrane, la rétrospective Mudhoney, Soledad bros., et the Horrors. Sur scène, mes groupes préféres sont Mooney Suzuki, Fireballs of Freedom, Arkistra.Le nouvel album des Lord High Fixers est sortie en 1999. À ce moment-là, vous étiez influencés par des styles très différents. Était-ce un changement radical pour le groupe ?
Pas vraiment...pour les gens qui nous / me connaissent, cet album est complètement logique. Il illustre l'ensemble de nos personnalités et de nos influences.Penses-tu que ce soit un album idéal pour toucher un public plus large ?
J'aime vraiment beaucoup ce disque, mais encore une fois c'était une forme d'expression sincère qui n'était pas motivée par les ventes possibles. De mon point de vue, le principe est de donner le meilleur de soi-même, et de faire passer son message par tous les moyens. Si le public est au rendez-vous, c'est encore mieux.L'album contient des extraits de discours de révolutionnaires américains célèbres, noirs ou blancs, ainsi que des interventions de grands musiciens noirs. Pourquoi cela ?
Ce ne sont que des références qui nous rappellent l'importance de rester ouvert, en musique et dans la vie. Rien ne nous oblige à rester dans le moule, et le fait d'en prendre conscience nous donne la liberté d'être nous-mêmes, et de trouver notre propre forme d'expression.Dans les années 90's Poison Idea a enregistré "Harder they Come" parmi d'autres excellentes reprises sur l'album "Pajama Party" paru sur Tim Kerr Records, puis Antiseen a repris "(Don't Worry) If There's A Hell Below, We're All Gonna Go" de C.Mayfield, ainsi que "Space is the Place" de Sun Ra, que le King Sound Quartet joue également sur la totalité de la face B de l'album "The Get-Down Imperative". Qu'y a t'il derrière tout ça ?
Tout d'abord, je n'ai rien à voir avec Tim Kerr Records. Il y a eu beaucoup de malentendus à ce propos, la plupart étant alimentés par le label lui-même. Certains groupes du label pensaient même qu'il s'agissait de moi ! Quant aux reprises, ce sont de grands morceaux qui permettent de détruire la légende selon laquelle l'appartenance à une " tribu " dicte tes goûts musicaux. Une fois de plus, il est beaucoup plus sain et drôle d'écouter tous les styles de musique, et de trouver les rapports qui peuvent exister entre eux. Les musiques qui ont une âme se feront toujours entendre !À propos d'Antiseen et the Confederacy of Scum, les connais-tu ?
Non, pas vraiment... Antiseen a joué avec un de mes groupes précédents, Bad Mutha Goose à Philadelphie. Ils étaient très sympas, et m'ont posé plein de questions sur Poison 13 et Roky Erickson.Qu'est ce que la Young Lions Conspiracy ? Comment s'investissent-ils ?
C'est un groupe qui prône une attitude de diversité en musique, et dans la vie . Comment s'investissent-ils ? En plantant de l'herbe !. (sourire)Tes meilleurs souvenirs avec LHF ?
Jouer pour la première fois dans des endroits et prendre le public par surprise ! Un de nos concerts a duré quatre morceaux avant destruction totale du matériel ....Le pire ?
Réparer le matériel après chaque concert. (sourire).Qu'est-ce qui t'effraie le plus dans ce monde ?
La musique de merde sans âme, et l'attitude qui l'accompagne est complètement effrayante.Finissons avec une situation extrême. S'il ne devait te rester qu'un disque, lequel choisirais-tu ?
John Coltrane... Africa sessions
Be My Friend / She Don't Come Around. Ils conservent le rythme avec une nouvelle séance au Plant Studio fin 1990, pour délivrer en mars 1991 un mini-Lp
Kids ain't Hipde cinq titres (
Show me your Love,
Tracee Lee,
First time,
Hold on) sur Mushroom. Le public prend conscience de la qualité du groupe, d'autant que la formule power-pop fonctionne à plein régime.
Run and Hide,
Elroy, et
Deceivin) enregistrés en 1991 sur Survival, label belge. Le même album sort en Australie, sur le label Zero Hour, avec trois inédits supplémentaires (
Find my Way Out,
Red Dress, et
Can't Stop), séduisant dans les eux cas l'ensemble de la presse.
Girl for me,
Valentineet
On My Mind) voit le jour en été 1992, avec le premier titre signé d'A. Allen, qui tranche avec les morceaux percutants de D. Smith. Le groupe semble avoir trouvé un bon équilibre intéressant, et le renversant
Valentinerestera le tube parfait de l'été. En avril-mai 93 sort chez Survival un Cd quatre titres avec une nouvelle version de
Show Me Your Love, une reprise des suédois BACKDOORMEN
Out My Mind, ainsi que deux morceaux inédits
Memories, bien formaté pour les radios, quoiqu'un peu poussif, et
Dissolved, inédit d'Allen, efficace. Quelques mois plus tard paraît enfin le véritable premier album
Gigantic, impatiemment attendu, qui laisse tout d'abord une impression plutôt mitigée. Production f.m.isée, pas assez de rentre-dedans, il semble que les dix titres soient plus pop que power. On retrouve trois titres sortis auparavant sur les derniers Eps, (
Memories,
Valentineet
Girl for Me).
Can't Pretend, parfait, avec des choeurs partout. Le problème de trois groupes à l'affiche pour un même concert, c'est la durée pour chacun. Le premier à prendre d'assaut la scène, ce sont les SCREAMING FEEDER, pour un set sympathique et percutant devant un public clairsemé. Arrivent ensuite les CHEVELLES, en grande forme, avec un D. Smith très " smart ". Ils entament le concert avec un
Show me your Loveendiablé et une pêche d'enfer. À noter un bon son, avec un groupe bien en place : la " classe " ! Les nouveaux morceaux prennent une nouvelle dimension (
Murder on my Mind,
Memories,
Dreaming,
Understand, et surtout
Valentine: grandiose).Quelques titres du premier album sont également joués (
She don't stop,
Elroy) auxquels viennent s'ajouter des inédits (
Perfumeet
Playground), et une reprise (
For your Love, des YARDBIRDS). Comme prévu, un set bien court, seulement treize titres joués mais efficacité et puissance étaient au rendez-vous : jouissif en un mot. Un pur moment de bonheur qui allait tourner au cauchemar avec les SCREAMING TRIBESMEN, plus hard-rock que jamais à mon grand désespoir de fan d'antan. Accompagné de mon Ep, je rentrai satisfait de ma soirée.
Rollerball Candysur le label espagnol Running Circle, suite à la disparition de Survival (Running subira le même sort quelques mois plus tard, ce qui pénalisera encore un peu plus le groupe). Pour ce nouvel album, on note un changement de batteur avec l'arrivée de J. Buckland. Il comprend quinze titres, huit sont écrits par D. Smith et cinq par Allen, et deux reprises (
For your Loveet
8675309). À la première écoute, on note la faiblesse de la production, il faut monter le niveau sonore de la chaîne pour bien capter l'album. Cela n'enlève rien à la qualité des titres, alternance de pop et de speed dans la lignée du groupe. Un fois de plus, grosse déception pour la production, le point noir du groupe. Peut-être qu'un jour, ils bénéficieront d'une production digne de leur valeur.
At Second Glance. Cet album contient les titres phares agrémentés de morceaux sortis en b-side de singles. Rien de rare. En 1998, le groupe joue à Perth en septembre avec les Early Hours, accompagné d'un nouveau batteur Dave Shaw (ex-Stems). En France, est publié par le label Hellfire un Ep contenant quatre titres réenregistrés (
Mesmerized,
Rollerball,
Out of my Mind,
Delirium). Effectivement, la nouvelle production rend hommage à ces anciens titres. En 1999, Hellfire renouvelle l'expérience avec cette fois un split Ep comprenant deux titres chacun de CHALLENGER 7 et ROLLERCOASTER, groupe parallèle de D. Smith avec D. Shaw aux baguettes, le guitariste Amos Ferstat, MONTH SUNDAYS et le bassiste G. Maclean de SUPERSCORE. Le résultat a donné une session d'une nuit au Jericho Studio, les deux titres du split arrachent sec avec un côté power-pop affirmé (
Kylie) et surtout les choeurs stoniens sur le deuxième (
Six Million Dollar Men). L'album devrait sortir en Espagne sur le label Snaprecords, mais quand ? Toutefois, un autre morceau doit figurer sur une compilation du label japonais 1+2 records
Beat Party, en compagnie des CHEVELLES avec un titre inédit
Do you Remember. En cette année 2000, les nouvelles sont plutôt fastes, avec la sortie d'un nouvel Ep six titres sur Zip records au USA et Spinning Top en Australie. Un album sortirait plus tard dans l'année et de plus un titre sur une compilation allemande du label Screaming Apple est prévue.

Come Clean- Epitaph
How it's donen'a, fort heureusement, rien à voir avec la conception de nains, mais opère la genèse de la fabrication de tout bon album punk-rock. Aussi pouvons-nous répondre sans plus d'atermoiement : les Dwarves savent faire. Pour le coup, ils auraient même dégoté la recette de la potion magique tant
Come Cleanincarne le cocktail parfait de spontanéité et de sophistication. Ultra produit, fourmillant de bidouillages technoïdes (d'où leur version de
Big Ballsd'AC/DC sur a compilation Reptilian Rds), cet album - aussi bref (21 mn) que dense - ne perd par miracle rien de la nervosité et de la hargne requises. Une sorte de déménagement hi-class. En ce sens,
Over Youest un feu de barrage mi-techno mi-punk qui n'est pas sans évoquer des morceaux (en plus rapides) du
Stereodes Sator : et si
Come Where The Flavor Isévoque aussi bien le Cold Rock hi-tech que la ballade,
Deadly Eyepète les plombs et finit dans le déluge supersonique type Concorde en fin de carrière.
Better Be Womendonne du fil à retordre à NO FX époque
White Trash- impossible de ne pas frémir des arpions, et, zum beispiel,
Production Valueachève sur une note d'ironie ce premier et flamboyant chef d'ouvre du Post-Punk sur une comptine 60's teenage à faire pleurer l'Orbison. Comme quoi on peut tout révolutionner sans oublier ses racines, et s'immerger dans un bain de jouvence sans se départir de la merveilleuse crasse originelle.
When the revolution comes... C'est le titre d'un des albums que je me suis procurés d'eux cette année. Toujours leur mélange Mod-Blues-Garage-Punk mitraillé à la fuzz. Le disque en question est sorti chez Au-go-go mais il ne m'a pas été possible de savoir quand. Il est excellent, comme tout ce qu'ils ont sorti jusqu'à présent. Très touffu au premier abord, ce qui peut éventuellement effrayer le nouveau venu (Tous les morceaux commencent et terminent par un larsen de fuzz !) il se révèle ensuite riche et varié. On y retrouve même deux morceaux d'anthologie remaniés à leur sauce, à savoir
Born loserde MURPHY and The MOB et ce que je crois être
Fuck youde D.O.A. qui m'a d'ailleurs donné envie de me replonger dans leurs gigantesques deux premiers albums (
Hardcore 81et
Something better change). Un autre tout nouveau Lp de L.H.F est sorti chez Estrus :
Is your club a secret weapon ?Je ne vais pas vous sortir à nouveau la tirade... Lire au-dessus. Ce disque est vraiment fort. Mon préféré à ce jour avec références à Quadrophenia/Kerouac/Black Panthers/Dylan-avant-qu'il-se-transforme-en-citoyen-du-vatican... Il y a même le bruit d'un moteur de Vespa en intro d'un titre et une reprise des
Back from the Graveen pensant qu'il s'agissait "d'un truc dans le genre des CRAMPS" à cause des morts-vivants façon Comic-books sur la pochette. Je ne m'en suis jamais débarrassé ensuite, pas moyen. Ce truc 60's punk-garage est à mes yeux une des formes de musique les plus pures qui soient. Des types dont certains n'avaient pas plus de 15 ou 16 ans, qui n'avaient pour exemple qu'une petite dizaine d'années de Rockabilly et de musique Surf et qui ont produit un des trucs parmi les plus dégénérés qui soient. Il faut se rendre compte de ce que signifiait avoir les cheveux longs en 1965 (Pire encore dans les états du sud, au Texas, au Nouveau-Mexique avec les pires beaufs qui puissent exister dans des endroits où il est encore conseillé de coller un autocollant "Harley-Davidson" sur son van quand on est un groupe punk en tournée).
On avait super faim après un concert en Alabama alors on est entrés dans un restaurant 24/24. On portait encore nos tenues de scène (tous en noir) et on s'est assis entre cinq gros Rednecks et quatre shérifs. Les cinq costaux se sont mis à faire des commentaires sur nos coupes de cheveux et notre sexe et ça n'a fait qu'empirer. Mark (le guitariste) qui refusait de se laisser intimider commençait à "fumer". Les Rednecks essayaient de nous pousser à nous battre pour que les flics puissent nous embarquer. Finalement, après que nous ayons terminé nos sandwiches, les flics nous ont escortés dehors, revolver au poing et nous ont dit qu'on ferait mieux de foutre le camp de la ville. Mark est allé droit sur l'un d'entre eux, a mis la main sur le canon de son revolver, l'a regardé droit dans les yeux, et lui a dit "Ou vous vous en servez, ou vous le rangez ..." On s'identifiait totalement à ce look en noir. Après cet incident, nous étions "coagulés" les uns aux autres. On a vraiment commencé à jouer comme un seul après ça.
On était allés a Los Angeles en 68 pour jouer au Lenny Bruce memorial Rockfest et on était sur le retour quand on s'est arrêté tard la nuit à Junction pour faire le plein dans une station service. De l'autre côté de la rue, il y avait un "Dairy queen" devant lequel traînaient une cinquantaine de cowboys, assis à l'arrière de leurs pick-ups. Nous avions deux véhicules, un van et un break. Nous en avions quasiment terminé avec l'essence quand on a vu que les cowboys venaient vers nous d'un pas plutôt pressé. On a démarré les voitures et le dernier d'entre nous n'a eu que le temps de sauter dans le break par la fenêtre. On est parti comme des fous avec les voitures des cowboys à nos trousses. Dans la montée à la sortie de Junction, les cowboys nous ont rattrapés et Dave Francklin qui conduisait la voiture a cru que l'un d'entre eux avait un flingue alors il leur a fait faire une sortie de route et ils sont allés percuter un muret en béton. On a compris que les types allaient vraiment devenir fous alors on a accéléré à fond et à une intersection le van est parti dans une direction et la voiture dans l'autre. Les types ont divisé leurs forces, environ une douzaine de voitures, et ont continué à nous pourchasser. Il faisait noir alors David a éteint les phares du van. Les types se sont dit que si on était assez tarés pour rouler sans phares en pleine nuit, il valait mieux laisser tomber. Après qu'on se soit rendu compte qu'ils avaient arrêté de nous pourchasser, on a rallumé les phares et on a réalisé qu'on avait roulé à plus de 170 km/h dans le noir complet ! L'autre équipe dans le break s'est débarrassé de ses poursuivants en leur jetant dessus le contenu d'une boite à outils ! Dix ans plus tard, on a su pourquoi ces gars s'étaient lancés à notre poursuite : Mike Claxton a avoué qu'il leur avait fait "un doigt"... Si on l'avait su à l'époque, on l'aurait laissé avec eux !
Primitivedes GROUPIES ...
What you want, I'll never be, What I want, You'll never see... de
Good timesdes NOBODY'S CHILDREN, de
Pushing too harddes SEEDS, de
Point of no returnde MUSIC MACHINE, de
Riot on sunset stripdes STANDELLS... Il n'y avait pas de précédent à l'époque, rien à copier ... Si vous croyez que ce sont les BEATLES ou même les ROLLING STONES qui ont pu inspirer tous ces groupes, essayez de trouver un seul de leurs morceaux qui sonne comme
Fall of the queendes DESTINY'S CHILDREN, comme ceux des SONICS en 1966... Rien ne laissait présager un tel truc. Il y a un coté naïf chez certains de ces groupes qui est absolument fantastique. Pas de production énorme, pas de promo incroyable, d'attitudes calculées de pseudo-révolutionnaires à la ramasse. Juste de l'enthousiasme à revendre et une sérieuse envie de taper dans le tas. Franchement, qu'est-ce qui a pu par exemple donner l'idée à des types de San Antonio au Texas d'appeler leur groupe les STOICS pour sortir un 45t qui s'appelle
Hate? Depuis, la source ne s'est jamais tarie ... De DMZ ou des CRAMPS en 1977 aux MORLOCHS en 1985 en passant par les MUMMIES au début des années 90 et aux HENTCHMEN aujourd'hui, un flot continuel de groupes a continué d'apporter sa pierre à l'édifice.
He's waiting,
The Hustler,
Maintaining my cool,
Shot downaux côtés des célèbres
Cinderella,
Strychnine,
The witch...Vous DEVEZ vous procurer ces disques.
Motorvatin'. Ils ont la particularité de ne pas avoir de bassiste... Juste un batteur, un organiste et un guitariste pour des morceaux simples, puissants, entraînants avec quelques progressions d'accords et changements de rythmes à en pleurer. Ils sont passés à Lyon et j'ai fait la connerie de les rater. Je m'en mords les doigts depuis. Ca devait être excellent.
Midnight to six manet
LSDet deux autres titres. Ces 45t sont un très bon moyen pour ceux qui ne connaissent pas le groupe de le découvrir à moindres frais. Les PRETTY THINGS étaient l'un des groupes les plus sauvages de l'époque, il n'y qu'à voir la photo au dos du disque pour s'en rendre compte. Reste que la musique qu'ils faisaient est si différente de ce qu'on entend par punk aujourd'hui qu'elle peut être déroutante pour un auditeur qui les découvre en 1999 ou en 2000. Pensez premiers disques des ROLLING STONES, 1964, pas
Paint it blackou
Jumping jack flash, et imaginez une version jusqu'auboutiste, exagérée, crue, rapeuse... Vous n'aurez encore qu'une vague idée de leur Musique...
We're gonna loveet sortis à l'époque sur deux disques distincts. Si aucun des trois nouveaux morceaux déterrés n'arrivent au niveau de
We're gonna love, il y a quand même de quoi faire un super 45t. Super emballage aussi avec notes de pochettes de l'illustrissime Jud Coste.
Fordidden soundset qui n'est pas mal du tout. Comme leur nom ne l'indique pas, ils sont quatre avec occasionnellement un organiste (Bon point, j'ai plus qu'un faible pour le son des orgues électriques) qui apporte beaucoup à l'alchimie du groupe. Ils font une espèce de medley de morceaux vraiment surfs, d'instrumentaux fuzz-punks et de ritournelles parfaites à la early-60's qu'on aurait imaginées en génériques de feuilletons télévisés. Le tout pourrait paraître un peu indigeste mais ce n'est pas du tout le cas. Tout est vraiment bien foutu. L'ensemble reste très homogène. Du quatre étoiles.
Where the action isdes CHESTERFIELD KINGS. Ils ont tout simplement refait le coup de leur premier album sorti en 80 ou 81 (!). 17 titres dont treize reprises, rien que des classiques, joués à la perfection par des orfèvres. On peut se questionner sur l'intérêt de la chose... Les CHESTERFIELD KINGS sont tellement bons qu'ils balayent toutes réticences... Leurs quatre originaux dont un écrit et joué avec Mark Lindsay de PAUL REVERE and The RAIDERS sont à la hauteur. Des classiques aussi ! (Soit dit en passant, Mark Lindsay est plus ou moins aux prises avec la justice qui lui interdit d'associer le nom de PAUL REVERE and The RAIDERS au sien... Un peu incroyable quand même). Il ne leur manque qu'un coiffeur pour ressembler à quelque chose ... Ils portent les stigmates de leur fixation (passée ?) sur la période 70's des
Own shit homeme laisse partagé ... D'un côté des morceaux qui peuvent être excellents, je suis même marteau de celui paru sur un 45t Larsen
Juicy fruit, et de l'autre un son ignoble. Pas sale, pas cheap à la punk-garage, non ... pourri. Je ne sais pas si vous voyez la nuance. Le truc qui vous casse la tête au point qu'il est difficile de terminer une face entière. Dommage, d'autant que ce groupe a l'air vraiment cool ... Il faut dire qu'ils ont enregistré au Caveau des Doms à Nancy et qu'il ne doit pas être évident de faire mieux dans cet endroit. Les familiers de 60's punk ne seront pas surpris de voir apparaître dans ces lignes le nom de Ugly things ... Pour les autres, il va falloir faire un petit encart de présentation ... Ugly things, c'est Mike Stax. Mike Stax, c'est un anglais émigré à San Diego depuis le début des années 80 pour jouer de la basse avec les CRAWDADDYS ... Vous voyez le numéro. Il change de continent pour jouer du Rhythm' blues punk à la PRETTY THINGS parce que les CRAWDADDYS sont les seuls à cette époque à jouer un truc de ce genre ... Ensuite, les CRAWDADDYS s'empatent un peu alors que Mike Stax veut faire plus Punk ... Il se barre et forme les TELL-TALE HEARTS ... Qui sont à mon avis (et c'est un avis partagé) le meilleur groupe garage-punk de son époque ( mid 80's). Je crois que c'est à peu près au même moment qu'il a commencé à sortir Ugly Things qui est devenu depuis une espèce de monument à tout ce que la musique a pu compter de punks depuis les années 50 jusqu'au début des années 80. Ce truc est réellement infernal ! L'accent est mis sur les groupes des années 60 mais tout le monde doit pouvoir y trouver son bonheur. C'est une bible. Le dernier numéro en date ne déroge pas à la règle. Vous y trouverez les MISSING LINKS (australiens, mid 60's), PRETTY THINGS, REAL KIDS, un top 100 des 45t punks (avec BLACK FLAG et les BAD BRAINS parmi les cinq premiers), des choses plus obscures, des tonnes de chroniques de disques par des gens qui savent de quoi ils parlent, réellement des heures de lecture pour tout punk qui se respecte.
Cinderellades SONICS qui méritait le poteau d'execution. Comment transformer un morceau parfait en bouillie hard-rock informe. Le début du concert m'avait pourtant paru de bon augure. Ca n'a pas duré longtemps. L'ensemble s'est rapidement transformé en une espèce de pâtée indigeste à base de riffs quasi 70's et de solos de guitares interminables ... Chiant. Décevant. A oublier ...
Mean times, des groupes australiens du milieu des années 80 et des groupes punks américains des années 60, l'un des titres m'a rappelé les COUNT V. Le mix pourrait paraître un peu curieux, en fin de compte ça fonctionne vraiment pas mal du tout. J'avoue même que je me suis plutôt régalé en écoutant ce disque. Ca tient probablement au fait que derrière toutes ces références il y a surtout un groupe qui sait vraiment écrire des chansons qui vous accrochent et restent dans votre tête.
You can't make medes MONTELLS et
I'm moving ondes EVIL. Je n'avais pas été déçu. Je n'en avais que plus l'eau à la bouche en attendant l'arrivée du Lp. Ma patience aura été récompensée. 10 titres en tout. Moitié, moitié. Et ça tape ! J'avais découvert les MONTELLS il y a bien longtemps avec
You can't make mesur le BFG 3, je suis comblé par ces "nouveaux" titres (si l'on considère qu'ils ont été enregistrés entre mai 65 et mai 66). Super reprise de
Daddy rolling stonemortelle de classe et d'énergie, vraiment cool. Deux versions différentes de
Don't bring me downde (ou popularisé par les) PRETTY THINGS dont la version non censurée dépasse à mes yeux l'originale. Et les PRETTY THINGS ne font pas partie des choses que je traite à la légère... Reste encore une reprise de
Can't explaindes WHO pas mal non plus mais moins percutante que les autres titres et deux originaux que je vous laisse découvrir... Côté EVIL,
I'm movin on. Un morceau écrit en trois minutes ... Et qui tue. A ravin' motherfucker ! Deux minutes d'agression sans relâche, pas une baisse d'intensité. Pas de mélodie, juste la teigne. Une perle. Ensuite une reprise de
Whatcha gonna dodes SMALL FACES façon
I'm movin on. Sauvage, crue. Terrible, Vraiment. Un original folk/punk
I know I'll dieforcément un peu en retrait par rapport aux deux monstres de la face précédente et un autre plus rapide
Always running around, pas mal du tout mais que je connaissais déjà. Reste que ce disque n'est pas facile à trouver parce que repressé, parait-il, qu'à 500 exemplaires ... Quelle connerie !

Mondo Deluxe- Burning Heart
I have seen the future of rock n'roll, and it's name is The Peepshowsdéclare un poil pompeux Happy Tom, bassiste du mythique Turbonegro (et ancien batteur des Vikings de Steve Baise), à l'intérieur du Cd. On peut même lire sous sa signature, écrit en petit, " trend analyst ". Triste qu'un zigoto comme ça, après avoir créé la tendance punk des 90's se borne à l'analyser - croyant, à trente ans, avoir donné sa part au rock n'roll.
Right Now, repris sur le nouveau, était cent fois plus couillu et massif sur le 10' - exactement ce qu'il advint au
Go Motherfucker Godes Nashville Pussy en passant de Get Hip à Amphetamine. Un Cd, au final, sera toujours plus lisse qu'un 7". Surtout quand il est estampillé Burning Heart. Non, chers messieurs du mixage californiesque, les Peepshows ne sont pas les nouveaux Millencolin (qui eux-mêmes s'étaient pris pour les nouveaux NOFX), alors plus de graves et moins d'aigus, moins de perfection, plus d'action. La meilleure chose qui pourrait arriver aux Peepshows : passer sur Boomba.
Wrecking Ball- Mansfield Records -
Paindealer- Motherfuckin’ Records

Evil Powers fo Rock’n’Roll- Reptilian Records
The Evil Powers…marque l’avènement d’une nouvelle race de pêche : le punk rock solaire. Adios, punk-rocks scolaires et punk-rocks d’hivers :
The Evil Powers…est un hybride, le digne bâtard d’une mère country et d’un père punk, du
Must’ve been Highet du
Sacriliciouspassés au shaker.
Goin’ back to Tucsonou
Hot like the Sunet vous comprendrez. Gros son, grosse baston, des compos pleines de jus, d’âme et d’hormones (leurs meilleures à ce jour), des interventions guitaristiques métal-fuzz-wahwah de Monnie Rontrose (pigez l’anagramme) qui nous feraient oublier celles de Rick Sims - parti tracer à la craie les frontières des Gaza Strippers -, bref un cocktail puissant comme un mustang et nonchalant comme un cow-boy, magnifié par la production grasse et rocailleuse de Kurt Bloch.
Stuff n’ Nonsenseou
Dirt Roads,
Dead Ends and Dust? A des ranchs, de l’asphalte, du booze, des flingues et de belles indiennes. Au soleil, au Texas et aux cactus. Et au bonheur que ça fait de rester là, les pieds sur le rebord de la fenêtre et le cul sur une chaise, à regarder scintiller la poussière et à écouter un des meilleurs foutus albums de rock’n’roll jamais gravés.

Marges, inaugurée par Richard Hell (ex-bassiste des Voidoids), qui après moult poèmes édités dans divers " revues ", s'attaque à un véritable roman. Enfin, quand je dis roman, cela ne veut pas dire qu'il y a une grande différence entre notre junkie-rocker imbu de sa personne répondant sous le nom de Billy Mud et notre acolyte Richard Hell.
L'oeil du lézardn'est pas que cela. Le monde de la dope, sa paranoïa, ne sont pas là pour faire de ce roman une apologie de la défonce. Ce serait plutôt une version modernisée et rock'n'rollesque du roman
Sur la routede Kerouac, où avec ironie et désinvolture le narrateur crache son venin sur sa propre personne et le monde qui l'entoure.

Zombified- Monkey Dog
Plastic Seat Sweat, trône douillet où le trio de Caroline du Nord s'assit en compagnie du fourchu David Geffen, ne fera certes pas oublier le
Santo swingsde 96, ni
Dirt Track Datede 96, et encore moins le
Ditch Diggin'de 94.
Undertakerfait du bien. Chez les Scots, tout est question de rocking-chairs et de cocktails mangobanana. De confort. De confort southern. Voilà pourquoi leur garage-surf est un des seuls à pouvoir se fondre dans le rose de l'aurore comme dans le pourpre du crépuscule, à accompagner une party chic ou une après-midi de jardinage - et ce, même si Rick Miller (compositeur, tête chantante et penseuse) a visiblement troqué son candide chapeau de paille contre une casquette un brin plus classique. A poil sur un sofa ou étendu parmi les mimosas à caresser son chat : se désaper, voilà ce que ça file comme envie, d'écouter les Scots.
Bloodsuckerest parfait : guitare acoustique, sax, trombone, mélodies hispaniques qui fleurent bon l'huile d'olive des 60's. Et il faudra un peu plus que l'orgue gothique de
Sinister Purpose- titre qu'ils avaient déjà enregistré, mais avec le ricanement continûment chiant de Zacherle, pour la jolie compile
Halloween Hootenannydu label de Rob Zombie (
Zombie A Go-Go. Geffen Production Inc !) - et que les titres horrifiques pour nous faire gober que nous sommes bloqués dans les Carpates et non bercés par l'azur et les vagues.
Devil's Stompin' Ground, plus hot-rod que diligence sans cocher. D'ailleurs, preuve que les balkans n'ont rien à foutre là, la perle des perles,
Torture, commence par un bref hurlement, avant d'embrayer sur le chant murmuré, suave, twinpeaksien, de Mary Huff. Slogan :
Zombified, ou la première fois qu'un vampire vous aura injecté du sang au lieu de vous le piquer. Signe qu'il était bien américain.
the Swingers' Summiten hommage au formidable vent de liberté qui soufflait jadis sur l'esprit curieux et ouvert de ces jeunes gens modernes et fortunés, ne s'en termina pas moins au fond des geôles californiennes, sous le fallacieux chef de diverses infractions au code pénal de l'État de Californie du Sud, et plus particulièrement aux articles 201, 151B et 69C concernant les consommations de substances soi-disant hallucinogènes, le tapage nocturne et l'outrage aux bonnes mours. L'avenir révéla qu'un télex secret émanant des services de M. J.Edgar Hoover fut à l'origine de cette fin de soirée malheureuse. A propos du chef de tapage nocturne, qui hélas nous concerne plus particulièrement, on a légitimement pu s'étonner que furent incriminées des formations telles celles de Bruce Johnston (pour le titre
Maztatlan), de Ricky Dean (dans
She has lost her Bikini) ou de Tom & Larry (
Only Donna's Friend), toutes à juste titre présentes sur le premier volet de la trilogie Beach Party ! - qui, chacune dans leur registre, nous livrent la douce quintessence sucrée de tout ce qui fit que les années 60 furent les seules vraies années de la paix et de l'amour. Dans Pool Party, inculper des magiciens comme The Enchanters (avec
Come on, Let's go) ou Jack Herbst (et son
Jimmy's Party) relève pareillement de la pire des hypocrisies, tant leur enthousiasme, libre de toute corruption morale ou politique, nous réjouit au plus profond - peut-être les bongos du morceau
Watusi Bongodu Preston Epps susmentionné suffirent-ils à eux-seuls à attirer la servile meute policière rangée aux ordres du sinistre J.E. Hoover ? Le fait est qu'à entendre des perles de la civilisation américaine, dans tout ce qu'elle a d'énergique et de multi-éthnique, comme le
Beachcomber Songdes Rockyfellers, le
Swahilidu Bob Keene Orchestra, le
Terrordes ténébreux Grippers ou la généreuse
Cubalibradu Rene Hall Orchestra (réunis à l'occasion du dernier volet de notre trilogie, Jungle Jive), on ne peut qu'affirmer que ce petit monsieur a fait fausse route, en censurant ce qui faisait le sel même de son pays, et, pire, en préférant aux inoffensives guerres d'amour que n'auraient pas manqué de mener les différents représentants internationaux conviés à ce Swingers' Summit, la longue et monotone période de frigidité nommée Guerre Froide. A ce stade de notre réflexion, nous pouvons dès lors également révéler l'unique raison qui poussa ce M. "Je" Edgar Hoover à mettre fin à cette honorable fête de la concorde et de la prospérité, et par là à faire rentrer les relations est-ouest dans l'ère glacière qu'on connaît : il n'était pas invité. Trente ans plus tard, comment pourrions-nous, dans ces conditions, refuser l'invitation (même anonyme) qu'à travers cette splendide trilogie, M. Bob Keene nous transmet ?
...And Just Constantly Rotating- Outside Society Prod / House of Kickss distribution
Autobahnde Kraftwerk), et leur musique fantastique. Bien sûr, leur côté viking (ils sont quand même suédois) les amène irrémédiablement à insuffler une énergie punk dans une ossature métallique estampillée 70's, mais leur son reste assez 80's (à quand un groupe punk influencé Charleston 1920, en cette fabuleuse époque de recyclage postmoderne ?), surtout à cause des mélodies ambiance "dark-wave" et de la belle voix froide, triste et réfléchissante de Danna Andersson. Avec des titres comme
Ain't my star,
Monstermindou
Playing God, on pourrait même parler de lignes de chant, tant le travail effectué à ce niveau est réussi, étonnamment mature dans l'usage qu'il fait des ruptures, des silences languissants et des redémarrages en côte - d'où cette sensation de constante rotation qui aboutit, au fil des morceaux, à la taille d'un véritable diamant brillant, aiguisé, à multiples facettes. Bref, ce ne sont pas les suédois les plus sveltes (on est ici à l'extrême opposé des Grinners, Burnouts, Peepshows et autres sprinters dopés aux hormones), mais sans doute les plus intelligents. Ce qui est logique de la part de messieurs qui, aux traditionnels points d'exclamation, préfèrent les points de suspension, et à la fièvre pulsionnelle d'une brève excitation masturbatoire, la lente jouissance d'un travail de fond.

Live at the Avalon- Big Beat
We gotta get out of this placeun peu juste. On leur pardonne.
Foolish womanet l'un de ces types a produit le premier simple des DEAD KENNEDYS en 1978... Ca vous ira ?

The Fraternity Years- Big Beat
A public execution), massacrer à coup de Fuzz-tone
I'm a man, avaler une poignée d'acides et percuter de plein fouet la révolution psychédélique (
I satisfy)...
Maid of sugar, maid of spiceà 200 à l'heure, justement, quinze ans avant tout le monde.
The Fraternity Yearsla quasi-totalité de ce qu'ont enregistré les TRAPS (25 titres) nous permet de passer en revue tout ce qu'un groupe éclectique et de talent pouvait aborder à l'époque. Tout juste si quelques ballades superflues viennent assombrir un tableau frisant par moments la perfection.
A-Bombs / And just constantly...
Thee Attacks / That's Mr Attack to you
At the Drive In / Relationship of...
Azkena Rock Festival 2004
Steve Baise / Interview
Black Hollies / Casting shadows
Black Hollies / Softly...
Beach Party / Pool Party / Jungle Jive
Besnard Lakes / ...Are the Black Horses
The Bones / Screwed, Blued...
The Bones / Interview
Bonnie "Prince" Billy / Concert
The Branded / Shout and Holler / S/T
Bronco Bullfrog / The Sidelong...
Dean Carter / Call of the Wild
The Chevelles
Mick Collins
The Cramps / Fiends of Dope island
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Don & the Good Times / The Original...
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Fleur de Lys / Reflections
Franz Ferdinand / Concert
Freddy and the Four Gone Conclusions
Gaza Strippers / Concert
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Larry Hardy / Interview
Hellacopters / Concert
Higher State / Darker by the Day
Holly Golightly / Truly She Is...
Hoodoo Gurus - Dave Faulkner interview
Hydromatics / Powerglide
Hydromatics / Interview
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Jim Jones Revue / Burning Your House Down
Jon Spencer Blues Explosion / Concert
Love / Concert
Luna
Master Plan
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The Maharajas / Unrelated Statements
Metal Urbain / Concert
Mooney Suzuki / People Get Ready
Mouse and the Traps / The Fraternity...
Nashville Pussy / High as Hell
Nashville Pussy / Concert
Nomads / 20th Anniversary
Oxford Circle / Live at the Avalon
Parting Gifts
Paybacks / Interview
People Like You
The Peepshows / Mondo Deluxe
Phantom Band / Checkmate Savage
Phaze / Who do We Think You Are ?
P.J. Harvey / Concert
Red / Concert
The Screws / Shake Your Monkey
The Seeds / Concert
The Shaggs / Philosophy of the World
Shearwater / Palo Santo
The Shins / Wincing the Night Away
Smog / Supper
Social Distortion / Hard Times...
The Solarflares / Look What I Made...
The Solution / Communicate!
Sondre Lerche / Concert
Songs: Ohia / The Magnolia...
Sonic Youth / Sonic Nurse
Sonny Vincent
Sour Jazz / Lost for Life
Southern Culture... / Zombified
Spencer Davis Group / I'm a Man
Speedball Baby / Uptight!
The Strokes / Concert
The Subsonics / A Lot to Forget
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The Testors
Texas Motherfuckers / Wrecking... / Paindealer
The Thanes / Downbeat and Folked Up
The White Stripes / Elephant
The Von Zippers / Blitzhacker
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James Ellroy
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I Wish It Could Be 1965 Again
Richard Hell / L'Oeil du Lézard
Nick Hornby / La Bonté, Mode d'Emploi
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